Pierre Péan n'est pas raciste, il est acquitté !
Par Freddy Mulongo, mercredi 18 novembre 2009 à 20:10 :: radio :: #583 :: rss
Pierre Péan
Le tribunal a estimé que la formulation « culture du mensonge et de la dissimulation », aussi brutale qu’elle puisse apparaître, spécialement pour les victimes d’un génocide, « ne peut être considérée comme l’imputation d’un fait précis visant à jeter le discrédit sur l’ensemble des Tutsis ».
L'écrivain Pierre Péan a été relaxé en appel, mercredi, des poursuites de provocation à la discrimination raciale pour son livre sur le génocide rwandais, "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en 2005. "C'est une victoire pour la liberté d'expression", s'est félicitée son avocate Me Florence Bourg. L'éditeur Claude Durand a également été relaxé.
"Je me félicite de cette décision qui est en phase avec la jurisprudence. Il n'y avait aucune intention coupable de Pierre Péan et il n'a pas incité à la haine raciale", a-t-elle dit. Selon l'avocate, "Noires fureurs, blancs menteurs" est "avant tout une analyse politique".
Pour le tribunal, il n'y a pas eu de diffamation et d'incitation à la haine raciale de la part de l'écrivain. La cour d'appel de Paris a estimé, comme en première instance que Pierre Péan et son éditeur ne militaient pas en faveur d'une pensée raciste. Le ministère public avait requis une condamnation pour haine raciale à son encontre.
Les magistrats ont souligné que Pierre Péan n’a jamais nié « la réalité du génocide » qui en 1994 a fait, selon l’ONU, 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie du Rwanda, « même si la formulation qu’il emploie peut légitimement heurter ceux qu’il vise ».
Le tribunal a toutefois estimé que l’auteur « s’est naturellement exposé à la critique » et que « la seule considération pour les victimes du génocide aurait dû le conduire à davantage de précautions dans la formulation de ses propos ».
En première instance, Pierre Péan avait été relaxé des deux chefs d'accusation de "complicité de diffamation raciale" et "complicité de provocation à la discrimination raciale".
L'avocat de SOS-Racisme, Lef Forster, a annoncé que l'association allait se pourvoir en cassation.
Comme en première instance, la cour a également débouté Pierre Péan et son éditeur qui réclamaient la condamnation de SOS-Racisme pour "poursuites abusives". AP


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