Petit pays d’Afrique Occidentale, à peine plus grand que la Suisse, issu de l’ex-colonie allemande partagée par la France et l’Angleterre, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, le Togo est dirigé, depuis 1967, par Etienne Gnassingbé Eyadéma. Cet ancien sergent-chef de l’armée coloniale française a succédé au second président de l’Etat post-colonial, Nicolas Grunitzki, qui a lui-même pris la suite de Olympio Sylvanus, assassiné en 1963.

Pendant 38 ans, Eyadéma a dirigé le Togo de façon autocratique en faisant appel au monopartisme, puis au multipartisme, arraché presque partout en Afrique dans les années 1990. La nature dictatoriale de son régime lui a valu des sanctions de la part de l’Union Européenne, pourtant assez tolérante en matière de violation des droits humains.

L’autocrate Eyadéma était en fait la partie visible d’une oligarchie sous hégémonie militaro-éthnique, incubée au sein de l’appareil d’Etat, qui avait su progressivement réinvestir ses ressources dans le secteur privé, tout en restant jalouse du contrôle de l’appareil d’Etat.

Ainsi, si le Togo s’était ouvert aux zones franches, depuis 1989, Eyadéma en avait confié la direction à l’un de ses fils, Faure Gnassingbé, chargé de la gestion du patrimoine familial et ministre de l’industrie. Ceci explique l’organisation de la succession comme dans une véritable monarchie.