Pourquoi ce 30 juin 2010 ? Ce qu’on ne dit pas du Congo-Belge !
Par Pierre Yambuya Lotika Kibesi, dimanche 21 février 2010 à 10:01 :: liens :: #720 :: rss
50 ans d'indépendance de la République Démocratique du Congo ?
Le discours de Patrice Lumumba le 30 juin 1960 à Léopoldville devant le Roi Baudouin 1er, n’a pas d’égal jusqu’à ce jour. Ce jeune homme de 35 ans a symbolisé aux yeux du monde entier, l’espoir pour ce qu’allait devenir le Congo indépendant, dont les richesses immenses allaient bénéficier finalement aux êtres humains sans distinction raciale.
Cette glorieuse journée a été de grandes fêtes jusque dans l’arrière forêt de notre vaste nation parce que l’exploitation, la répression, l’inégalité sociale entre les Blancs et les Noirs avaient été jusque ce jour-là les règles contre notre peuple colonisé par la force.
La formation des cadres fut la grande priorité de Patrice Lumumba, car les colonialistes pour abrutir l’avenir des Congolais, avaient bien pris soin de ne former que des boys en grand nombre sur environ 15.000.000 des Noirs.
Ainsi pour 100.000 colons on comptait 800.000 boys, à savoir 8 boys Congolais pour 1 colon.
Pour qu’un Noir accède à certains postes administratifs coloniaux ou des secteurs privés au Congo-Belge, il lui suffisait d’obtenir le certificat de 5 ans d’études primaires, suivi d’une bonne note en religion et morale, c’est-à-dire qu’il fallait s’assurer la garantie de la soumission coloniale. Les quelques diplômés Noirs des écoles normales (3 ans poste-primaire) étaient destinés à être des moniteurs dans les écoles primaires des Noirs.
Par contre les Blancs avaient tous une formation universitaire ou d’autres qualifications élevées, preuve évidente que la politique coloniale belge ne voulait pas nous préparer à assumer les responsabilités qu’elle avait ramenées chez nous.
De tout ceci, Patrice Lumumba avait déclaré le 30 juin 1960 que c’était bien fini, que notre nation était aujourd’hui dans les mains de ses fils qui allaient faire voir au monde ce que l’homme noir était capable de réaliser quand il travaille dans la liberté.
Mais, travailler dans la liberté voulait dire pour les gourmands colonialistes un gros manque à gagner, car avec Lumumba et ses peu vrais lumumbistes, aurait pris fin l’exploitation injuste de nos richesses, exploitation qui niait un profit équitable à nous propriétaires autochtones.
C’est ainsi que les coups pour abattre les visions de Patrice Lumumba furent organisés par l’Occident, qui fabriquait au même moment ses marionnettes congolaises pour servir les intérêts qui nous maintiennent dans un désordre permanent. Tous les espoirs auxquels aspirait notre peuple au lendemain de l’indépendance pour sortir de l’humiliation coloniale lui ont été confisqués.
Notre forte présence aujourd’hui en Occident est la preuve de cette confiscation. A l’époque coloniale, il n’y avait pas des Congolais-boys en Occident et être boy, jardinier, gardien, etc…au Congo-Kinshasa signifie la honte, le travail ridicule.
Mais voici que de nombreux intellectuels congolais, des cadres universitaires ou ayant une formation élevée, de valeureux ouvriers et apprentis dans divers métiers modernes, des femmes spécialisées se retrouvent dans le marché du travail le plus ridicule de l’Occident au détriment du progrès de notre nation qu’avait voulu Patrice Lumumba.
Et une fois de retour au pays ou en congé, la grande majorité d’entre nous ne veulent pas qu’on parle du travail qu’il fait en Europe.
Voilà chers compatriotes et nos vrais amis étrangers, la place que veulent pour nous les protecteurs du néocolonialisme, qui n’est plus le colonialisme belge, mais le colonialisme international ensemble à leurs marionnettes congolaises pour le vol continu de nos richesses.
