Dadis Camara retournera-t-il en Guinée Conakry ?
Par Freddy Mulongo, vendredi 15 janvier 2010 à 13:44 :: radio :: #672 :: rss
Dans une rue de Conakry, une affiche représentant le chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara (au centre) et les anciens présidents Lansana Conté (à gauche) et Sekou Touré.
Certaines rumeurs le disaient en partance pour l’Espagne, ou éventuellement pour Conakry. Mais c’est finalement à Ouagadougou au Burkina-Faso que Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir en Guinée, poursuivra sa convalescence.
C’est le mardi 12 janvier 2010, aux alentours de 22 heures que le King Air marocain transportant le capitaine Moussa Dadis Camara a foulé le tarmac de l’aéroport militaire de Ouagadougou. C’est un homme vêtu d’un manteau recouvert d’un blouson et portant des verres correcteurs qui a mis le pied sur l’une des passerelles de la base aérienne 511.
Soutenu par deux hommes, il marchait difficilement. Pas de tapis rouge, encore moins de fanfare pour le rescapé de la tentative d’assassinat du 3 décembre, accompagné d’un médecin et d’un garde du corps guinéens ainsi que de médecins marocains.
Moussa Dadis Camara a été accueilli à sa descente d’avion par Alain Yoda, le ministre des Affaires étrangères, et quelques proches du président Burkinabè.
Peu après son arrivée, le capitaine Camara aurait eu une vive discussion avec ses accompagnateurs marocains. On apprendra plus tard qu’il était surpris de se retrouver à Ouaga, alors qu’il s’attendait à rentrer au pays.
Il faut dire que, côté burkinabè aussi, on a été pris de court.
C’est en effet en début de soirée que le départ de Rabat de Moussa Dadis Camara pour Ouagadougou a été annoncé.
La veille, un coup de fil du roi du Maroc Mohamed VI aurait demandé à Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, de recevoir le convalescent.
Ce dernier lui aurait répondu qu’il étudierait la question. Précaution sans doute inutile, car le plan de vol pour le Pays des hommes intègres semblait déjà tracé.
Installé dans une des nombreuses villas de Ouaga 2000, le chef du CNDD aurait déjà reçu la visite de son hôte burkinabè.
Indexé par le rapport des Nations unies sur les événements du 28-Septembre, Moussa Dadis Camara entame une convalescence aux allures d’exil.
A Paris,le rappeur guinéen Bill de Sam, fondateur du Collectif guinéen contre le pouvoir militaire, espère que les promesses de transition démocratique à Conakry seront tenues et qu'il pourra bientôt rentrer dans son pays.
Bill de SAM dit-il:«Je préfère un civil médiocre à un militaire sans cervelle»
Le capitaine Moussa Dadis Camara, victime le 3 décembre d'une tentative d'assassinat, veut toujours rentrer en Guinée, dit-on de source autorisée au Burkina Faso où le chef de la junte militaire poursuit sa convalescence après son hospitalisation au Maroc. Selon cette source, qui s'exprimait jeudi sous le sceau de l'anonymat, l'officier s'est senti "piégé" lorsque son avion le ramenant de Rabat a fait escale mardi à Ouagadougou.
Son retour dans la sous-région fait redouter de nouveaux troubles en Guinée où son adjoint, le général Sékouba Konaté, vient de lancer un processus de réconciliation associant l'opposition et la société civile.
"Dadis Camara croyait qu'il allait débarquer de l'avion à Conakry et il a été stupéfait d'apprendre qu'il devrait rester à Ouagadougou", a déclaré ce responsable burkinabé. Cette source a ajouté que le président de la junte voulait toujours revenir dans son pays, tout en minimisant les chances d'un retour prochain.
Message subliminal
D'après des sources diplomatiques, les autorités marocaines souhaitaient vivement le départ du chef de la junte guinéenne, admis pendant un mois et demi à l'hôpital militaire de Rabat.
Le général Sékouba Konaté a fait mercredi un aller-retour à Ouagadougou où il s'est entretenu pendant trois heures dans la nuit avec son supérieur. La rencontre n'a fait l'objet d'aucune déclaration publique.
Les autorités burkinabé ont déroulé le tapis rouge pour le ministre guinéen de la Défense à son arrivée alors que la veille au soir, le capitaine Camara avait été accueilli par un petit groupe de fonctionnaires subalternes et vite transféré dans une villa de la périphérie de la capitale. "Le message subliminal était tout à fait clair", a estimé un diplomate à propos du traitement préférentiel accordé au second.
Toutefois, un allié de Camara, Idrissa Chérif, porte-parole de la présidence, qui a fait le voyage de Ouagadougou, a mis en garde contre les conséquences de l'absence du chef de la junte.
"Je ne vois pas comment nous pourrions rentrer à Conakry sans Dadis (Camara) ou expliquer son absence à ses innombrables partisans", a-t-il dit. "Cela risquerait de provoquer une guerre civile".
"Les durs du régime cherchent à récupérer (Camara). (Le Burkina Faso) n'a aucune raison de le retenir", a ajouté une source en contact direct avec la junte. "La question de l'allégeance de l'armée est si importante. Est-elle derrière Konaté ou Dadis ?".


Commentaires
1. Le vendredi 15 janvier 2010 à 16:29, par Semaraym
2. Le vendredi 15 janvier 2010 à 17:53, par Bernard Ngudiankama Manseka
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