Extradition d'Agathe Habyarimana: "le dossier est vide", selon Me Philippe Meilhac son avocat !
Par Freddy Mulongo, jeudi 4 mars 2010 à 12:20 :: radio :: #734 :: rss
Nicolas Sarkozy reçu par Paul Kagame le 25 février 2010 à Kigali. Cinq jours après la visite de Sarkozy au Rwanda, Agathe Habyarimana a été appréhendée...
Juvenal Habyarimana et sa femme Agathe le 14 avril 1977 à l'Elysée lors d'un voyage officiel à Paris. Les policiers connaissaient son adresse. Agathe Habyarimana n'a opposé aucune résistance. Arrêtée puis relâchée, Agathe Habyarimana est exilée depuis douze ans dans l'Essonne, la veuve de l'ancien président du Rwanda a été interpellée, mardi 2 mars 1010, à 8h du matin. Elle est accusée par Kigali d'avoir participé à la préparation du génocide qui fit, selon l'ONU, 800 000 morts, essentiellement tutsis, en 1994.
L'arrestation mardi 2 mars 2010 d'Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais assassiné en 1994, sur la demande de Kigali en vue de son extradition, s'appuie sur un dossier "vide", les accusations de génocide à son encontre n'étant pas étayées, a affirmé mercredi 03 mars 2010, Me Philippe Meilhac son avocat .
"Le dossier est vide, il n'y a rien dedans. Il n'y a pas un rapport, pas un compte-rendu, pas un témoignage, rien", a déclaré à Me Philippe Meilhac son avocat.
Brièvement interpellée mardi 2 mars 2010, Mme Habyarimana a été présentée au parquet général de la cour d'appel de Paris en vertu d'une demande d'arrestation provisoire du Rwanda en vue de son extradition.
Réclamée par Kigali pour génocide, Agathe... Le mandat d'arrêt international à son encontre vise les chefs de génocide, de complicité de génocide, d'association de malfaiteurs en vue de la commission d'un génocide et de crime contre l'humanité. Kigali doit maintenant présenter une demande formelle d'extradition.
"Quand on présente une demande de ce type-là, ou on l'étaie dès le début ou alors c'est un coup politique", juge l'avocat.
Les faits qui lui sont reprochés par Kigali s'étendent du 1er octobre 1990, date du début de l'offensive de la rébellion du FPR contre le régime Habyarimana, au 9 avril 1994, date de l'évacuation d'Agathe Habyarimana vers la France. Pour l'avocat, "on ratisse le plus large possible mais il n'y a aucun détail: où, quand, comment".
Mme Habyarimana est fréquemment présentée comme une membre éminente de l'"akazu", le premier cercle du pouvoir hutu qui a planifié et mis en oeuvre le génocide.
"On dans la même situation depuis des années, on l'affuble d'une étiquette de génocidaire et personne n'étaie rien du tout", explique Me Meilhac, déplorant la situation "ambiguë" face à l'enquête pour génocide la visant en France depuis deux ans mais dans le cadre de laquelle elle n'a jamais été entendue.
"Le rôle d'Agathe a toujours été associé à celui de son frère Protais. Or celui-ci a été acquitté par le TPIR", plaide-t-il.
Surnommé "Monsieur Z", Protais Zigiranyirazo était présenté par l'accusation du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) comme la principale figure du cercle présidentiel ayant planifié le génocide. Condamné en première instance, il a été acquitté en novembre en appel.
Procès équitable ?
La justice française a autorisé l'extradition de plusieurs Rwandais soupçonnés d'être impliqués dans le génocide vers le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, en Tanzanie, mais s'est en revanche opposé à trois reprises à des extraditions vers Kigali, jugeant que la justice rwandaise n'était pas à même de garantir un «procès équitable» et l'accès à une justice indépendante.
Agathe Habyarimana, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par le Conseil d'Etat en octobre, fait également l'objet d'une enquête à Paris à la suite d'une plainte la visant notamment pour complicité de génocide. Elle n'a pas été encore entendue par les juges d'instruction chargées du dossier.
Possibilité d’extradition au Rwanda
Le plus troublant dans cette arrestation est la couverture médiatique qui en est faite. En effet, beaucoup semblent suggérer que Mme Habyarimana devrait être extradée vers le Rwanda. Or, les crimes de génocide au Rwanda relèvent exclusivement du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui, rappelons le, n’a jamais incriminé la veuve de l’ancien président dans quoique ce soit.
De plus, jusqu’ici aucune démocratie digne de ce nom n’a consenti à expulser des individus dans un pays (le Rwanda) ou la justice n’a d’indépendante que le nom et ou les droits de l’homme n’existent pas. De même le TPIR a toujours refusé de transférer le moindre dossier ou prisonnier du fait des ces iniquités constatés malgré les demandes insistantes de Kigali.
Kigali veut s’acheter une virginité
Le général Kagamé, actuel chef de l’état rwandais, se sachant mis en cause dans l’attentat terroriste ayant couté la vie à son prédécesseur et ayant servit de déclencheur au génocide, multiplie les initiatives pour essayer de se racheter une virginité politique et masquer le rôle qu’il a joué au cours du génocide qui a emporté près d’un million de rwandais. Malgré qu’il ai déclaré il ya quelques années sur BBC Hard Talk qu’il s’en foutait de la mort de Habyarimana parce qu’il n’était pas son garde du corps, le stratège politique en lui a jugé utile de faire mener une enquête 16 ans plus tard sur cet attentat.
