A partir de là, le pays sombre dans l’anarchie. De 1990 à 1995, la guerre qui oppose les différentes factions va causer plus de 200.000 morts et plus de 800.000 libériens vont fuir le pays. Plus rien ne fonctionne et tout particulièrement le système de santé faisant du Liberia le pays qui présente un des plus forts taux de mortalité infantile atteignant 132 pour 1000. Les chefs de guerre vont s’appuyer entre autres sur des unités constituées d’enfants soldats drogués du matin au soir, prêts à toutes les pires atrocités. Durant cette période le cannibalisme refait son apparition. Le viol était pratiqué par les combattants de toutes les factions, à tel point que les différentes missions du l’ONU au Liberia parleront de viol généralisé. Nul ne sait combien de femmes ont pu subir cet outrage. Certains avancent le chiffre de 70% des libériennes, dont 80% auraient été âgées de moins de 18 ans (la moitié ne dépasserait pas 12 ans). En 2005, l’espérance de vie moyenne d’un citoyen libérien était de 39 ans.