L'obséquiosité de Blair face à la guerre en Irak
Par Freddy Mulongo, mercredi 16 décembre 2009 à 17:21 :: radio :: #622 :: rss
Tony Blair, qui n'aura plus jamais un grand destin européen, doit témoigner début 2010, pas avant, sur la décision qu'il a prise, en 2003, d'entraîner la Grande-Bretagne aux côtés des Etats-Unis dans la guerre d'Irak.
L'ancien premier ministre sera entendu par une commission gouvernementale chargée de faire la lumière sur cet épisode. Mais, Tony Blair, le conseiller de Paul Kagamé, le président du Rwanda, n'a pu tenir sa langue. Il a déjà parlé.
Et ses premiers propos sont accablants.Même s'il s'était avéré à l'époque que le dictateur irakien ne possédait pas d'armes de destruction massive (ADM), a confié M. Blair à la BBC, "j'aurais continué à penser qu'il était juste de le renverser".
Pour comprendre à quel point cette déclaration a stupéfié les Britanniques, et le monde entier, il faut revenir en arrière. Fin 2002, début 2003, toute la machine de communication du gouvernement Blair est mobilisée sur un seul thème : Saddam Hussein a constitué un terrifiant arsenal d'ADM - chimique et peut-être même nucléaire - qu'il pourrait mettre à la disposition d'Al-Qaida.
On est moins de deux ans après les attentats de New York et la menace irakienne est assénée à l'opinion de manière péremptoire. C'est sur cette seule nécessité de démanteler les ADM que la Chambre des communes autorise l'entrée en guerre du pays.
Or, les services britanniques avaient de sérieux doutes sur la réalité de ces fameuses ADM, qui se révéleront inexistantes. Mais rien n'en sera dit. C'est sur ce qui ressemble à un très gros mensonge que M. Blair entraîne la Grande-Bretagne dans la guerre ; un de ces mensonges qui devrait conduire un homme public à la retraite et à la méditation silencieuse sur les conséquences de ses actes.
En l'espèce, une invasion qui, en mars 2003, renversa effectivement un effroyable dictateur, mais provoqua une non moins effroyable guerre civile, responsable de la mort de dizaines de milliers d'Irakiens (et de 179 Britanniques).
L'Irak était alors un pays exsangue, épuisé, neutralisé, sous embargo international. Bagdad n'avait rien à voir avec Al-Qaida.
la guerre en Irak s'est faite au détriment de la priorité qu'il eût fallu accorder à l'Afghanistan.
Giovanni di Stefano, l'actuel conseil de l'ancien ministre irakien des affaires étrangères Tarek Aziz, a adressé à l'Attorney General, principal conseiller juridique du gouvernement britannique, une "demande de consentement pour poursuivre" l'ancien premier ministre. M. Blair a "enfreint la Convention de Genève de 1957" en engageant son pays dans une guerre "non justifiée par une nécessité militaire et menée de manière illégale et gratuite", cela "confirme que la véritable motivation pour attaquer l'Irak était d'en changer le régime et non pas ce que (Tony Blair) a déclaré à l'électorat britannique, le Parlement et les médias en 2003", estime Me Di Stefano, un avocat italien du cabinet romain Studio Legale Internazionale, dans la lettre envoyée à Londres.
Manipulation, mensonge et agression militaire ne devraient pas rester impunis.En plus d'être illégitime, guerre illégale, c'est certain.
En effet, le seul semblant de droit (ou plutôt d'ordre) international qui existe, c'est l'ONU, et cette guerre a été déclenchée contre l'avis (opposé à la guerre) du Conseil de Sécurité… En outre, les Irakiens ont bien le droit de demander des comptes à ceux qui les ont attaqués, quand on voit le chaos dans lequel ils ont été plongés, car plus que jamais, Force est Loi .
Le bilan d'un conflit doit-il se limiter aux pertes de l'un des agresseurs ? L'un des éléments d'analyse, c'est le nombre de morts et de blessés dûs à cette guerre et au désordre en Irak.
Là est la responsabilité de Tony Blair au regard de l'humanité: les dizaines de milliers de morts dont ce n'était pas le métier, et qui ont payé le prix de l'exécution de Saddam Hussein.


Commentaires
1. Le jeudi 17 décembre 2009 à 01:25, par NYK Ntaci
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