La commission chargé de mener cette enquête fut confiée à Jean Mutsinzi proche de Kagame et membre fondateur du FPR, le mouvement politico-militaire mis en cause dans l’attentat contre le président Habyarimana. Contrairement à "TOUTES" les enquêtes sérieuses (justice française, justice espagnole, enquêtes et rapports du TPIR) ayant été menées jusqu’ à maintenant, le rapport Mutsinzi innocente « inopinément » le régime du général Kagame et pousse le cynisme jusqu’à accuser la veuve du président de complicité dans l’assassinat de son mari.
Planification du génocide ?
Depuis sa création le tribunal pénal international n’a cessé de chercher à prouver la planification du génocide par le régime de Habyarimana mais force est de constater que, 15 ans et plus d’un milliards de dollars plus tard, toutes les pistes continuent de mener à Kagamé (tout comme l’enquête du juge espagnol Merelles ainsi que celle du juge français Bruguière).
C’est la raison pour laquelle notamment le procureur général du TPIR Carla Del Ponte avait été viré du TPIR par les américains qui lui reprochaient de s’intéresser de trop près au rôle de Kagame dans le génocide.
Depuis, le TPIR n’a pas réussi de quelque manière que ce soit à prouver la planification du génocide par le régime du président Habyarimana et l’acquittement du frère de madame HABYARIMANA par le TPIR ainsi que l’acquittement du colonel Bagasora, présenté par Kigali comme le cerveau du génocide, des crimes de génocide et d’entente en vue de commettre le génocide sont venu porter un sérieux coup à la thèse de Kigali et ont provoqué l’ire de Kagame.
En exigeant des français l’arrestation et l’extradition au Rwanda de Mme Habyarimana, Kagame veut être sur qu’elle n’ai pas droit à procès équitable (qui risquerai de la blanchir elle aussi, surtout que le TPIR ne l’a jamais mise en cause) et qu’elle soit condamné par la justice rwandaise à ses ordre pour planification du génocide.
La Répubique Démocratique du Congo ne doit pas servir de dot aux Nonces Franco-Rwandaises !
Dès son arrivée au pouvoir le général Kagame n’a cessé de servir du génocide comme fonds de commerce, malgré le rôle trouble qu’il a joué, pour couvrir et justifier tous les crimes qu’il a pu commettre contre d’autres rwandais (notamment dans le massacre de plus 500.000 refugiés hutus au Congo) ainsi que contre les congolais plus de 6 millions et ça continue.
Kagamé s’est servi de ce même génocide pour accabler la France, seule puissance à s’être interposée au moment des massacres et qui a permis de sauver des millions de rwandais que Kagamé aurait préféré éliminer.
Ce dernier l’a confirmé lors de son discours à Murambi le 6 Avril 2007 en disant : « Ce qui me fait le plus mal quand j’y pense, ce sont ces millions de gens qui ont pu fuir le pays sans que nous ayons pu les châtier ».
Parallèlement, depuis que Kagame a pris le pouvoir à Kigali et à Kinshasa par marionnette interposée, la France avait petit à petit perdu son poids et son influence dans une région qui s’avère de plus en plus stratégique pour la croissance économique des grands de ce monde.
Les autorités congolaises font beaucoup d'allégeance au "Zigouilleur de Kigali" qui en potentat dicte ses volontés aux "zombies de la République" au Congo. Ces derniers par leurs complicités avérées ont permis au Rwanda de devenir producteurs de diamants, coltans, nobiums matières premières qui ne figurent pas dans son sous-sol.
Kigali ne pèse pas, c'est la RDC qui pèse or cette dernière est porté sur le dos d'un cynique, Paul Kagamé, prêt à tout pour arriver à ses fins. Accuser la France, culpabiliser les Français, tout en continuant à piller les richesses du Congo et tuer les Congolais.
Sans armée, victime de la bande de Louis Michel placée au pouvoir en 2006 sans visions et programmes politiques, les politicailleurs ventripotents à Kinshasa ont montrés leurs limites dans la gestion des vraies priorités et préoccupations des Congolais.
Ils se préoccupent plus de postes à pouvoir alors que l'Etat congolais est entrain de virer à l'inéxistence
Le rocambolesque film qui se joue entre Paris et Kigali , pour l'extradition d'Agathe Habyarimana ne devrait laisser aucun congolais indifférent !


Commentaires
1. Le jeudi 4 mars 2010 à 13:06, par mamacongo en pleurs
2. Le jeudi 4 mars 2010 à 14:22, par Lacoste
3. Le jeudi 4 mars 2010 à 15:47, par Gneral laula Cobra
4. Le jeudi 4 mars 2010 à 20:54, par Eufropéen
5. Le vendredi 5 mars 2010 à 10:36, par Gneral laula Cobra
6. Le vendredi 5 mars 2010 à 16:55, par BOMA OMENA Henri
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