Chine-Etats-Unis: Bras de fer entre Pékin et Washington !
Par Freddy Mulongo, vendredi 12 février 2010 à 14:28 :: radio :: #704 :: rss
Pékin, le 17 novembre 2009, le président chinois Hu Jintao et Barack Obama à l'occasion du premier déplacement du président américain en Chine.
Drapeaux chinois et américains flottant côte à côté
Le PIB chinois pourrait bien avoir dépassé celui du Japon en 2009 et faire passer la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale. Ces dernières années, les capacités militaires chinoises ont également connu une progression fulgurante. Les Etats-Unis ne peuvent pas regarder sans broncher la Chine se préparer à devenir la première puissance mondiale. Barack Obama veut conserver la haute main.
La réaction indignée de la chine au projet des Etats-Unis de vendre des armes à Taïwan concorde avec la nouvelle attitude triomphaliste de Pékin. Du sommet sur le changement climatique de Copenhague jusqu'à la frontière sino-indienne, en passant par la liberté d'expression sur Internet, les observateurs de la Chine constatent sur toutes ces questions un durcissement du ton de son gouvernement, de ses représentants et des membres influents de ses think tanks d'Etat.
Fin janvier 2010, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Hé Yafei, a convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis, John Huntsman, et l'a prévenu que Washington sera responsable des "graves conséquences" qui s'en suivront s'il ne revient pas sur sa décision de vendre à Taïwan des hélicoptères, des missiles PAC-3, des chasseurs de mines et du matériel de communication, une transaction qui représente 6,4 milliards de dollars au total. Selon les autorités américaines, la Chine connaissait pourtant l'existence de ce projet depuis plusieurs mois. "Il y a eu un changement dans l'attitude de la Chine", explique Kenneth G. Lieberthal, de la Brookings Institution. " Les Chinois ont pris conscience qu'on considère leur pays comme un acteur mondial majeur.Cela leur donne davantage confiance en eux". Selon Lieberthal, l'autre facteur qui contribue au nouveau ton de la Chine est le sentiment qu'après avoir été exploitée par l'Occident pendant deux siècles, elle peut reprendre son rôle de grande nation.
Un haut fonctionnaire américain a, par exemple, qualifié d'inhabituel le comportement de la Chine au sommet de Copenhague, en décembre 2009: Pékin y a publiquement tancé le représentant de la Maison-Blanche, Todd Stern. Elle a dépêché un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères à une rencontre prévue pour les chefs d'Etats et elle a refusé obstinément tout objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les pays développés.
Autre affaire importante: la liberté d'expression sur Internet et la cybersécurité ont été pointées du doigt à la suite de la récente menace de Google de quitter la Chine si le pays ne mettait pas fin à sa censure sur le Web. Ala demande des autorités chinoises, cette question a été retirée de l'ordre du jour du dernier Forum économique mondial de Davos.
Les Américains ont commencé à faire les frais de la nouvelle attitude de la Chine l'année dernière. Pendant le Forum économique mondial de 2009, le Premier ministre chinois Wen Jiabao avait vertement critiqué les Etats-Unis pour leur mauvaise gestion de l'économie. Quelques semaines plus tard, la banque centrale chinoise avait remis en cause la capacité du dollar à continuer à jouer son rôle de monnaie internationale de réserve.
La Chine a employé un ton encore plus véhément avec l'Europe et avec l'Inde. En 2008, elle a annulé un sommet avec l'union européenne parce que le président français, Nicolas Sarkozy, avait rencontré le dalaï-lama lama. Elle avait reproché auparavant à la chancelière allemande, Angela Merkel, ses contacts avec le chef spirituel tibétain.
La Chine a exhorté ce vendredi 12 février 2010 les Etats-Unis à annuler la rencontre prévue le 18 février entre le président américain Barack Obama et le dalaï lama, le leader tibétain en exil.
Il y a quelque temps, la Chine a rompu ses relations avec le Danemark parce que le Premier ministre danois avait rencontré le dalaï-lama. pour qu'elle accepte de les renouer, il a fallu que le gouvernement danois publie un communiqué, en décembre 2009, disant qu'il s'opposerait à l'indépendance du Tibet et prendrait en considération la réaction de Pékin avant d'inviter à nouveau le chef du gouvernement tibétain en exil.
La rudesse de la Chine a également contribué à raviver sa querelle avec l'Inde sur l'Etat d'Arunachal Pradesh, limitrophe du Tibet. En juillet dernier, la Chine a empêché la Banque asiatique de développement de prêter 60 millions de dollars pour améliorer les infrastructures dans cet Etat. L'Inde a alors décidé de financer elle-même le projet, ce à quoi la Chine a répondu en renforçant ses troupes à la frontière.
