Copenhague: Ballet des dupes pour le constat politique de l'humanité en danger !
Par Freddy Mulongo, samedi 19 décembre 2009 à 18:58 :: radio :: #626 :: rss
“Il n’y a pas de Planète B”
Après 12 jours de sommet, le bilan du sommet de Copenhague sur le climat est peu reluisant : un accord non contraignant qui n'est pas signé par tous les pays, obtenu par des négociations de couloirs.
“L’Accord de Copenhague” ne peut être qualifié que de catastrophe, d’échec, voire de honte
Un accord sans ambition... et sans contraintes. Le principal échec de Copenhague est l'accord obtenu par les Etats-Unis et la Chine lors de discussions parallèles. Un document non contraignant bien en deçà des volontés affichés.
Son contenu est loin d'être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées: s'il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible".
Jean kalama Ilunga nous a donné quelques jours auparavant son appréciation sur le sommet de Copenhangue, voici le contenu:
1. Réveil-FM: Quels sont, d’après vous, les vrais enjeux environnementaux de l’Afrique, en général, et de la République Démocratique du Congo en particulier ?
Jean Kalama-Ilunga : Les enjeux environnementaux ne peuvent pas être expliqués exclusivement du point de vue du continent africain, ni d’un pays comme la RDCongo mon pays parce qu’ils sont indissociables des enjeux planétaires! Dans le monde, le problème majeur de l’environnement reste strictement et avant tout, un problème d’anticipation, de prévention et de responsabilité vis-à-vis des générations futures qui devront payer un lourd tribut pour payer les dégâts causés par les parents que nous sommes! La planète Terre est malade!
Cette maladie causée essentiellement par l’homme a été diagnostiquée depuis longtemps! En dépit de l’anticipation, il n’y a pas eu suffisamment d’études pour identifier les véritables causes afin d’engager sérieusement les actions préventives par les politiques!
En Afrique, en général, comme en RDCongo, en particulier, l’environnement ou l’écologie sont toujours restés un secteur mineur de l’activité gouvernementale sans véritable enjeu, procédant plutôt du mimétisme béat sur le modèle des gouvernements européens!
En République Démocratique du Congo, bien que théoriquement espace phare de la biodiversité mondiale, la protection de l’environnement, il faut le reconnaître, est loin d’être un enjeu politique majeur!
2. Réveil-FM: Copenhague n’est-il pas déjà un échec du fait que les pollueurs ne veulent pas payer ?
Jean Kalama-Ilunga : On parle beaucoup du réchauffement de la planète et très peu de ses conséquences! Alors que le mal est au rendez-vous, l’information et la connaissance scientifique en matière d’environnement ne sont pas à ce rendez-vous!
A mon humble avis, Il ne faut pas se leurrer, Copenhague est un rendez-vous qui permettra de constater politiquement que le mal est vraiment là et non de l’endiguer!
La croissance des pays dits riches s’est construite au prix de la destruction de l’environnement par l’augmentation exponentielle de la teneur en CO2 de l’atmosphère terrestre entrainant de ce fait le réchauffement de la planète!
A Copenhague, les conséquences physiques du réchauffement seront éludées sûrement !
Par contre, l’accent sera mis sur la contribution financière des pays qui n’y sont pour rien et qui subissent les conséquences dont on ne parle pas beaucoup!
Le débat va, effectivement, tourner autour de l’argent que les pays qui se sont développés en polluant l’atmosphère ne veulent pas décaisser si l’on tient compte de certains discours!
J’ai l’impression que les effets d’annonce sur Copenhague déposent un voile d’ignorance qui empêchent de dévoiler les agendas cachés des pays pollueurs !
On ne nous dit pas tout !
3. Réveil-FM: Le bassin du Congo est le deuxième après l’Amazone, mais on ne sent vraiment pas la République Démocratique du Congo se préoccuper de l’écologie! Est-ce parce que la RDCongo est bien gâtée : l’eau, la forêt équatoriale, scandale géographique…. ?
Jean Kalama-Ilunga: La RDCongo dispose des ¾ de la forêt du bassin du Congo!
Elle se situe physiquement au cœur des enjeux pour la survie des êtres vivants de la planète Terre!
Est-ce que les congolais le savent voire en sont-ils seulement conscients?
Vous avez raison d’évoquer l’indolence caractérisée des congolais vis-à-vis de l’écologie! Les pouvoirs qui se sont succédés, n’en ont jamais fait une priorité comment voulez-vous que les congolais s’en approprient?
J’avais vécu une expérience personnelle à ce sujet : En mars 1998, à Kinshasa, j’avais élaboré un document dont le contenu était une réflexion que j’avais intitulée : « Ils m’étonnent! Ils préparent l’occupation de l’Afrique! »
Ma démarche consistait à démasquer la véritable cause qui sous-tendait la permanence de la déstabilisation structurelle délibérée du continent africain par des conflits armés depuis les indépendances!
J’avais, par cette occasion, annoncé l’imminence d’une guerre, prévisible, qui allait nous déstabiliser afin de nous empêcher de nous organiser!
Pour trouver la réponse, j’avais écarté toute réponse issue du principe de causalité univoque, restrictif dans le temps qui place l’antériorité de la cause avant l’effet selon lequel il n’y a pas ’’d’effets sans cause’’, nous amenant à fouiller uniquement dans le passé pour trouver la cause! C’est pour cela que j’avais osé dire que l’or, le diamant, le pétrole…n’était que des leurres pour détourner l’attention!
