Hannibal Kadhafi refuse les compensations financières de la Suisse !
Par Freddy Mulongo, vendredi 19 mars 2010 à 14:44 :: radio :: #766 :: rss
Hannibal kadhafi, le fils cadet de Mouammar EL kadhafi le président Libyen.
Des photos du fils de Kadhafi parues dans la Tribune de Genève le 4 septembre 2009, prises lors de son arrestation à Genève en juillet 2008
Libye: Des excuses et la Suisse à plat ventre pour le fric
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Hannibal Kadhadfi veut un arbitrage international. Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a rejeté jeudi 17 mars 2010 toute indemnité financière de la part des autorités de l'Etat de Genève en dédommagement de la publication des ses photos d'identité judiciaire par la Tribune de Genève. Il réclame la mise sur pied d'un arbitrage international.
«Je ne cherche pas de compensations financières, cela ne me fera pas justice», a déclaré Hannibal Kadhafi.
Il s'exprimait après que le Tribunal de 1ère instance de Genève a été saisi jeudi de l'affaire de la publication de ses photos d'identité judiciaire par la Tribune de Genève. Sans qu'il ait tranché sur le fond. Ces clichés avaient été pris lors de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi.
Hannibal Kadhafi a attaqué solidairement l'Etat de Genève et le quotidien genevois. Le premier est considéré comme responsable des agissements de l'un de ses employés, coupable d'avoir transmis les photos au journal, le second pour avoir fait paraître ces images dans ses colonnes en septembre 2009. Il réclame réparation pour le tort moral qu'il estime avoir subi.
«Nous réclamons un arbitrage international (...) qui prouvera mon innocence», a-t-il ajouté. «Nous avons les preuves que les accusations sont montées de toutes pièces, et nous les montrerons, en temps utile, au monde entier.»
«Je n'ai peur de rien et j'ai confiance dans le fait que ma cause est juste, et c'est pour cela que je demande un arbitrage que la Suisse redoute parce que cela provoquerait un gros scandale», a-t-il dit.
L'ONG de défense des droits de l'homme Amnesty International doute que le geste des autorités genevoises suffira à apaiser la famille Kadhafi et a annoncé le lancement d'une "action urgente" pour réclamer la libération d'un homme d'affaire suisse détenu en Libye.
Une grave crise oppose Tripoli et la Suisse depuis l'arrestation en juillet 2008 dans un palace de Genève d'Hannibal Kadhafi et de son épouse après une plainte pour mauvais traitements de deux de leurs domestiques.
L'exécutif du canton de Genève "s'en remet à la gestion de cette affaire par les autorités fédérales", a indiqué le président du Conseil d'Etat de Genève François Longchamp. "Il ne fera aucun commentaire aussi longtemps que le second ressortissant suisse concerné (l'homme d'affaires Max Göldi) ne sera pas revenu dans notre pays", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse
Dans un mémoire juridique adressé au tribunal genevois saisi d'une plainte d'Hannibal Kadhafi, le canton de Genève accepte d'endosser la responsabilité de la fuite des photos prises par la police, de face et de profil du fils du leader libyen, mal rasé, hirsute et l'air hagard.
La détention pendant deux jours d'Hannibal Kadhafi et de son épouse avant leur libération sous caution a provoqué une série de mesures de représailles entre la Suisse et la Libye.
Les clichés avaient été publiés en septembre 2009 par le quotidien La Tribune de Genève, envenimant encore la rancoeur de la famille Kadhafi contre la Suisse, selon des sources diplomatiques.
Dans le mémoire adressé à la justice, l'exécutif du canton de Genève "admet sa responsabilité, au motif que les photographies de M. Hannibal Kadhafi n'auraient pas dû parvenir à la Tribune de Genève" et donne son accord au Tribunal pour fixer une "équitable indemnité" en faveur du fils du dirigeant libyen. Hannibal Kadhafi réclame 100.000 francs suisses (68.600 euros).
Les autorités de Genève demandent par ailleurs à la justice de déterminer la part des indemnités que devrait payer le journal en fonction de sa responsabilité.
En revanche, les autorités genevoises ont toujours refusé de présenter des excuses pour l'arrestation d'Hannibal Kadhafi et de son épouse en arguant de l'indépendance de la justice.
Son interpellation a provoqué un grave incident diplomatique entre la Suisse et la Libye: le fils cadet du colonel Kadhafi a dû répondre, à Genève, de mauvais traitements sur deux employés de maison. Ce n'est pas la première fois qu'Hannibal, comme il est surnommé, est à la Une de la rubrique Fait divers. Retour sur ses aventures d'enfant terrible.
Le fils du chef suprême de la Révolution libyenne jouit d'une notoriété peu reluisante après avoir été mis en cause dans différentes affaires. Il a à nouveau défrayé la chronique le 15 juillet dernier: à Genève, deux employés de maison ont déposé plainte contre Motassim Bilal Kadhafi et sa femme, les accusant de les avoir frappés.
Mis en détention, ils seront libérés après s'être acquittés d'une caution d'un demi-million de francs suisses (312.500 euros).
Protégé par l'immunité diplomatique
Médecin et lieutenant de formation à l'Académie militaire égyptienne, promis à un bel avenir, Hannibal, de son surnom, est régulièrement impliqué dans des faits de violence.
Le souvenir le plus lointain et connu remonte à août 2001. De passage à Rome, Hannibal sort ivre d'une discothèque. Il provoque une bagarre avec des policiers italiens qu'il asperge avec un extincteur. Aucune poursuite n'est engagée.
Alors âgé de 28 ans, le fils du Colonel détient en effet un passeport diplomatique, qui, en vertu de la Convention de Vienne (1961), lui confère l'immunité.
A 140 km/h sur les Champs-Élysées
En septembre 2004, le bouillonnant Hannibal fait parler de lui cette fois-ci à Paris. Amateur de grosses cylindrées, il roule aux alentours de 2 heures du matin au volant d'une Porsche noire sur les Champs-Elysées. Eméché, il fonce à 140 km/h à contresens de la circulation, selon lui pour semer des gardes du corps trop collants. Interpellé par la Brigade anticriminalité (BAC), il refuse d'obtempérer.
Les membres de son escorte arrivent sur place. S'ensuit une bagarre à l'issue de laquelle un policier a le visage tuméfié, les cervicales abîmées, une côte cassée.
Deux des gardes du corps sont arrêtés mais Hannibal est emmené à l'ambassade, d'où il rejoint Tripoli.
De retour à Paris, en février 2005, il séjourne avec sa femme enceinte de 8 mois au Grand Hôtel, près de l'Opéra Garnier. Celle-ci se plaint aux agents de sécurité de coups qu'il lui aurait porté. Lorsqu'ils viennent calmer la situation, ils confisquent à Hannibal son 9 mm.
Il n'est alors qu'un simple touriste. Les poursuites sont tout de même abandonnées.
L'ambassade libyenne et du Quai d'Orsay veillent à préserver la stabilité des relations franco-libyennes: Michel Barnier, alors ministre de l'Economie, doit rencontrer Mouammar Kadhafi, dix jours après.
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