Paris, Séguin célébré aux Invalides
Par Freddy Mulongo, mardi 12 janvier 2010 à 10:41 :: radio :: #662 :: rss
Le président Nicolas Sarkozy se recueille devant le cercueil de Philippe Séguin
le cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris
Le président Nicolas Sarkozy, ici accompagné de son épouse, a prononcé l'éloge funèbre de «son ami» Philippe Séguin.
Dans le long défilé de manteaux sombres qui ont traversé la grande cour où un drapeau en berne faisait face à un portrait en noir et blanc du président de la Cour des comptes: la quasi-totalité du gouvernement, et bien sûr, François Fillon, venu saluer la mémoire de son mentor en politique, un autre ex-séguiniste, le conseiller spécial de l’Elysée, Henri Guaino, les ex-présidents de la République, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, et les anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé.
De nombreuses personnalités étaient présentes comme les deux anciens présidents Jacques Chirac (G) et Valéry Giscard d'Estaing
Le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Attali, Simone Veil, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Gérard Larcher et Bernard Accoyer, ont également assisté à la cérémonie, ainsi que Dominique Paillé et Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP.
De nombreuses personnalités politiques de l'opposition étaient également présentes à l'image de la Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry et du député Claude Bartolone.
Le maire de Paris, Bertrand Delanöe.
Les socialistes n’étaient pas en reste - la première secrétaire du PS, Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius et Arnaud Montebourg -. François Bayrou et Marielle de Sarnez représentaient le Modem. Le cercueil, recouvert du drapeau tricolore, est porté dans l’église par des Gardes républicains conduits vers le choeur par le cardinal André Vingt-Trois, qui célèbre la cérémonie religieuse. Puis, Nicolas Sarkozy rend à son «ami», «l’hommage solennel de la Nation» qu’il a «servie avec tant de noblesse et de dévouement». «Tu vas nous manquer, affirme le président de la République. (...) Mais le petit enfant meurtri de Tunis continuera longtemps encore à parler à chacun de nous de son père héroïque [mort alors que Séguin avait un an, ndlr], de sa mère institutrice, de son devoir d’orgueil, de la France, de la République, et de ce que nous leur devons.» «Je n’aurais jamais imaginé que tu mourrais à 66 ans et que j’aurais à prononcer ton éloge funèbre», a-t-il ajouté à l’adresse du gaulliste, emporté brutalement par une crise cardiaque.
«Tu as aimé la France avec passion»
«Nous nous étions habitués à ta voix, à tes grands éclats de rire, à tes colères, à ton regard, à ton sourire». «Tu as aimé la France avec passion. Si tu l’as tant aimée, c’est parce qu’elle était à tes yeux le seul bien de ceux qui n’ont rien. Tu la voulais grande, ouverte, généreuse, exemplaire. Tout ce qui la diminuait ou la déshonorait t’était insupportable», a évoqué Nicolas Sarkozy: «L’Etat, la Nation, la République, tu en fis le coeur de ton engagement. Ces mots, tu ne les as pas seulement réhabilités. Tu les as incarnés. Tu leur as donné ton visage, ton sourire, ta voix.» Et le chef de l’Etat de conclure: «Laisse-moi te dire, Philippe, une dernière fois, devant ton cercueil recouvert, comme jadis celui de ton père, du drapeau tricolore, ces mots que tu aimais tant, ces mots qui avaient pour toi un sens si profond que tu n’arrivais pas à les prononcer sans être ému. Oui mon cher Philippe, vive la France, vive la République.»
Des obsèques en grande pompe pour rendre un dernier hommage à Philippe Séguin. Aux invalides, seuls quelque 500 anonymes avaient bravé le froid.
Je suis venue pour l'homme. C'est quelqu'un que j'admirais, dont je retiendrais la droiture et la jovialité". souligne Anne 60 ans. "On ne serait pas venus pour quelqu'un d'autre", racontent Charly et Marc-Olivier, tout juste 22 ans. "Philippe Séguin savait dire "merde" explique Charly. IL a payé pour sa droiture et sa fidélité à ses convictions" "Il n'a pas eu la place qu'il méritait", renchérit Marc-Olivier.


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