Les prédateurs de terres agricoles africaines sont encouragés et justifient leur politique par les retombées économiques pour le pays: nouvelles infrastructures, transferts de technologies etc. En réalités, les risques pour les populations sont très graves. La vente de terres sans consultation des populations dans des zones où les tensions foncières sont déjà très vives ne peut qu'être source de conflit.

La surexploitation de l'eau par les grandes plantations étrangères, la spoliation de terres collectives vouées au pâturage où à la cueillette de plantes médicinales qui font vivre des millions de familles, l'épuisement des sols par des cultures intensives d'exportation, l'expulsion de populations de leurs terres ancestrales ne sauront en aucun cas être compensés par la distribution de semence hybrides qui ne pourront être replantées d'une année sur l'autre ou par la création d'emplois à bas prix.

Si l'investissement dans l'agriculture est rentable en Afrique: pourquoi les Etats africains qui s'étaient engagés, au sommet de Maputo en 2003, à doubler en cinq ans la part de l'agriculture dans leurs budgets nationaux, ne l'ont pas fait ? N'investissent-ils pas dans les villas, voitures de luxe ? Dans les salaires pharaoniques pour les Sénateurs et députés godillots afin de changer la Constitution ?

Le problème de la terre est une patate chaude pour les africains. A ces derniers d'ouvrir l'oeil surtout le bon.