Les deux norvégiens condamnés à mort, la grâce présidentielle un fait de prince !
Par Freddy Mulongo, lundi 7 décembre 2009 à 13:18 :: radio :: #610 :: rss
Les deux Norvégiens escortés à pied par une escouade des militaires armés: fallait-il exposer davantage les condamnés à mort ? Et si les Boyomais avaient lapidés les inculpés ?
Dans un pays comme la République Démocratique du Congo où la justice est très politisée, où " les commanditaires de crimes ne sont jamais inquiétés". Dans un pays où " les loups lettrés tondent et égorgent les moutons ignares ", où quelques individus ventripotents, opportunistes, arrivistes parvenus au pouvoir ont de droit de vie et de mort sur la majorité des congolais faméliques, paupérisés et abandonnés à leur sort, le refus d'une justice qui tue doit être encourager et appliquer.
La peine de mort fait sienne la pratique de l'assassin en l'assassinant à son tour. La peine de mort tombe dans le piège secret que lui tend le crime: celui de verser le sang en l'appelant châtiment. Elle ne protège pas la société des hommes et femmes libres, elle la déshonore. Le danger est que par son exécution, l'acte du criminel devient celui de la justice. La peine de mort est vengeance et non pas justice.La République Démocratique du Congo veut-elle être un pays moderne ? Si oui, qu'elle abandonne la peine de mort. D'abord pour les Congolais eux-mêmes mais aussi pour le étrangers qui résident au Congo. Cela ne dédouane pas ceux qui commettent des crimes de répondre de leurs actes.
Kisangani, le 8 septembre 2009,Tjostolv Moland, 28 ans et Joshua French, 27 ans, deux ex-militaires condamnés à mort pour avoir tué le 5 mai 2009 le chauffeur d'un véhicule 4x4 qu'ils avaient loué à Kisangani dans la Province Orientale (Nord-Est de la RDC).
Kisangani, le 3 décembre 2009, les deux norvégiens Joshua French (Droite) et Tjostolv Moland (Gauche) au tribunal militaire lors de leur audience.
La semaine dernière, la cour militaire à Kisangani a lu un rapport établi par le centre neuropsychiatrique de Kinshasa, lequel atteste que Joshua French, l’un des Norvégiens condamnés à mort au premier degré, manifesterait des signes cliniques de la démence et qu’il faudrait qu’il soit mis à la disposition des experts médicaux pour des examens approfondis.
Alors que Joshua French est actuellement transféré et interné aux cliniques universitaires de Kisangani où des examens médicaux devront être effectués sur son état mental, des avis des Boyomais à Kisangani dans la Province Orientale sont très partagés sur cette nouvelle.
Pour les uns, il s’agit là du début des manœuvres tendant à soustraire lentement mais sûrement les deux Norvégiens de la justice congolaise. « Comment un homme peut-il passer de son état normal à la folie juste lorsque le tribunal est en train de réexaminer son cas ? Ce ne sont que des manœuvres, car la suite est connue : il n’y aura pas de spécialistes au Congo pour son cas et on va le transférer dans des centres spécialisés de l’étranger. Voilà la vérité », s’indigne Monsieur Joseph Bokita qui suit de près le déroulement de cette affaire.
Pour les autres, par contre, c’est plutôt le sang d’un mutoka Maniema, entendez un fils de Manièma, qui réclame vengeance. En effet, Kasongo Abeti, le chauffeur assassiné, est un ressortissant de la province du Maniema, province congolaise réputée pour son mysticisme. « La famille de Kasongo Abeti a probablement invoqué les ancêtres de Kindu pour qu’ils frappent les responsables de la disparition de leur fils », avance Mzee Shabani Wa Shabani, un vieux originaire de la Province de Maniema.
Dans les rues de Kisangani, le débat entre la thèse de la superstition et celle de la tentative de soustraction des Norvégiens de la justice congolaise se poursuit, sans aucune considération de l’hypothèse de la démence avérée de Joshua French.
La cour militaire de Kisangani a confirmé jeudi 3 décembre 2009 la condamnation à mort, prononcée le 8 septembre dernier en première instance, de Tjostolv Moland, 28 ans, et Joshua French, 27 ans, pour le meurtre le 5 mai du chauffeur d'un véhicule loué à Kisangani, a déclaré son président, le colonel Pascal Molida.
MM. Moland et French ont été également condamnés "à verser solidairement avec l'Etat norvégien, à titre de dommages pour préjudice subi", la somme de 501,255 millions de dollars américains (332 millions d'euros), dont 500 millions USD (330 M euros) pour l'Etat congolais, partie civile au procès.
Les dommages et intérêts à la veuve et aux autres parties civiles, notamment l'association des chauffeurs de Kisangani et un autre proche de la victime, ont été fixés à 1,255 million USD (2 M EUR).
En première instance, l'amende et les dommages et intérêts avaient été fixés à 60 millions de dollars. La Cour n'a pas expliqué les motifs de leur augmentation en appel. Le tribunal militaire a justifié la condamnation de la Norvège par le fait que les condamnés possédaient des cartes militaires valides au moment de leur arrestation, ainsi que des armes.
Les deux ex-militaires norvégiens condamnés à mort pour meurtre et espionnage en République démocratique du Congo (RDC) ont adressé samedi 5 novembre 2009 une demande de grâce présidentielle à Joseph Kabila, selon leur avocat.
Cette requête s'appuie sur l'article 78 de la Constitution de Liège qui stipule: "Le président de la République a le droit de grâce. Il peut remettre, commuer et réduire les peines après en avoir informé le gouvernement". Un véritable fait de prince. Il faut en place que la tête du condamné à mort soit "graciable". Foutaises et balivernes , lorsqu'on entend certains médias encartés claironnés que depuis 2001, la peine de mort ne s'applique pas en République Démocratique du Congo.
Si la peine de mort n'est plus en vigueur au Congo, pourquoi la cour militaire de Kisangani l'a-t-elle prononcée ? Pourquoi les juges militaires n'ont-ils pas directement la perpétuité pour les deux Norvégiens ?


Commentaires
1. Le lundi 7 décembre 2009 à 17:56, par Djamba Yohé, l'encrier de l'Atlantique du Nord
2. Le lundi 7 décembre 2009 à 19:03, par Freddy MULONGO, Réveil FM
3. Le mercredi 9 décembre 2009 à 03:00, par watambulu
4. Le mercredi 9 décembre 2009 à 23:35, par Nambo
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