Trois décennies de mobutisme et sept années de guerre ont plongé la République Démocratique du Congo dans une profonde crise économique, sociale, politique et humanitaire.

Sous la pression de la communauté internationale, les anciens belligérants, de concert avec des représentants de l’opposition politique non armée et des organisations de la société civile, sont entrés dans le gouvernement transitoire qui a gouverné le pays depuis juillet 2003.

Les principaux objectifs de la transition étaient de réunifier et reconstruire le pays, instaurer la paix, créer une armée nationale intégrée et organiser des élections démocratiques. Si l’on dresse le bilan de presque trois années de transition, on ne peut que conclure qu’elle a échoué pour la plus grande partie. L’est de la RDC n’est toujours pas sous contrôle gouvernemental et est en proie à un conflit, l’intégration de l’armée est loin d’être réalisée et les structures de commande parallèles reflètent la loyauté persistante des troupes aux mouvements rebelles auxquels ils ont appartenu pendant la guerre.

Une grande partie de l’échec de la transition peut être attribuée à la mauvaise gouvernance et à la corruption de la classe politique actuelle de la République Démocratique du Congo.

Par son histoire, la République Démocratique du Congo ploie sous le fardeau d’une certaine forme de « gouvernementalité » qui est le principal obstacle à la reconstruction du pays et à la prise en main adéquate de la crise humanitaire à laquelle il est confronté.

À tous les niveaux de l’appareil de l’État, la fonction publique est considérée comme un moyen d’acquérir fortune personnelle et privilèges. Pour les fonctionnaires de rang inférieur, qui sont sous-payés ou ne sont pas payés, la petite corruption est une stratégie pour survivre.

Mais cette excuse ne vaut pas pour les pratiques corrompues des leaders du pays, qui portent une grave responsabilité.

Pendant toute la transition de 2003-2007, les leaders de la RDC ont proclamé un attachement de pure forme aux bailleurs de fonds internationaux sur la question de la mauvaise gouvernance et la corruption.

Mais dans la pratique, les principes clés de la bonne gouvernance – la participation, la responsabilité, la transparence – ont constamment été ignorés.

Dès lors, l’opinion publique congolaise considère plus les mesures contre la corruption comme un instrument pour éliminer les adversaires politiques que comme un effort authentique pour servir les intérêts de la population. L’impunité, au lieu de la responsabilité, semble être la règle.

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