Konde Nzuka s'en va en guerre contre la campagne de JED pour RFI
Par Freddy Mulongo, mercredi 24 février 2010 à 20:57 :: radio :: #727 :: rss
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Il revient à la charge s'en prenant cette fois à JED et sa campagne « Libérez l’info, ouvrez RFI ». Konde Nzuka a répondu à nos questions, zappant parfois certaines d'entres elles. Sans doute par manque de temps, il faut préciser que M. Konde Nzuka a été rapidement réactif aux questionnaires que nous lui avons envoyé.
1. Réveil-FM: Pourquoi êtes-vous choqué par la campagne de JED pour la réouverture de RFI à Kinshasa et Bukavu ? N'est-ce pas le rôle d'un ong qui défend la liberté d'expression et le pluralisme médiatique de reclamer que celles-ci soient respectées dans un pays démocratique ?
1. Konde Nzuka: Je suis tout à fait contre la campagne de JED pour la restauration du signal de la RFI à Kinshasa et à Bukavu pour des raisons sécuritaires. M. Freddy Mulongo, l’histoire nous enseigne qu’après le 11 septembre 2001, les autorités américaines avaient tamisé tous les organes d’information pouvant miner à la sécurité de la grande puissance du monde : sites internet, radios, télévisions, comptes bancaires fermés, limitations des droits de mouvement de et vers les Etats-Unis, interpellation de sans papiers qui y résidaient pendant plus vingt ans.
Alors je me dis. Pour une grande puissance comme les Etats-Unis avec une démocratie consolidée, les libertés fondamentales ont été réduites à leur plus simple expression pour motif sécuritaire. Mais le Congo qui a une démocratie naissante et une paix fragile pourra-t-il supporter l’onde de l’intox des medias occidentaux ? Nous savons tous leur puissance de nuisance.
2. Réveil-FM: On ne vous a jamais entendu lorsque Modeste Mutinga, tout en assumant la fonction de président de la Haute Autorité des Médias (HAM) s'était octroyé une radio et une télévision. Ni lorsque la HAM, étouffoir des libertés, prenait des décisions liberticides conte les journalistes, les médias et les partis d'opposition... Pourquoi sortez-vous de bois contre la RFI ?
Konde Nzuka: Pour le problème Modeste Mutinga, j’ose croire que les lois du pays n’ont pas été claires en la matière : le conflit d’intérêts pouvait bien être soulevé dans l’élaboration du règlement d’ordre intérieur de la HAM. S’il y a une carence dans ce sens, on ne peut reprocher à citoyen congolais d’être propriétaire d’une radio et président de l’institution de régulation. Mais s’il a agi contre la loi, je serai la première personne qui aurait demandé son départ de l’organe.
3. Réveil-FM: Trouvez-vous normale que chaque acteur politique ait sa radio et sa télévision comme c'est le cas aujourd'hui en République Démocratique du Congo ? C'est quoi le pluralisme médiatique pour vous ?
Konde Nzuka: Ma troisième réponse découle de la deuxième : le Parlement congolais doit nécessairement et impérativement légiférer le secteur de la communication. C’est-à-dire interdire aux députés, ministres, fonctionnaires publiques de posséder une télévision, une radio… même en Occident les partis politiques ont leur moyen communicationnel huilé : journaux, télévision, radio. Vous savez que les télévisions publiques européennes sont contrôlées ou si vous voulez idéologisées selon les tendances politiques.
Le pluralisme médiatique pour moi c’est la libre entreprise qui est une voie royale pour garantir l’indépendance de l’information dans le respect de l’éthique professionnelle. Vous savez, la presse est toujours à la solde du pouvoir économique.
4. Réveil-FM: Au delà de RFI, dont vos positions sont connues, que préconisez-vous pour que le pluralisme médiatique soit effective au Congo ?
4. Konde Nzuka: Au de-là de RFI, je préconise, en République Démocratique du Congo, une presse responsable et respectueuse des lois de mon pays. Une presse indépendante, loin du pouvoir politique et économique. Pas un pluralisme de façade où une radio étrangère est mieux traitée parce qu’elle vient de dehors ou parce qu’elle finance une ONG.
