Nantes, l'abolition de l'esclavage aura son mémorial
Par Freddy Mulongo, lundi 15 février 2010 à 15:56 :: radio :: #709 :: rss
Nantes aura son mémorial pour l'abolition de l'esclavage.
Premier port négrier français, Nantes a fondé une partie de sa richesse sur le commerce triangulaire, comme Bordeaux, La Rochelle, Le Havre et Saint-Malo. Ses navires partaient pour l'Afrique, chargés de marchandises, qu'ils échangeaient contre des esclaves, convoyés jusqu'aux Antilles ou en Amérique, d'où ils revenaient avec des produits exotiques.
Près de 450 000 hommes et femmes auraient été envoyés dans les plantations. Après avoir milité pour la construction d'un établissement national à vocation culturelle, pédagogique et de recherche, le Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage travaille à la mise en réseau des différents lieux de mémoire (guide commun, site Internet).
Il est question d'y consacrer une place dans le futur grand musée d'histoire de France.
Le lieu n'a pas été choisi au hasard. Entre la fin du XVIIe et le milieu du XIXe, à Nantes, le quai de la Fosse a vu passer 1 709 expéditions négrières.
C'est ici que débute, cette semaine, la construction du mémorial dédié à l'abolition de l'esclavage, pour une ouverture en septembre 2011. En partie creusé dans le sol, il sera le premier en France métropolitaine d'une telle envergure, cent quatre-vingt-douze ans après l'interdiction de la traite des Noirs.
Début des travaux dans une semaine.Nantes est la première ville de France à avoir brisé les tabous sur la traite négrière.
Avec deux ans de retard, ce mémorial, d'un coût prévu de 6,9 millions d'euros et dont l'accès sera gratuit, doit occuper un espace de 7.000 m2 sur les quais où se sont amarrés autrefois les bateaux de la traite. Une esplanade abritera un espace avec 2.000 plaques commémoratives des expéditions négrières et à l'intérieur même du quai sera aménagé un passage à fleur d'eau.
Nantes, principal port négrier français du XVIIe au XIXe siècle, a voté en 1998 le projet de mémorial -à l'origine une simple statue- et un budget de 100.000 euros.
Le projet, porté par les collectivités locales, aura alimenté plus de dix ans de palabres et de critiques. Ses détracteurs lui reprochent son coût (7 millions d'euros), ses carences techniques ou un manque de sens pédagogique. Ses défenseurs voient « le symbole d'une histoire assumée » ainsi qu'un « hommage à ceux qui ont lutté et lutteront contre l'esclavage ». Ils réclament, à ce titre, que l'Etat participe financièrement, comme l'a fait l'Europe. « Nous n'avons aucune réponse », constate, désabusé, Yannick Guin, vice-président PS de Nantes Métropole. Et l'élu d'enfoncer le clou : « Nantes joue un rôle de pionnier dans la reconnaissance de cette période de l'histoire. Nous faisons le travail de la République.


Commentaires
1. Le lundi 15 février 2010 à 18:36, par lola 1
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