Dr. François-Médard Mayengo, un écrivain engagé et atypique !
Par Freddy Mulongo, mardi 16 mars 2010 à 12:55 :: radio :: #753 :: rss
Paris, 12 mars 2010, Dr. François-Médard Mayengo au Cape
Dr. François-Médard Mayengo et Martin Ziguelé, candidat aux élections présidentielles de la République centrafricaine. Martin Martin Ziguélé est un homme politique centrafricain, ancien Premier ministre de la RCA entre avril 2001 et mars 2003.
François-Médard Mayengo Kulonda , est né le 12 Août 1952, à Popo-Kabaka, dans la province de Bandundu en République Démocratique du Congo.
Après une enfance à Kinshasa, marquée par les réalités de la colonisation, il étudie à Bandundu, dans des écoles catholiques (à l’Institut Saint Jean-Bosco de Kenge, et au Collège Saint Paul de Bandundu-ville). Docteur en médecine, chirurgie et accouchement à l’Université Nationale du Zaïre, il soigne pendant plusieurs années, des paysans dans différentes provinces du Congo, avant de s’établir définitivement à Kinshasa où il exerce son métier de médecin.
Poète, peintre, critique d’Art, philosophe, et militant lumumbiste, ce témoin lucide du naufrage culturel des peuples nègres, s’interroge toujours, à la suite de Cheikh Anta Diop, de Fanon et de Césaire, comment refaire le discours négro-africain disloqué par l’esclavage, la colonisation, et le néocolonialisme. Auteur de poèmes (Mon Cœur de Saisons ; Interférences ; Toujours et Partout ; Du sang et du Feu au Congo ; Les Amarres Rompues), et d’essais (Notes sur l’art ; Cultures Nègres et Révolutions).
L'homme qui préside est l'Association des écrivains révolutionnaires, est un homme simple. Dans la préface du recueil de poèmes "Du sang et du feu au Congo", Cameroun, les Editions du Cipcre, 2009, Kä Mana écrit:
"François Médard Mayengo est sans aucun doute le poète le plus important de la République démocratique du Congo aujourd'hui. Par la vigueur de son verbe, par l'ampleur de son imagination créatrice, par l'ancrage de sa parole dans les interrogations les plus fondamentales du destin de l'être humain, par sa vision de la condition de l'Afrique dans le monde et par son regard aigu sur les drames du peuple congolais, ce poète marque d'une empreinte particulière l'espace de la littérature de notre pays et de l'Afrique. Sa poésie porte au plus haut niveau d'étincellement et de conscience ce qu'il y a de plus profondément enraciné dans les quêtes de l'Homme congolais, de l'Homme africain, de l'Homme tout court, quand l'Homme s'interroge sur ce qu'être Homme veut dire dans notre monde d'aujourd'hui.
"Les Amarres Rompues", rédigé il y a une quinzaine d'années, cet ouvrage poétique est aussi l'oeuvre de François- Médard Mayengo Kulonda. On appelle «Amarres» le câble (cordage) utilisé pour attacher un bateau, mais pour l'auteur du livre il s'agit d'un bateau qui peut constituer l'histoire de peuples négro- africains à travers les temps où ils ont vécu certains événements tout au long de leur cheminement vers d'autres continents.
C'est une oeuvre chronologique dans laquelle l'écrivain retrace les faits et les parcours misérables de l'homme noir partant de l'époque coloniale jusqu'à nos jours.
En effet, il rappelle d'abord par la traite négrière autour de la vallée du Nil où les négro-africains étaient dispersés vers les terres subsahariennes.
Par la suite, il raconte l'esclavage qui semble être le premier fait qui a traumatisé le peuple africain. Le deuxième, c'est la colonisation et le troisième c'est le néo-colonialisme que les Africains continuent à vivre jusqu'au jour d'aujourd'hui.
Un recueil pour le peuple
A la fois politique et littéraire, le livre est ponctué par toutes ces étapes de l'histoire du peuple négro-africain en général et congolais en particulier.
Docteur Mayengo dénonce les formes de domination vécues dans le passé et qui étaient très cruelles. Pour l'écrivain, par rapport aux événements actuels, les Africains vivent dans une forme de domination masquée par les puissances étrangères. Ces derniers imposent leur (ligne) régime politique et décident des orientations économiques au Congo tout comme ailleurs en Afrique, pense l'auteur des Amarres Rompues.
C'est un message d'interpellation à l'intention des dirigeants africains de lutter contre la néo-colonialisation qui n'est pas encore finie mais continue à dicter le continent.
Par ailleurs, le poète lance un cri de révolte dans lequel il invite le peuple à se prendre en charge, de résister, de ne pas se laisser malmenée par le néo-colonialisme qui continue à avoir l'emprise dans le pays.
Il exhorte les fervents lecteurs à prendre conscience de cet état d'esprit. François -Médard appelle les Congolais à savoir discerner et à faire la lecture des événements chaque fois à chaque opportunité. «La population doit adopter une attitude de vigilance chaque fois que son intérêt est menacé. Réagir à tout moment et donner une bonne orientation pour développer le pays».
73 pages, «Les Amarres Rompues » révèle certaines réalités impérialistes de colons. Le livre est composé de quatre chapitres dont « Bruire au lever du jour », «Ode à la terre », «Le fleuve» et « Hommage». Toutes ces grandes lignes reprennent le même thème qui revient sur l'oppression faite au peuple négro-africain dans le passé, le présent mais aussi dans l'avenir, s'il ne prend pas conscience de son devenir et continue à dépendre des autres.


Commentaires
1. Le jeudi 18 mars 2010 à 10:41, par herman
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