La Haute Autorité des Médias (HAM) est-elle maffieuse ?
Par Freddy Mulongo, vendredi 12 mars 2010 à 16:53 :: radio :: #752 :: rss
Kinshasa, le vendredi 28 juillet 2006, la Haute Autorité des Médias (HAM), institution la plus controversée, scélérate a été saccagée, pillée et incendiée par les Congolais furieux.
Image de désolation certes, mais il est étonnant voire scandaleux de vouloir à tout prix gommer cette vérité historique si tragique et douloureuse soit-elle.
Edition 4927 du Mercredi 10 Mars 2010, du quotidien "Le Potentiel", dans un article dithyrambique de Raymonde Senga Kosi sur Mme Kyet Mayele Mutinga, concernant la journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars de chaque année, elle chute par une présentation qui laisse à désirer: "Juriste de formation, Kyet Marie Mutinga Mayele est coordonnatrice de la Fondation médicale pour le développement (FMD), une Asbl qui s’occupe de la sensibilisation et de la prévention des maladies.
Cette ONG appuie aussi la communauté rurale dans le Kasaï Occidental, notamment en micro-crédits, lutte anti-érosive ainsi qu’en agriculture et élevage.
Elle a travaillé à l’Union nationale des femmes (UNAF) comme secrétaire exécutif adjoint.
Mariée et mère de famille, elle prône l’amour du prochain et le respect dû aux autres en s’opposant farouchement au désordre et à tout ce qui rétrograde la femme".
Pourquoi Raymonde Senga Kosi a-t-elle omis volontairement de dire que Mme Kyet Mayele Ghyor qui porte aujourd'hui le nom de Mutinga s'occupait des finances à la Haute Autorité des Médias (HAM) de 2003-2007 ?
Pourquoi cette manie de cacher la vraie identité des personnes qu'on met en exergue ? De la à travestir la vérité, il n'y a qu'un pas ? A-t-elle était censurée ? Ou plutôt s'est-elle sciemment autocensurée ?
Pourquoi gommer le passage de Mme Kyet Mutinga à la Haute Autorité des Médias (HAM) ? Y-a-t-il des choses à cacher ou à se reprocher ?
De deux choses l'une:
Ou Mme Kyet Mayele Ghyor avait cachée le nom de son mari Mutinga en travaillant aux finances dans une institution de la République d' d'appui à la démocratie, mise en place par le dialogue inter-congolais de Sun -City pour réguler les médias durant la transition, la Haute Autorité des Médias (HAM) dont Modeste Mutinga était le Président ?
Ou alors Mme Kyet Mayele Ghyor porte le nom de Mutinga après leur passage à la Haute Autorité des Médias. Ce qui en claire veut dire qu'il y a eu favoritisme, clientélisme, confusionnisme, conflit d'intérêts d'un couple dans une institution étatique.
La Haute Autorité des médias (HAM) ayant été financée par le Pnud, l'Union européenne, la Francophonie, la coopération française et autres organismes internationaux, il suffirait d'un audit pour que les cadavres sortent des armoires. On peut dès lors considérer que tous les rapports moraux et financiers présentés auprès de tous les organismes financiers de la HAM étaient du bidonnage !
Ne nous leurrons jamais, ni l'Etat AMP, ni aucun organisme ne tentera cette aventure d'audit car la Haute Autorité des Médias a été instrumentalisée pour des fins politiques. Les bénéficiaires vivent aux frais de l'Etat avec ses oripeaux.
Modeste Mutinga n'est pas le seul a avoir bénéficié les largesses de la HAM à sa famille.
Sous la transition Roger Lumbala, l’un des ministres suspendus et chef de la RCD-N, s’est fait remplacer par sa femme.
Sous la pression de la communauté internationale, les anciens belligérants, de concert avec des représentants de l’opposition politique non armée et des organisations de la société civile, sont entrés dans le gouvernement transitoire qui a gouverné le pays depuis juillet 2003.
Les principaux objectifs de la transition étaient de réunifier et reconstruire le pays, instaurer la paix, créer une armée nationale intégrée et organiser des élections démocratiques. Si l’on dresse le bilan de presque trois années de transition, on ne peut que conclure qu’elle a échoué pour la plus grande partie. L’est de la RDC n’est toujours pas sous contrôle gouvernemental et est en proie à un conflit, l’intégration de l’armée est loin d’être réalisée et les structures de commande parallèles reflètent la loyauté persistante des troupes aux mouvements rebelles auxquels ils ont appartenu pendant la guerre.
Une grande partie de l’échec de la transition peut être attribuée à la mauvaise gouvernance et à la corruption de la classe politique actuelle de la République Démocratique du Congo.
Par son histoire, la République Démocratique du Congo ploie sous le fardeau d’une certaine forme de « gouvernementalité » qui est le principal obstacle à la reconstruction du pays et à la prise en main adéquate de la crise humanitaire à laquelle il est confronté.
À tous les niveaux de l’appareil de l’État, la fonction publique est considérée comme un moyen d’acquérir fortune personnelle et privilèges. Pour les fonctionnaires de rang inférieur, qui sont sous-payés ou ne sont pas payés, la petite corruption est une stratégie pour survivre.
Mais cette excuse ne vaut pas pour les pratiques corrompues des leaders du pays, qui portent une grave responsabilité.
Pendant toute la transition de 2003-2007, les leaders de la RDC ont proclamé un attachement de pure forme aux bailleurs de fonds internationaux sur la question de la mauvaise gouvernance et la corruption.
Mais dans la pratique, les principes clés de la bonne gouvernance – la participation, la responsabilité, la transparence – ont constamment été ignorés.
Dès lors, l’opinion publique congolaise considère plus les mesures contre la corruption comme un instrument pour éliminer les adversaires politiques que comme un effort authentique pour servir les intérêts de la population. L’impunité, au lieu de la responsabilité, semble être la règle.
La Haute Autorité des Médias (HAM) est-elle devenue mafieuse par la force des choses ?


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