Guinée-Conakry: Dadis Camara, l'homme qui incarne le pouvoir Kaki serait-il déjà de retour ?
Par Freddy Mulongo, lundi 21 décembre 2009 à 12:25 :: radio :: #631 :: rss
Portrait de Dadis Camara, le chef de la junte guinéenne sur un mur de Conakry
Selon une source proche de la junte au pouvoir en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, le président du conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), serait revenu discrètement à Conakry (Guinée). Mais aucune information n’a filtré quant à son état de santé.
Le Capitaine Moussa Dadis Camara aurait donc quitté le Maroc où il était soigné après sa blessure à la tête, le 3 décembre, lorsque son Aide de Camp, le chef des bérets rouges de la garde présidentielle avait tenté de le tuer.
Le chef de l’Etat guinéen serait arrivé dans la nuit du mercredi à jeudi ( 16 au 17 décembre 2009) et l’avion qui l’aurait transporté aurait atterri sur la base militaire de Yimbayah qui était sous haute surveillance de l’armée et de la gendarmerie.
La même source, a affirmé que l’état de santé du capitaine Camara se serait beaucoup amélioré.
Toutefois, aucune déclaration officielle de la part de la Junte tant pour confirmer que pour infirmer la présence de Dadis Camara dans la capitale guinéenne.
Seule une apparition publique du capitaine Moussa Dadis Camara permettra de confirmer son retour et de mettre fin aux rumeurs sur son état de santé.
Pendant ce temps, son agresseur, le lieutenant Toumba Diakité court toujours. Ce dernier a donné une interview à Radio France Internationale où il a raconté les circonstances de son action. il prétend que Dadis Camara a voulu lui faire porter le chapeau de la tuerie du 28 septembre qui avait fait 157 morts dans les rangs des opposants.
Pour nos confrères de Jeune Afrique, Toumba Diakité est devenu depuis le 3 décembre 2009, l’homme le plus recherché de Guinée – le gouvernement a promis 200 millions de francs guinéens (près de 27 000 euros) et une villa à toute personne qui aidera à le retrouver –, Toumba est celui qu’il ne fait pas bon avoir connu ou approché. Son domicile a été saccagé, tous ses proches qui ont pu être retrouvés ont été arrêtés ou éliminés.
Le 5 décembre, plusieurs de ses fidèles (l’adjudant-chef Mohamed 2 Camara, alias « Beugré », commandant du camp Koundara, son adjoint Mohamed Soumah, le sous-lieutenant Mabinty Soumah et le gendarme Alpha Baldé) ont été arrêtés à Pamlap, à la frontière avec la Sierra Leone. Une vidéo des tortures qu’ils ont subies est aujourd’hui entre les mains de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme. Quelques heures après son incarcération au camp Alpha-Yaya-Diallo, « Beugré » a trouvé la mort. Officiellement, c’est un suicide.
La traque des « traîtres » ouvre la porte à toutes les dérives. Celle du soldat Toumba alimente tous les fantasmes. Une folle rumeur le donne un jour réfugié à l’ambassade de France, le lendemain sain et sauf hors du pays, d’où il aurait fui déguisé en femme. Des témoins soutiennent mordicus l’avoir vu débarquer dans la nuit du 5 au 6 décembre au Tango, un bar prisé du centre-ville. « Il est arrivé vers 2 heures du matin avec des hommes lourdement armés, rapporte l’un d’entre eux. Ils ont acheté quatorze caisses de bière avant de repartir en trombe à bord de pick-up équipés de mitraillettes. »
Son chauffeur et son garde du corps se jettent sur lui pour le protéger
Comment diable un homme que l’on décrit aussi entouré peut-il disparaître dans une presqu’île de Kaloum bouclée, et dont il n’a vraisemblablement pas pu sortir ?
Une seule chose est sûre : la Guinée bascule dans l’anarchie depuis ce 3 décembre où Moussa Dadis Camara a perdu patience. Retranché au camp Koundara contrôlé par son ami Beugré, Toumba, qui savait qu’il avait été désigné par ses anciens amis comme le seul responsable du massacre du 28 septembre, refusait de répondre aux coups de fil de Dadis et de se rendre au camp Alpha-Yaya-Diallo, près de l’aéroport, où le chef de la junte le sommait de le rejoindre.
Le 3 décembre à la mi-journée, Toumba attaque le PM3 de la gendarmerie. Entré en rébellion et soucieux de garnir sa troupe, il libère des éléments qui y sont détenus et les emmène à Koundara, devenu de facto une nouvelle junte dans la junte. Informé, Dadis quitte Alpha-Yaya-Diallo à 17 h 15, escorté de dix pick-up remplis de bérets rouges.
Direction Koundara, au bout de la presqu’île de Kaloum. Il trouve son ex-obligé au milieu de ses hommes, le tire autoritairement par la manche et lui lance : « Tu dois revoir les enquêteurs de l’ONU. Personne n’a dit que tu étais coupable. Va répondre aux questions comme le ministre de la Défense et moi-même l’avons fait. » « Et ton neveu Marcel [lui aussi impliqué dans la tuerie du 28 septembre], ne va-t-il pas lui aussi les rencontrer ? » rétorque Toumba. Alors que le ton monte, ce dernier recule pour dégainer et tirer à bout portant.
Le chef de la junte s’écroule, touché à la tête et à l’épaule.
Toumba tente de l’achever, mais son chauffeur et l’un de ses gardes du corps, Joseph Mokembo, se couchent sur lui pour le protéger. Ils sont mortellement blessés.
Malgré les tirs nourris, une dizaine de bérets rouges réussissent à ramasser Dadis, qui baigne dans son sang, à l’installer, inanimé, dans un pick-up, et à filer vers l’hôpital militaire du camp Samory-Touré, à moins de 1 kilomètre de là. Puis ce qui reste de sa garde rapprochée le transporte par hélicoptère sur la base militaire de Yimbaya, à l’autre bout de la ville, pour le mettre hors de portée de Toumba et de ses hommes.
Informé par Kélétigui Faro, le secrétaire général de la présidence guinéenne, le chef de l’État sénégalais Abdoulaye Wade dépêche six médecins militaires à Conakry et propose d’envoyer un avion évacuer Dadis à Dakar. Médiateur du dialogue politique inter-guinéen, le président burkinabè Blaise Compaoré s’active au même moment pour trouver une terre d’asile médicale à Dadis.
pas encore de confirmation officielle que Dadis Camara serait déjà à Conakry.


Commentaires
1. Le lundi 21 décembre 2009 à 16:08, par lola 1
2. Le lundi 21 décembre 2009 à 18:49, par Musengeshi Katata
3. Le mardi 22 décembre 2009 à 12:26, par Mutangala Emmanuel
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