Signe peu encourageant

Le point de vue israélien est clair : une loi fondamentale considère depuis 1980 Jérusalem-Est comme partie intégrante d'Israël et de sa «capitale indivisible». Les constructions y sont donc légales, et Jérusalem-Est n'est pas concernée par le gel de dix mois des nouvelles constructions décrété par Nétanyahou dans les colonies. Le reste du monde et l'ONU ne reconnaissent pas cette annexion.

Le moment de cette annonce, en pleine visite du vice-président américain, est particulièrement significatif. Que Nétanyahou ait été ou non au courant de cette annonce est en soit un signe peu encourageant. Soit le premier ministre israélien ne contrôle pas ce qui se passe à Jérusalem, pourtant l'un des points les plus sensibles du dossier israélo-palestinien, et laisse ses ministres agir à leur guise ; soit il sait ce qui se passe, mais n'hésite pas à bafouer ouvertement son puissant allié américain.

En novembre dernier, juste après que l'envoyé spécial d'Obama, George Mitchell, eut déclaré que les États-Unis s'opposaient à de nouvelles constructions dans la colonie de Gilo, à la sortie sud de Jérusalem, un plan de 900 nouveaux logements était annoncé.

«C'est toujours pour des raisons “techniques”, le moment est toujours une “coïncidence”, et le premier ministre est toujours “surpris”, ironisait mercredi Ben Caspit, l'éditorialiste du quotidien israélien Maariv, mais d'une façon ou d'une autre, ça arrive toujours.»

Mercredi, Joe Biden s'est efforcé de calmer les représentants de l'Autorité palestinienne à Ramallah, deuxième volet de sa visite. «Tout le monde doit savoir aujourd'hui qu'il n'y a pas d'alternative à la solution à deux États, qui doit faire partie intégrante de tout plan de paix global», a rappelé le vice-président américain. «La décision du gouvernement israélien de faire avancer la planification de nouveaux logements à Jérusalem-Est sape la confiance dont nous avons besoin maintenant afin de commencer et produire des négociations fructueuses…», a-t-il ajouté.

Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a salué la «condamnation» de l'Administration américaine. Mais les pourparlers indirects, arrachés après des mois d'efforts par la diplomatie américaine, partent déjà d'un mauvais pied.