M. Freddy Mulongo, je crois que la République Démocratique du Congo est l’un des rares pays en Afrique Centrale qui a fait un pas de géant vers le pluralisme médiatique mais on ne voit jamais la RFI déclenchait, en particulier Ghislaine Dupont, une guerre de croisade contre certains africains qui vont pire que la République Démocratique du Congo en matière de pluralisme.
5. Réveil-FM: Vous avez été "Porte-silence" face aux exactions que subissent les journalistes dont la majorité est devenu attaché de presse des ministres et gouverneurs pour subsister. Que faut-il faire pour que les journalistes jouent pleinnement leur rôle sans être inquietés ?
Konde Nzuka: Je ne suis jamais tu sur l’assassinat ou la détention illégale des journalistes congolais ou dans le monde. Le vrai combat de JED doit nécessairement se concentrer sur les abus du pouvoir, les dérives des régimes autoritaires en Afrique et ailleurs. Je pense que les journalistes congolais se sont battus pour avoir ce qu’ils ont toujours espéré avoir. M. Freddy Mulongo, croyez-vous que le Rwanda est mieux placé que la République Démocratique du Congo en matière de liberté de presse ? Il n’y a pas assez de choses à raconter u Rwanda ? Pourquoi Ghislaine Dupont, ne fera-t-elle pas de reportages sur le Rwanda ? J’habite en Europe et je sais comment les médias peuvent provoquer la guerre.
Le JED, porte-parole de la Radio France Internationale en Rdcongo
Le titre apparu sur radio okapi « Libérez l’info, ouvrez RFI » pour lancer une pétition soutenue par le JED, Journalistes En Danger, pour réclamer le retour du signal de radio France internationale sur le territoire congolais m’a donné un coup de froid au dos de la manière dont cette ONG privilégie la défense d’une radio qui a démontré sa partialité dans le traitement et la divulgation des informations en provenance de mon cher pays en lieu et place du leitmotiv sécuritaire.
L’idée de la création d’une instance indépendante de régulation des médias en Rdcongo remonte à 1992 lors de la conférence nationale souveraine. Sa naissance est consacrée par les négociations politiques entre Congolais, dont les assises ont eu lieu en Sun City de février à avril 2002, dans le but de mettre fin à la guerre qui sévissait depuis 1998 avec la mort, dans la partie Est de la Rdcongo, des milliers de Congolais qui ont eu tort d’accueillir, sur leur sol, des refugiés Rwandais avec le concours de la communauté internationale et du Maréchal Mobutu. La HAM a été mise en place le 23 août 2003 avec quatre autres institutions d’appui à la démocratie.
La lutte que mène le JED pour la restauration du signal de RFI en Rdcongo prouve que les fils du pays n’ont pas encore appris la leçon de la manipulation extérieure qui voudra que la Rdcongo reste dans la zone des turbulences.
La RFI, à travers son envoyée spéciale Ghislaine Dupont, veut pérenniser l’insécurité, la guerre, la mutinerie au sein de l’armée et la désinformation gratuite dans la partie Est de la république avec comme objectif, fragiliser les institutions démocratiquement acquises pour remettre toujours en question la paix difficilement obtenue pour que la partie orientale reste le ventre mou de la Rdcongo d’où doivent toujours partir toutes les rebellions depuis l’indépendance.
Le JED n’est autre que la branche armée de la RFI en Rdcongo. Comment peut-on concevoir une ONG de défense des journalistes, en danger, se permet de lancer une pétition pour, soi-disant, libérer l’information au Congo ? Cette information, est-elle une exclusivité absolue de RFI ? Ecrire ainsi donne l’impression qu’en Rdcongo il n’existe que la RFI qui atteint des foyers congolais avec des informations justes et équitables.
Comment peut-on admettre une ONG, le JED, qui voit en la libération de l’info en Rdcongo, représentée par la RFI, comme le désir immédiat du peuple congolais de retrouver les performances négatives de cette radio dans le vécu quotidien des congolais de l’Est pendant que d’autres radios communautaires, par exemple la radio okapi, ont fait preuve d’impartialité et de professionnalisme dans la diffusion des informations.