4. Réveil-FM: Comment en étiez-vous arrivé à cette affirmation par rapport à l’échauffement de la planète?
Jean Kalama-Ilunga : J’avais, par conséquent, opté pour le principe de cause finale selon lequel la finalité est la cause de l’effet-action présent!
C’était donc dans le futur que je devais me tourner pour situer la cause de cette déstabilisation aux allures anodines!
De ce point de vue, lorsqu’on nous avait imposé, par exemple, la guerre d’agression multiforme par le Ruanda – l’Ouganda contre la RDCongo, si l’effet était et est la déstabilisation structurelle qui pouvait déboucher sur la partition du pays, la cause finale étant située dans l’avenir, la finalité était donc la cause de ce qui se passait!
L’avenir étant incertain, parmi les hypothèses retenues comme causes possibles, ce furent les conséquences de l’échauffement de la planète à savoir : l’augmentation de la pluviométrie due aux intenses évaporations, l’élévation du niveau des océans consécutive à la fonte des glaces des calottes polaire, la perturbation de l’écosystème due à la dilution de la salinité des océans par l’eau douce des glaces polaires fondues, la recrudescence de certaines épidémies…etc que j’avais prises en compte pour construire ma démarche !
En définitive, ce fut l’élévation du niveau des océans qui avait toute mon attention comme facteur essentiel! En effet, selon certaines simulations réalisées par des spécialistes, une augmentation du niveau des océans de 20 mètres, engloutira les nombreux pays dans le monde qui disparaitront sous eaux!
Tous les continents seront touchés gravement à des degrés différents! En revanche, d’après l’estimation des géographes en RDCongo, le continent africain culmine à 700 mètres au dessus du niveau des océans!
Mais cela ne veut pas dire que le danger est écarté, parce que le surplus d’eau des océans envahira les fleuves et les rivières à l’intérieur des continents qui inonderont à leur tour les villes et les campagnes! Il y aura très peu de terre pour les milliards d’êtres vivant à l’air libre!<> Par conséquent, une guerre sans merci pour l’acquisition des terres habitables est prévisible! Les faibles seront repoussés dans l’eau! Cela frise le sadisme, mais c’est la future réalité, si on ne se prépare pas à défendre bec et ongle son espace habitable!
5. Réveil-FM: Permettez- moi de vous interrompre pour souffler un peu parce que ce que vous dites, donne froid au dos! Vous qui êtes expert en prospective stratégique, donc outillé pour apporter des pistes de solutions crédibles, quelles recommandations pouvez-vous donner aux dirigeants africains en général et de la RDCongo en particulier?
Jean Kalama-Ilunga : La pertinence de mon propos paraitra peut-être impertinente pour certaines personnes habituées aux solutions faciles à courte vue!
Ce que j’ai dit aujourd’hui sur les conséquences de l’échauffement de la planète, je l’avais pensée en 1998 et j’avais sollicité le ministre de l’environnement de l’époque notre ami Edi Angulu en présence de son ancien secrétaire particulier notre ami Ntantu Mey d’organiser un débat télévisuel sur la question auquel on devait associer des spécialistes en climatologie, et autres! J’avoue que sa réticence, caractéristique des personnes en poste de pouvoir qui ont pour la plupart, la manie de ne pas prendre des risques, m’avait déçu !
Voulant faire de l’académisme, il exigeait les sources de mes propos, alors que c’était moi la source ou bien fallait-il que je fus blanc pour constituer une source!
Ainsi donc, pour toucher l’opinion, le journaliste Mputu Biduaya m’avait reçu dans son émission pour en parler effectivement!
6. Réveil-FM: Comment faire? :
Jean Kalama- Ilunga : On ne peut rien faire si on n’a pas compris!
Pour comprendre, il faut nécessairement se débarrasser des idées reçues qui nous empêchent de penser par nous même!
Quand aux dirigeants africains, souvent, ils ne sont pas réceptifs à ce genre de réflexion qui ne vont pas dans le sens des poils!
Enfermés dans la logique de la conquête et de la conservation du pouvoir à tout prix, ils ne sont pas prêts à accepter l’indiscipline intellectuelle qu’est la pensée prospective! De toute manière, c’est toujours lorsqu’il est trop tard qu’ils se rendent compte à leurs dépens de la stupidité d’avoir rejeté cette façon de fonctionner relevant de la prospective!
Je pense qu’il appartient aux dirigeants de solliciter à ceux qui sont outillés pour procéder aux investigations sur le futur, en l’occurrence, les prospectivistes, d’engager des études méthodiques pour baliser les voies de concrétisation des actions à mener pour que le futur ne se positionne pas contre nous!
De toutes façons, ceux d’en face se préparent à venir occuper, au moment fatidique des inondations, notre espace habitable!
C’est de bonne guerre pour la survie! Notre déstabilisation permanente est donc indispensable pour eux!
En République Démocratique du Congo, tout se met en place pour mettre ce pays sans dessus dessous!
Toutes les crises se superposent! Les congolais passent leur temps à chercher des occasions pour s’accaparer du pouvoir ou se positionner sur un poste de pouvoir sans savoir ce qu’ils vont en faire!
Tout le monde veut être président, tout le monde veut être ministre jusqu’au jour où tout le monde sera jeté dans l’eau!


Commentaires
1. Le dimanche 20 décembre 2009 à 10:36, par lola 1
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