Chine-Etats-Unis: Six pommes de discorde
1. Changement climatique
• Le gouvernement Obama voit dans la lutte contre le changement climatique l’occasion d’affirmer son leadership moral. Mais, pour s’assurer le soutien politique nécessaire sur le plan intérieur, Obama doit obtenir que la Chine consente à réduire ses émissions. La Chine voit les choses différemment : la réduction des émissions de carbone est un sacrifice économique qui ne donnera pas de résultats avant plusieurs décennies. Or le Parti communiste chinois estime que, pour éviter toute agitation sociale, il doit maintenir la croissance du PIB à 8 %.
2. Tibet et Xinjiang
• Les Etats-Unis soutiennent depuis longtemps la liberté d’expression et la liberté religieuse pour les Tibétains et les Ouïgours vivant en Chine. Mais Pékin ne démord pas de sa position, qui est que la façon dont il traite ses minorités ethniques est un “problème intérieur”. Toute rencontre entre un responsable américain et le dalaï-lama ne peut qu’entraîner une volée de bois vert de la part de Pékin.
3. Taïwan
• Surnommée le “porte-avions insubmersible” de l’Amérique par le général Douglas MacArthur, l’île continue de bénéficier du soutien américain – récemment encore sous la forme de livraisons d’armes – et reste un élément essentiel du “bouclier protecteur” bloquant la montée en puissance géostratégique de la Chine dans le Pacifique Ouest. Il est peu probable que Washington tourne le dos à l’île autonome. Et la Chine ne cédera sans doute jamais sur ce qu’elle considère comme une partie intégrante de son territoire.
4 Etats voyous
• La Chine a la fâcheuse habitude de soutenir les parias de la communauté internationale, et Washington souhaiterait qu’elle y renonce. Aux yeux de Pékin, la dictature en place à Pyongyang empêche l’émergence d’une Corée unifiée répondant aux intérêts américains.
• Dans le cas de la Birmanie, les dirigeants chinois caressent le rêve d’une voie commerciale menant à l’océan Indien qui traverserait une Birmanie riche en ressources et affranchirait du même coup la Chine de sa dépendance à l’égard du détroit de Malacca [entre la Malaisie et l’Indonésie], surveillé par la marine américaine.
• Quant à l’Iran, il demeure un fournisseur sûr de ressources à une Chine gourmande en énergie.
5. Compétition militaire
• L’accroissement des dépenses militaires chinoises – qui porte autant sur la quantité que sur la qualité des équipements – a été très net au cours des années 1990 et s’est encore accéléré pendant les dix dernières années. La marine est notamment en mesure de contrôler efficacement la mer de Chine, où la flotte américaine a longtemps eu l’ascendant sur le plan stratégique. La rivalité militaire restera cependant subordonnée au jeu des rapports de forces politiques.
6. Querelles économiques
• Sur ce terrain, la plupart des frictions récentes ont de bonnes chances d’être résolues. Les Etats-Unis voudraient que la Chine apprécie sa monnaie, ce qui ferait monter le prix de ses exportations.
• Les droits de douane instaurés par les Etats-Unis sur les pneumatiques et les tuyauteries en acier chinois ont provoqué la fureur de Pékin. Mais ce ne sont là que des péripéties normales dans les marchandages qui accompagnent toute relation commerciale complexe.
• Ces querelles économiques – y compris les retombées politiques de l’affaire Google, l’entreprise a annoncé à la mi-janvier 2010 qu’elle ne se soumettrait plus aux diktats de la censure chinoise et a menacé de quitter la Chine, – peuvent être contenues. Les deux parties savent très bien qu’elles ont en définitive beaucoup plus à gagner qu’à perdre de leur interaction économique.
Un proverbe africain dit clairement "Quand les éléphants se battent , c'est l'herbe qui souffre !", l'Afrique ne sera pas épargnée dans la guerre que vont se livrer la Chine et les Etats-Unis.
Heureusement pour nous en République Démocratique du Congo, nous avons des acteurs politiques visionnaires: le pays a été divisé en carrés miniers. Les contrats léonins avec la Chine: trocs minerais contre infrastructures avec un bonus d'exploitation pour trente ans, permettent aux Congolais de dormir tranquille. Nous sommes à l'abri, la guerre entre les deux puissances mondiales, ne nous concerne pas et ne nous touchera en aucune manière.


Commentaires
1. Le vendredi 12 février 2010 à 15:41, par John LUYINDULA
2. Le vendredi 12 février 2010 à 18:20, par Onker
3. Le vendredi 12 février 2010 à 20:23, par Malungu Donaly
4. Le lundi 15 février 2010 à 08:40, par Amato
5. Le lundi 15 février 2010 à 09:31, par Freddy Mulongo, Réveil-FM
6. Le mercredi 17 février 2010 à 09:21, par Augustin Patriote
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