Aujourd’hui, malgré notre formation intellectuelle, formation qui, à l’époque nous fut niée par nos colonisateurs, notre secteur privilégié de travail en Europe est pire que celui qui nous était réservé au Congo-Belge.
Je n’hésite pas à accepter sans honte qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de boys intellectuels congolais en Occident qu’à l’époque où nous n’avions pas reçu la même formation que les Européens.
Dès aujourd'hui, notre préparatif de cinquantenaire doit s’orienter à la conscience profonde de discours de Patrice Lumumba, pour mieux comprendre les raisons de son ignoble assassinat, car sa vision politique est immortelle pour tous les êtres humains sans distinction raciale. Elle représente la victoire.
Chers compatriotes et nos vrais amis étrangers, pour quelle raison les assassins de notre souveraineté et leurs marionnettes congolaises devraient-ils organiser avec pompe ce cinquantenaire rempli de cortège de destruction et de pauvreté de notre peuple qui est pire de l’époque coloniale elle-même.
Notre peuple doit savoir que c’est la célébration de nos peines par des voleurs néocolonialistes congolais et leurs complices étrangers. Nous devons considérer ce cinquantenaire un deuil national pour tous les patriotes tombés sur divers champs de bataille contre le néocolonialisme depuis le 30 juin 1960.
Si nous acceptons cette fête comme veulent les néocolonialistes et leurs protecteurs, ceci voudrait dire que nous maudissons notre capacité intellectuelle acquise dans la souffrance corporelle et morale dans cette prolongation du colonialisme qui dure depuis 130 ans.
Un homme digne et conscient du sort auquel est réduit notre pays et notre peuple, doit faire de la lutte pour la reconquête de notre souveraineté nationale et de notre respect humain, sa préoccupation journalière avec bravoure.
Engageons-nous avec détermination dans cette lutte contre le néocolonialisme, car la victoire totale sera glorieuse pour notre peuple.
Ayons donc le courage nous légué par Simon Kimbangu, Patrice Lumumba, Pierre Mulele et Mzee Laurent Kabila pour valoriser nos énormes capacités humaines pour l’avenir de notre pays et la prospérité de notre peuple, car nous avons un très beau riche pays où nous pourrions vivre vraiment heureux avec les autres peuples honnêtes sans distinction raciale.
Le pays est entrain de mourir à cause des manœuvres colonialistes. Les colonialistes veulent nous imposer une nouvelle forme de domination, un néocolonialisme c’est-à-dire une domination par l’intermédiaire de nos propres frères traîtres, corrompus, les réactionnaires de la bourgeoisie.Pierre Mulele, 9 juin 1963Le pays est tombé entre les mains d’une caste qui ne cherche qu’à s’enrichir d’une manière scandaleuse, rapide, révoltante, impitoyable au détriment des intérêts du peuple qui continue à mourir de faim et à être privé de ses droits les plus élémentaires.
Nous devons nous désillusionner d’attendre notre bonheur de l’extérieur. Au contraire le bonheur d’un peuple doit se fonder sur son effort intérieur.
La politique est la plus haute forme de responsabilité des hommes honnêtes, pour s’occuper d’une nation sans gâcher. Les bénéfices des richesses d’un pays appartiennent à l’ensemble de son peuple sans ségrégation sociale, et non seulement à ceux qui détiennent le pouvoir avec leurs complices étrangers en clochardisant plus de 98% de la population comme en République Démocratique du Congo, qui en réalité, est la République Démocratique de Corruption. Le premier devoir d’un homme politique est de dire la vérité à l’exemple de Papa Simon Kimbangu et Patrice Lumumba
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Commentaires
1. Le dimanche 21 février 2010 à 11:21, par Tundanonga
2. Le dimanche 21 février 2010 à 17:57, par Paul
3. Le lundi 22 février 2010 à 15:49, par Tiute
4. Le lundi 22 février 2010 à 19:04, par lola 1
5. Le mardi 23 février 2010 à 18:18, par Paul
6. Le mercredi 24 février 2010 à 15:22, par DEFER BOBA
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