Pédophilie: Cacher ou punir, le Vatican a choisi !
Par Freddy Mulongo, samedi 27 mars 2010 à 03:39 :: radio :: #781 :: rss
Dessin de Pismetrovic paru dans la Kleine Zeitung, Autriche.
«Ceux qui ont commis ces actes défigurent notre Église, blessent les communautés chrétiennes et étendent la suspicion sur tous les membres du clergé», ont écrit les évêques à l'issue de leur assemblée plénière de printemps qui s'est tenue cette semaine à Lourdes (Hautes Pyrénées).
Dans cette lettre de «soutien» à Benoît XVI, ils déplorent que des événements soient «utilisés dans une campagne pour s'attaquer» au pape et à sa mission.
Nouvelle affaire aux Etats-Unis
Les évêques font référence aux multiples cas de pédophilie dans l'Eglise, récents ou exhumés après des années de silence. Ainsi, dans la très catholique Irlande, six évêques ont démissionné, coupables d'avoir su et de s'être tus.
Le pape a reconnu le 20 mars la responsabilité de toute l'Église catholique dans les abus pédophiles commis par des prêtres et religieux d'Irlande et exprimé sa «honte», dans une lettre aux fidèles de ce pays.
Mais mercredi dernier, le journal New York Times a impliqué directement le souverain pontife en écrivant qu'il y a 20 ans, alors qu'il était cardinal, Joseph Ratzinger - futur Benoît XVI - avait protégé un prêtre américain pédophile accusé de violences sexuelles sur quelque 200 enfants sourds d'une école du Wisconsin (nord des Etats-Unis) entre 1950 et 1974.
L'actuel pape était dans les années 1990 directeur de la Congrégation de la foi. A ce titre, il était responsable de l'application du droit canon, toutes les affaires délictueuses remontaient jusqu'à lui et il avait le pouvoir de trouver des solutions internes à l'Église sans faire intervenir la justice des hommes. Les défenseurs du pape assurent au contraire qu'il n'a rien fait pour taire ces abus.
«Culture du secret»
Pour Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry (Essonne), le pape n'a jamais cherché à étouffer les affaires de pédophilie, encourageant au contraire le clergé à faire en sorte qu'elles ne restent pas secrètes.
Christian Terras, rédacteur en chef du magazine chrétien contestataire Golias, pense, lui, que le cardinal Ratzinger a entretenu «la culture du secret» sur ces affaires et qu'il «n'a pas aidé l'Église catholique à sortir du bourbier de la pédophilie».
L'Eglise catholique de France rétorque qu'elle n'est pas restée muette, ni inactive. Elle rappelle avoir publié en 2000 un document épiscopal sur le sujet et en 2002 une brochure intitulée «lutter contre la pédophilie» et dit rester «vigilante».
Débat sur le célibat relancé
Dans une interview ce mois-ci à La Croix, Mgr Philippe Hérouard, secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF), relevait que les cas de pédophilie auxquels l'église (française) avait eu affaire étaient «des cas individuels». Il soulignait que, du fait de la séparation de l'Église et de l'État, les institutions sont moins opaques et que l'Église a pris conscience «plus tôt que d'autres» des cas de pédophilie.
L'Église s'occupe également de prévention lors de la formation des prêtres en les invitant à s'évaluer eux-mêmes, en développant la formation psychologique et en encourageant le débat.


Commentaires
1. Le samedi 27 mars 2010 à 08:03, par MATHY
2. Le samedi 27 mars 2010 à 10:51, par Jiko
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