Marie-Gabrielle Duc, la remorque rouge !
Par Freddy Mulongo, samedi 28 novembre 2009 à 12:30 :: radio :: #556 :: rss
Freddy Mulongo et Marie Gabrielle Duc, auteure de "La remorque rouge", Ed.Albin Michel, 2009, au quai de grenelle à bord de l'Alizé
En lisant "La remorque rouge" de Marie-Gabrielle Duc on découvre qu'on a affaire à une humaniste. Marie-Gabrielle Duc ne crie pas, ne pleure pas, elle ne dénonce pas l'injustice du monde mais elle la met en exergue. Elle la montre à chacun de la voir ou de se défiler.
Le livre démarre sous un ciel de Noël, dans un entrepôt de banlieue.
Le gardien, Clarque Kowalski, du genre bourru et solitaire, est absorbé par l'unique satisfaction de son existence : recopier Proust, à la main, chaque jour quelques pages. C'est sa drogue, son refuge.
Il s'appelle Clarque Kowalski parce que ses parents aimaient Clark Gable, mais que "que" c'est plus français.
Il bosse à Garonor, dans un duc. Immense hangar, c'est Noël, il est de garde. Pour passer le temps, depuis trois ans, il a entrepris de recopier "A la recherche du temps perdu". Il en est à sa douzième copie intégrale. Il vise un record.
Il est divorcé, a perdu le contact avec son fils (de 27 ans), bref, c'est un looser. Gentil et tout, mais bien bien paumé.
Mais voici qu'il remarque dans l'entrepôt la présence insolite d'une vieille remorque rouge, pleine d'éraflures, arrivée on ne sait comment.
Qui a bien pu la garer là malgré les interdictions ? Et ça n'est pas tout.
Des gamins vont bientôt en sortir. Sept enfants, entre 8 et 10 ans, étrangement muets, étranges, apeurés face à cet homme a priori hostile. Kowalski va se laisser attendrir, aller chercher pour eux un sapin, une guirlande qui clignote. Mais que fera-t-il de ces gosses, demain, une fois gagnée leur confiance ?
Un premier roman à l’inquiétante étrangeté où le réel le plus sombre, l’humour, la fantaisie et l’imprévu des comportements dessinent un univers aussi décalé qu’envoûtant.
Ça tient du choc des univers à l'intérieur même du roman, les routiers des pays de l'Est, les zones industrielles, Proust, la désocialisation du narrateur, les enfants plus que démunis...
La leçon qu'on peut retenir du roman , la remorque rouge de Marie-Gabrielle Duc, même la personne paumée, détestable peut encore avoir l'humanité en lui. Et que la fraternité est universelle.


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