FAO: la faim sans fin !
Par Freddy Mulongo, mardi 17 novembre 2009 à 13:31 :: radio :: #579 :: rss
Le 16 novembre 2009, à Rome, Ban Ki-Moon, Renato Schifani et Jacques Diouf à l'ouverture du sommet de la FAO
Les pays membres de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) avaient déjà réitéré en juin 2008, l'objectif premier du Millénaire pour le développement, qui consistait à réduire de moitié la part des individus souffrant de ce fléau d’ici à 2015, cet objectif semble devenir un rêve impossible.
Depuis, le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 millions à 1,02 milliard.
Aucun chiffre ne figure non plus sur les investissements nécessaires pour accroître la production agricole, notamment pas les 44 milliards de dollars annuels pour l'agriculture, jugés nécessaires par le directeur général de la FAO, Jacques Diouf.
La déclaration finale prévoit seulement "d'inverser la tendance à la diminution des financements nationaux et internationaux consacrés à l'agriculture, à la sécurité alimentaire et au développement rural des pays en développement".
Devant les participants, le pape Benoît XVI a fustigé "l'égoïsme", dénoncé "la spéculation" sur le marché des céréales, et contesté "le recours à certaines formes de subventions qui perturbent gravement le secteur agricole".
Une soixantaine de chefs d'Etat, venus surtout d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine, avaient répondu à l'invitation de la FAO dans la capitale italienne, quadrillée par un millier de policiers et bloquée par de gigantesques embouteillages.
Le colonel libyen Mouammar Kadhafi, président de l'Union Africaine (UA) a dénoncé "un nouveau féodalisme" en Afrique, avec des sociétés étrangères qui achètent de nombreux terrains agricoles et imposent leurs "semences diaboliques".
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a reçu un prix de l'ONG ActionAid pour ses "succès dans la lutte contre la faim" dans son pays, a affirmé que son action avait permis à plus de 20 millions de Brésiliens de se libérer de la faim.
Du côté des pays du G8, seule l'Italie était représentée par son chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, qui, au passage, a échappé à la réouverture d'un procès prévue le même jour à Milan et reporté de ce fait au 18 janvier 2010.
Devant le siège de la FAO, des militants d'ONG altermondialistes avaient dressé une tente pour protester contre les multinationales qui "utilisent la nourriture comme moyen de spéculation".
De son côté, Oxfam France a relevé que "sans financement, il n'y a aucun espoir de nourrir un milliard de personnes souffrant de la faim".
Une date butoir, 2025, "avait déjà été approuvée", mais "il n'y a pas eu de consensus et je le regrette", a déclaré M. Diouf au cours d'une conférence de presse.
"Je ne suis pas satisfait du fait qu'il n'y ait pas d'engagement quant à la date, au montant et aux conditions" des promesses d'aides, a-t-il ajouté, se déclarant en revanche "satisfait" que le sommet soit parvenu "à un consensus sur la déclaration" finale.
Dans ce texte adopté au premier jour des travaux, les dirigeants réitèrent l'objectif du Millénaire de "réduire de moitié le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition d'ici à 2015".
Mais ils l'avaient déjà fait en juin 2008. Et depuis, le nombre d'affamés est passé de 850 millions à 1,02 milliard de personnes. Les investissements nécessaires pour accroître la production agricole n'ont pas non plus été chiffrés. M. Diouf les a estimés à 120 milliards de dollars, dont 44 milliards d'aide internationale et 76 milliards émanant des pays concernés.
Dès l'ouverture du sommet dans la matinée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait égréné une série de chiffres dramatiques: "Aujourd'hui, plus de 17.000 enfants vont mourir de faim. Un toutes les cinq secondes. Six millions par an. Ceci n'est pas acceptable. Nous devons agir".
"Il nous faut effectuer des changements significatifs pour pouvoir nous nourrir, protéger les plus pauvres et les plus vulnérables", a expliqué M. Ban, estimant que pour nourrir plus de 9 milliards d'êtres humains en 2050 il faudrait accroître la production alimentaire de 70%.
De son côté, le pape Benoît XVI a fustigé "l'égoïsme", dénoncé "la spéculation" sur le marché des céréales et contesté "le recours à certaines formes de subventions qui perturbent gravement le secteur agricole".
La crise alimentaire de 2008 a fait bien des dégâts au point où la barre symbolique du milliard de personnes souffrant de ce fléau a été atteinte cette année… sans que cela émeuve les dirigeants des pays les plus riches de la planète qui ont brillé par leur absence.
Conséquence des activités humaines, la désertification fait disparaître 24 milliards de tonnes de sol fertile chaque année, réduisant la production agricole. Plus de 250 millions de personnes en sont directement affectées. Conséquence des activités humaines, la désertification fait disparaître 24 milliards de tonnes de sol fertile chaque année, réduisant la production agricole. Plus de 250 millions de personnes en sont directement affectées.
Malgré la bonne volonté affichée des dirigeants présents, les ONG parlent d’ores et déjà d’un gaspillage de temps et d’argent pour ce sommet financé à hauteur de 2,5 millions de dollars par l'Arabie Saoudite.


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