Et si la Suisse ne servait plus à rien ?
Par Freddy Mulongo, lundi 22 février 2010 à 11:00 :: radio :: #724 :: rss
Paris, 16 février 2010, au Cape, Dominique Ziegler, metteur en scène, Ian Hamel, journaliste d'investigation et Jean Ziegler, un homme politique, sociologue, écrivain et polémiste suisse.
En 1996, l'affaire des fonds juifs révèle aux yeux de l'opinion publique internationale que les banques suisses ont conservé l'argent des victimes de l'Holocauste. Et que la confédération, loin d'être restée neutre pendant la Seconde Guerre mondiale, collaborait activement avec l'Allemagne nazie.
En 2001, Suwissair, la plus prestigieuse compagnie aérienne, s'effondre en une matinée. Ses appareils, cloués au sol, n'ont plus les oyens de faire le plein de Kérosène.
En 2008, c'est la chute de l'UBS, la plus grande banque helvétique, numéro un de la gestion de fortune, noyée sous des montagnes de dettes.
En 2009, le G20 condamne à mort le secret bancaire helvétique, à l'origine de la prospérité insolente de ce petit pays montagneux, sans ressources naturelles, au coeur de l'Europe. Jusqu'alors, on avait fermé les yeux sur l'hospitalité qu'il réservait aux fonds soustrait à la fiscalité des pays voisins. Cela fait beaucoup pour un Etat de moins de huit millions d'âmes...
On croyait la Suisse généreuse avec la Croix-Rouge, et pacifiste grâce à sa neutralité. On la découvre cupide et attirée par les régimes totalitaires. L'Universitéde Lausanne a remis le diplôme de Docteur Honoris causa à Benito Mussolini en 1937. Berne a aidé Adolphe Hitler, et plus tard le régime raciste d'Afrique du Sud. La politique est dominée par l'UDC, une formation d'extrême droite, coutumière des dérives raistes.
Chacun conait l'inviolable secret bancaire, la poule aux oeufs d'or, qui a permis à la Confédération d'accueillir un tiers de la fortune offshore de la planète. En revanche, on ignore souvent les autres "petits" avantages proposés par la Confédération aux heureux propriétaires d'argent propre, gris ou sale.
A commencer par l'Or. Sa détention en Suisse n'est soumise à aucune contrainte, elle est anonyme. l'importation et l'exportation du métal sont libres.
La fiscalité est quasi inexistante sur les investissements dans les métaux précieux. De quoi à faire de la Suisse l'un des grans acteurs mondiaux de ce métal précieux.
Quant aux Ports francs, ils ofrrent la particularité de ne pas se situer officiellemnt sur le territoire suisse. Des zones de non-droit, vite transformées en cavernes d'Ali Baba, avec tapis anciens, voitures de luxe, trésors archéologiques, caviar de contre-bande.
Autre spécificité: une oeuvre volée peut être reclamée pendant trente ans partout ailleurs dans le monde. En Suisse, en revanche, la prescription n'est que de cinq ans. un "détail" qui a permis à la Confédération de se hisser parmi les grands centres mondiaux du marché de l'art.
Les trafiquants d'armes n'ont pas été oubliés. Ils peuvent, sans aucune formalité, ouvrir des bureaux sur les bords du lac Léman ou de Zurich. Seule contrainte, les canons, missiles et autres munitions ne doivent pas transiter par le territoire suisse.
Quant aux escrocs et autres blanchisseurs, les commissions rogatoires internationales ne les effraient guère, la législation helvétique leur permet de déposer suffisamment de recours pour bloquer l'assistance judiciaire pendant des années. Le temps d'attendre la prescription. Enfin, les cantos inventent les "forfaits fiscaux". Les riches étrangers négocient les impôts qu'ils cnsentent à payer ( et qui n'ont en à voir avec le montant de leur fortune).
Quant aux "grands" de ce monde en délicatesse avec la justice, eux aussi devront chercher refuge ailleurs. Soudainement promue bonne élève d'un système de coopération international, à qui ou à quoi la Suisse va-t-elle donc servir? "
Le Gouvernement congolais incapable de récupérer la fortune de Mobutu Sese Seko
La République Démocratique du Congo a échoué là où le Mali avec la fortune de Moussa Traoré, Le Nigéria avec celui Abacha avaient réussis, c'est-à-dire récupérer les fonds que les dictateurs avaient déposé en Suisse. La Suisse à restituer à la famille Mobutu des fonds que l’ancien chef d’Etat avait dissimulé en Suisse. L’opération s'est effectuée le 15 décembre 2010.
Les avoirs de l’ancien chef d’Etat furent gelés le 17 mai 1997, à la suite de son décès. La fortune de l’intéressé, placée hors d’Afrique, atteignait, selon certaines sources, l’équivalent de près de 2,7 milliards d’euros. La Suisse a fait saisir 8,3 millions dans les banques du pays. Le reste du magot s’était envolé vers d’autres paradis fiscaux.
