Italie, Silvio Berlusconi veut compter les étrangers à l'école !
Par Freddy Mulongo, mardi 12 janvier 2010 à 13:47 :: radio :: #664 :: rss
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, est arrivé hier à Rome, où il a regagné sa résidence privée, le Palais Grazioli. Il revenait pour la première fois dans la capitale après son agression par un déséquilibré lors d’un meeting à Milan, le 13 décembre dernier. Affirmant «bien se porter», il a ajouté en montrant ses lèvres et sa joue gauche : «Regardez, je n’ai presque rien, je vais juste devoir faire un implant pour une dent.». Le Cavaliere avait été hospitalisé quelques jours pour soigner une fracture au nez, deux dents cassées et une blessure à la lèvre.
Le gouvernement italien veut instaurer un seuil maximum de 30 % d'enfants immigrés par classe. La mesure sera progressive mais dès septembre 2010, les classe de première primaire et secondaire seront concernées. Le Ministère de l'Instruction précise que le seuil pourra même être diminué si les mineurs étrangers démontrent une très faible connaissance de l'italien. "C'est un moyen utile pour éviter la création des classes ghetto avec uniquement des élèves étrangers"., a assuré la ministre de l'Education, Mariastelle Gelmini, alors qu'il y aurait près de 600 000 enfants d'immigrés dans le système scolaire en Italie , principalement dans le Nord-Est du pays.
Dans 490 établissements (soit4,7%), le nombre d'étrangers dépasse le seuil de 30%.
Prenant l'exemple extrême de l'école de Pisacane de Rome où, sur 180 élèves, 170 sont des enfants d'immigrés, la ministre Gelmini considère que la mesure "est un bon sens et le fruit de l'expérience". Ses services précisent que l'introduction du plafond e 30% sera accompagnée d'un renforcement des cours d'italien en particulier pour les élèves de 10 à 12 ans et d'un effort financier.
Polémique !
La décision a déclenché une polémique au sein de la classe politique italienne. l'opposition de gauche admet que "la préoccupation de ne pas créer de classes ghetto est la bienvenue" mais que l'intégration nécessite avant tout davantage de moyens financiers pour l'Education nationale. "C'est une erreur de faire croire qu'un élève étranger constitue en soi un problème", a dénoncé la dirigeante du Parti democrate, Francesca Puglisi, alors que sur l'ensemble de l'Italie, le taux de redoublement des enfants d'immigrés n'est que de 4,5% contre 3,4% parmi les Italiens.
"La mesure a le goût amer du racisme" !
" La mesure a le goût amer du racisme", a tranché le président de l'Italie des valeurs, Antonio Di Pietro. Le syndicat Cgil s'inquiète des effets pervers de l'initiative: " De nombreux élèves étrangers vont être obligés de changer d'école et pour certains d'aller dans d'autres villes avec le risque d'une augmentation de l'abandon scolaire". L'Eglise catholique a aussi fait part de son scepticisme:"D'un côté, on essaie d'améliorer les choses, mais de l'autre, on crée de nouvelles discriminations."
Devant le tollé, Mariastella Gelmini a finalement précisé dimanche 10 janvier 2010 que les élèves étrangers nés en Italie (environ 200 000) ne seraient pas pris en compte dans le seuil des 30%. Sans pour autant revenir sur sa décision. cette proche de Slivio Berlusconi a ajouté qu'outre l'introduction de 30%, elle entend développer l'enseignement des "règles civiques". " La Lutte contre l'inégalité passe aussi par la défense orgueilleuse de nos racines, notamment chrétiennes", a-t-elle clamé, allant jusqu'à soutenir, apocalyptique: "si nous renonçons aux crèches de Noël dans les écoles et aux crucifix aux murs des classes, nous enverrons le message que notre peuple n'a pas de traditions. Et nous serons livrés à celles des autres"
Un immigré agressé soutenu par les secouristes
Rosarno, la ville qui hait les immigrés !
Des immigrés «priés» de partir Environ 900 étrangers ont déjà quitté samedi 9 janvier 2010 la ville de Rosarno après des affrontements et des violences, notamment une "chasse à l'homme" contre des immigrés, qui ont fait 67 blessés dans cette localité de Calabre (sud de l'Italie), tandis qu'environ 200 autres sont sur le départ.
"Environ 910 étrangers ont déjà été évacués de Rosarno vers Crotone et Bari", deux autres villes du sud de l'Italie, a déclaré le préfet de police Mario Morcone.
Selon le responsable, 65 autres immigrés étaient sur le départ dans la soirée et 150 supplémentaires seront transférés dans la nuit pour un total de plus de 1.100 personnes. M. Morcone a cependant précisé que "la situation revient lentement à la normale".
Signes du retour au calme, les barricades érigées par la population ont été levées, l'occupation de la mairie par des habitants a pris fin et les magasins ont ouvert dans la matinée.
Rosarno a été le théâtre jeudi de violentes manifestations d'immigrés protestant contre des agressions dont certains d'entre eux avaient été la cible : elles avaient été marquées par des heurts avec la police, et suivies, le lendemain, d'exactions de la population à leur encontre.
Pour faire face à ces tensions, le chef de la police italienne Antonio Manganelli avait annoncé dès vendredi soir l'envoi d'un "important contingent de policiers" en renfort, plus de 200 selon la presse italienne.
Le dernier bilan des violences à Rosarno et dans ses environs depuis jeudi est de 67 blessés, à savoir 31 étrangers, 19 policiers et 17 habitants italiens de cette petite ville de 15.000 âmes.
La majorité n'a subi que des contusions ou des blessures légères. Mais six immigrés sont encore hospitalisés, parmi lesquels deux grièvement blessés vendredi soir à coups de barres de fer.
Les incidents ont débuté à Rosarno après une manifestation jeudi soir de plusieurs centaines d'ouvriers agricoles immigrés -pour la plupart employés illégalement dans la région- qui protestaient contre des tirs de fusil à air comprimé ayant visé plusieurs d'entre eux.
Les manifestants ont incendié des voitures et brisé des vitrines à coups de bâton et des affrontements se sont produits avec la police. Vendredi, la population locale a cherché à se venger en procédant à une "chasse aux immigrés" au cours de laquelle plusieurs étrangers ont été blessés.
Samedi dernier (après-midi) une manifestation de soutien en faveur des immigrés s'est déroulée à Rome, non loin du siège du ministère de l'Intérieur.
Elle a donné lieu à des échauffourées entre policiers, dont un a été légèrement blessé par un jet de pierres, et manifestants qui tentaient de forcer un cordon de sécurité autour du bâtiment.
Au cours de cette manifestation, les immigrés présents ont demandé la démission du ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni. Selon la presse, au moins 4.000 immigrés sont employés, en général illégalement, chaque année à Rosarno pendant deux mois pour cueillir clémentines et mandarines.
Le rôle de la mafia
Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés et le principal syndicat italien, la Cgil, ont dénoncé leurs «conditions de vie inhumaines : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène» et des «salaires de misère» (25 euros par jour).
Le rôle de la mafia a été montré du doigt. «La mafia qui contrôle le territoire, exploite les immigrés avec cynisme et une détermination impitoyable. Les cerveaux criminels savent que les immigrés clandestins ne peuvent même pas tenter de se rebeller car ils sont privés de documents d'identité et donc de la protection de l'Etat», a déclaré à La Stampa don Luigi Ciotti, un prêtre ayant fondé l'association antimafia Libera.


Commentaires
1. Le mardi 12 janvier 2010 à 18:50, par lola 1
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