Si les autorités congolaises ont décidé de couper le signal de RFI, je crois, et je me fies des dirigeants de mon pays, c’est pour des raisons sécuritaires qu’ils l’ont fait car nous savons tous comment l’envoyée spéciale de la RFI, Gislaine Dupont, s’est acharnée contre le pouvoir en place pour de raisons administratives de la concernée. Expulsée de la Rdcongo, cette dernière a gardé une dent contre les institutions du pays.
Je pense que tout congolais qui signerait cette pétition, signerait aussi le retour à la manipulation de Gislaine Dupont, à la désinformation et à l’intoxication délibérée de la population de l’Est.
Il est tout à fait normal que l’on puisse lutter pour la liberté de la presse mais pas dans la cacophonie. Tout congolais, toute ONG congolaise de défense des droits de l’homme doit avoir confiance en son autorité. La décision intervenue en mai 2009 contre la RFI n’est qu’une conséquence de la politique déstabilisatrice de cette radio qui n’a jamais eu une forte audience dans l’hexagone mais qui a trouvé une terre fertile en Afrique où tout ce qui vient de l’Occident est bon, beau et juste.
Je disais signer cette pétition équivaudrait à l’exposition de nos compatriotes congolais de l’Est aux nouvelles tueries orchestrées à travers l’intoxication des medias dont l’envoyée spéciale Ghislaine Dupont est maitresse en la matière. Si elle faisait cette propagande déstabilisatrice en France, en particulier en Corse, on l’aurait accusée de terrorisme, de subversion…mais en Afrique, en particulier en Rdcongo, on la vénère comme une déesse.
Congolais, posez-vous la question de savoir, avant de signer la pétition, pourquoi la voix de l’Amérique ou le BBC n’ont jamais connu le même sort de coupure ? j’ose croire qu’ils (VOA et BBC) n’ont jamais donné l’impression d’être frustrés par une ordonnance d’expulsion de l’un de leurs employés car le respect des lois d’un pays est la base, je dirais l’essence, pour y exercer son travail.
Au moment où on les bafoue, on marche en marge de celles-ci, on s’expose à la rigueur de la loi. Ghislaine Dupont, venant d’un pays défenseur des droits humains et de respect des lois, devrait plutôt se normaliser avec les institutions de la République en lieu et place de réclamer son retour au Congo par le biais du JED en achetant les consciences de cette ONG congolaise. Signer cette pétition c’est cautionner l’instabilité de l’Est.
Les raisons de l’Etat doivent primer sur les intérêts égoïstes de la RFI et de ses marionnettes journalistes réunis au sein d’une organisation. Ghislaine Dupont n’a jamais été incarcérée au Congo arbitrairement, ni poursuivie pour avoir violé les lois sur l’immigration en Rdcongo. Le credo du JED, journaliste en danger, n’a rien avoir là dessus.
Avant de signer, réfléchissez pour la cause de la patrie. Les 4.000.000 de morts que nous pleurons aujourd’hui, qui sait peut-être, ont été sacrifiés avec des pareilles pétitions.
J’assume la responsabilité de mes écris pour le bien du Congo.
Par Konde Nzuka


Commentaires
1. Le mercredi 24 février 2010 à 23:03, par Jacques Lumbwele
2. Le mercredi 24 février 2010 à 23:17, par Kikika
3. Le mercredi 24 février 2010 à 23:54, par ngongo July
4. Le jeudi 25 février 2010 à 01:21, par lola 1
5. Le jeudi 25 février 2010 à 09:10, par Challenger
6. Le jeudi 25 février 2010 à 09:35, par Fisl du pays
7. Le jeudi 25 février 2010 à 09:48, par Kalayi Ngangu Prosper
8. Le jeudi 25 février 2010 à 10:20, par chrys
9. Le jeudi 25 février 2010 à 16:13, par Konde Nzuka
10. Le jeudi 25 février 2010 à 17:45, par AWULUWALA
11. Le vendredi 26 février 2010 à 00:44, par Musema Kweli
12. Le lundi 1 mars 2010 à 15:42, par Le Saint Interlocuteur.
13. Le mardi 2 mars 2010 à 10:05, par Adrien
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