A plusieurs reprises, la Suisse est intervenue auprès du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) lui indiquant la marche à suivre pour que l’argent retrouve le chemin des caisses de l’Etat. Il suffisait de faire la preuve que les capitaux étaient bien de l’argent public. Kinshasa n’a jamais donné suite. Quant à la famille et notamment l’un des fils - Nzanga Mobutu, vice-Premier ministre dans le gouvernement Kabila, qui joue d’ailleurs un rôle politique en vue à Kinshasa - elle a tout bonnement refusé de renoncer au magot.
La fortune de Mobutu, fruit de 32 ans de pillage des avoirs de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC), suscite des remous dans l’opinion tant congolaise qu’internationale.
L’opinion congolaise est en effet divisée sur les crimes économiques de Mobutu et de ses dignitaires.
Les causes de cette division sont multiples : certains se demandent pourquoi déterrer le vieux dossier de la fortune de Mobutu, alors que de nouveaux dignitaires réalisent aussi des détournements dans l’impunité totale.
D’autres pensent que ressortir le dossier de la fortune de Mobutu risque de déstabiliser les institutions en place dans la mesure où, parmi les responsables de ces institutions, se trouvent les héritiers de Mobutu et ceux qui ont dirigé avec lui : c’est le cas des fils de Mobutu dans le gouvernement actuel et au Sénat, puisque celui-ci est dirigé par un ancien Premier ministre de Mobutu, Kengo wa Dondo, sans compter les anciens mobutistes au parlement, au gouvernement, dans la justice, dans l’armée...
Enfin, d’autres encore pensent que ce dossier ne connaîtra aucun dénouement positif dans la mesure où Mobutu et son régime avaient la bénédiction de l’Occident : tous les détournements opérés étaient connus des dirigeants occidentaux et certains ont même participé activement à ces crimes économiques.
Ce dossier risque d’affecter non seulement le clan Mobutu, mais beaucoup de personnalités importantes du monde européen, sud-africain ou marocain.
C’est pourquoi les traces de la fortune de Mobutu ont été systématiquement effacées. Bien des gouvernements ont refusé de geler les avoirs de Mobutu.
Duvalier et la Suisse
Depuis 1986, année de la chute de la dictature Duvalier en Haïti, une partie du trésor de guerre de Baby Doc (Jean-Claude Duvalier) est bloquée sur un compte en Suisse. Les autorités haïtiennes avaient, dès cette année-là, déposé une demande d’entraide judiciaire pour récupérer cet argent.
Cette demande avait abouti il y a un an pour une partie de cet argent – 4,6 millions de dollars sur 5,7 – mais, le 12 août 2009, les avocats de la famille Duvalier présentaient un recours contre cette restitution devant la justice suisse.
Pour éviter que cet argent soit rendu à la famille Duvalier, ce qui serait désastreux pour l’image de la Suisse alors que le monde se mobilise au chevet de Haïti, le gouvernement suisse a immédiatement bloqué ces fonds et a envisagé, un projet de loi qui permettrait une fois pour toutes de confisquer ces fonds pour qu’ils soient mis au service de la reconstruction.
Ce délai devrait permettre la mise en consultation d'un projet de Loi fédérale sur la confiscation d'avoirs illicites. Le Conseil fédéral avait chargé le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de finaliser ce projet, ont indiqué les services de Micheline Calmy-Rey.
Le Tribunal fédéral (TF) a stoppé la restitution des fonds Duvalier à Haïti. Il a jugé que la prescription, intervenue en février 2001, s'oppose à la remise du montant de près de cinq millions de francs gelé depuis des années dans des banques suisses.
Peu importe si la demande d'entraide se fonde sur d'autres crimes commis par le clan Duvalier, notamment les assassinats commis par les Tontons Macoutes, pour lesquels le délai de prescription est de trente ans, poursuit la haute cour.
La décision, datée du 12 janvier dernier, a été rendue le 11 février 2010, un jour avant le tremblement de terre qui a dévasté Haïti.
Après le tremblement de terre, l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, âgé aujourd'hui de 59 ans, avait affirmé vouloir faire un geste pour le peuple haïtien. "Touché", il avait évoqué l'envoi d'un montant de "cinq millions" à Port-au-Prince.
La somme évoquée correspond à l'argent bloqué dans les banques suisses et revendiqué par la fondation "Brouilly", dont l'ayant droit était Simone Ovide Duvalier, la mère de Jean-Claude Duvalier, décédée en 1997.


Commentaires
1. Le mardi 23 février 2010 à 07:53, par Kape
2. Le mardi 23 février 2010 à 11:50, par Andre
3. Le mardi 23 février 2010 à 13:11, par Fabien Gombo
4. Le mardi 23 février 2010 à 13:21, par Freddy Mulongo, Réveil-FM
5. Le mardi 23 février 2010 à 15:35, par Nekaka Edouard
6. Le vendredi 26 février 2010 à 09:57, par Lubaya
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