Mountazer al-Zaïdi, le célèbre lanceur de chaussures irakien sur l'ancien président américain Bush a été la cible de sa propre attaque à Paris
Par Freddy Mulongo, mardi 1 décembre 2009 à 23:04 :: radio :: #606 :: rss
Mountazer al-Zaïdi se préparant à répondre aux questions des journalistes de télévisions
Mountazer al-Zaïdi en pleine conférence de presse avant le jet de chaussure
Mountazer al-Zaïdi, Le journaliste qui a lancé ses chaussures sur George W. Bush est un icône, admiré au sein du monde arabe. Mais bon nombre de ses concitoyens estiment qu'on ne traite personne de la sorte... même si c'est un ennemi. Pour la jeunesse irakienne, il représente le héros arabe qui voue un amour infini à son pays. Elle le soutient sans conditions et salue son acte de bravoure. Pour les moins jeunes et pour une majorité d’intellectuels, Al-Zaïdi n’a pas fait preuve de professionnalisme et a surtout manqué au devoir d’hospitalité auquel sont très attachés les Irakiens. Chez nous, l’invité ne doit en aucun cas être humilié.
Condamné en première instance à trois ans de prison pour «agression contre un chef d'Etat en visite officielle», la peine de Mountazer al-Zaïdi avait été réduite en appel à un an. Il n'a effectué que neuf mois en raison de sa bonne conduite en prison. Mountazer al-Zaïdi a passé neuf mois en prison après avoir lancé ses chaussures contre George Bush...
Mountazer al-Zaïdi est arrivé en marchant péniblement. Les neuf mois passés dans les prisons irakiennes ont laissé des marques sur son corps. Le célèbre «lanceur de chaussures», dont George Bush avait été la cible en décembre 2008, est de passage à Paris, alors qu’il suit un traitement médical à Genève.
Lors de la rencontre avec des journalistes de la presse étrangère, il raconte son emprisonnement: «j’ai été détenu d’abord pendant trois jours, on me reprochait de mes positions, qui dénonçaient ce qui se passe en Irak.» Le journaliste dit avoir eu «les mains attachées avec des liens en plastique», avoir reçu «des coups de bâtons en fer, de chaises». «Deux fois, ils ont utilisé une seringue. Je ne sais pas s’ils ont fait un prélèvement de mon sang ou s’ils ont mis quelque chose, poursuit Mountazer al-Zaïdi D’après les médecins, on ne pourra pas savoir avant six mois».
L'arroseur arrosé
Le journaliste assaillant Irakien qui a lancé sa chaussure sur Mountazer al-Zaïdi avant de disparaitre comme il était venu
Vers 16h13, un autre journaliste irakien demande le micro et prend la parole. Il parle en Arabe, le journaliste-assaillant accuse Mountazer al-Zaïdi d'être partisan d'une dictature avant de crier «L'Irak n'est pas un pays occupé, voilà une autre chaussure pour toi», avant de se déchausser et de lui lancer sa chaussure à la figure. La chaussure a heurté le mur derrière Mountazer al-Zaïdi après son esquive. Une brève bagarre a ensuite eu lieu entre l'agresseur et le frère de Mountazer al-Zaïdi. Bref brouhaha dans la salle. Le lanceur est parti juste après son geste. La conférence de presse a repris rapidement. Après avoir lui-même essuyé un tir de chaussure et le jet pendant la conférence, Mountazer al-Zaïdi a déclaré «s'attendre à cela de cette personne. Il y a beaucoup de collaborateurs des Américains, et le fait que cet homme habite en France ne change rien». Il poursuit: «j’ai subi pendant trois jours des tortures. Ce sont des Irakiens qui tenaient les bâtons, mais je sais qu’ils collaboraient avec les Américains, la main était américaine.» Aujourd’hui, à Genève, les médecins le soignent pour ses fractures, ses déchirures ligamentaires dans le dos, ses dents cassées... «d’autres troubles devraient apparaître au fur et à mesure précise-t-il».
Les journalistes étaient nombreux pour couvrir la présence de Mountazer al-Zaïdi
Il n’empêche. Si c’était à refaire, il le referait. Même face à Barack Obama. «Quelque soit la couleur de la peau, l’origine ou la religion du président, il occupe mon pays. Je suppose que si la France était occupée, vous ne recevriez pas l’occupant avec des fleurs!».
«Les faibles ont trouvé un moyen de protester». Le monde ne doit jamais oublier qu'en Irak qu'il y ait aujourd'hui: 1 millions des martyrs, 1 millions des veuves, 1 millions des handicapés etc a-t-il déclaré. Il est vrai que le lancé de chaussures a fait des émules. Mountazer al-Zaïdi n’envisage pas de s’impliquer politiquement. Il veut rester journaliste et compte fonder une association pour aider les victimes avec l’idée, aussi, d’accuser George Bush devant un tribunal comme criminel de guerre. A l'issue de la rencontre avec les journalistes, Mountazer al-Zaïdi a déclaré «s'attendre à cela de cette personne. Il y a beaucoup de collaborateurs des Américains, et le fait que cet homme habite en France ne change rien».


Commentaires
1. Le mercredi 2 décembre 2009 à 00:07, par Mutangala Emmanuel
2. Le mercredi 2 décembre 2009 à 20:23, par Las
3. Le jeudi 3 décembre 2009 à 11:28, par eldorado
4. Le jeudi 3 décembre 2009 à 12:29, par Bwa Mondo
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