François Mwamba répond à Olivier Kamitatu, fervent tripatouilleur de la Constitution de Liège !
Par Freddy Mulongo, lundi 29 mars 2010 à 18:20 :: radio :: #786 :: rss
François Mwamba, Député et secrétaire Général du MLC
Cette plaidoirie de celui qui était encore il y a à peine quatre ans, président de l'Assemblée nationale, laisse pantois les Congolais et donne une indication claire de l'ampleur, de la réforme constitutionnelle que concocte l'AMP, Parti-Etat au pouvoir à Kinshasa.
Olivier Kamitatu qui sous la transition travaillait déjà pour Joseph Kabila et contre son parti, le MLC qui l'avait placé au perchoir du Parlement, en habile caméléon politique, "traverseur de rue" et vagabond idéologique, a déjà dérouté plus d'un Congolais qui croyait encore en lui.
Beau parleur, l'homme s'exprime tellement bien que plusieurs personnes ont été victimes de son jeu.
Nommé secrétaire général du MLC, Olivier Kamitatu n'avait pas un clou en rejoignant le MLC et même en arrivant à Kinshasa, il a tout suite flairé ce que sa traitrise à l'égard de Jean Pierre Bemba, du MLC et du peuple congolais allait lui rapporté: maisons, véhicules, honneurs etc. Olivier Kamitatu a vite retourné sa veste, monnayé sa traitrise et capitalisé son débauchage. Le Joséphiste de la 25è heure n'est pas à cours d'idées !
Après avoir embourbé la République Démocratique du Congo dans une voie sans issue avec la Constitution monarchique de Liège, Olivier Kamitatu remet en question l'équilibre des pouvoirs au sein de l'exécutif. Pour lui, la réforme constitutionnelle pourrait aller jusqu'à la suppression du poste de Premier ministre. Il n'expose malheureusement pas les motivations d'une telle réforme et ne s'explique pas sur sa pertinence.
Pour François Mwamba, Député, ancien ministre du Budget sous 1+4, est le secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC), dans Jeune Afrique (N°2568), précise que la Constitution de 2006 accorde des pouvoirs suffisamment étendus au Chef de l'Etat sans qu'il soit encore nécessaire de les renforcer. Il dispose du pouvoir de nommer et, le cas échéant , de révoquer le Premier ministre.
Tirant les leçons d'un passé encore récent, le législateur a voulu, avec cette Constitution, tourner la page des années de conflits et d'autocratie, quand la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme fermait la porte à toute possibilité d'alternance politique. Il a donc opté pour des institutions fortes plutôt que pour un homme fort, aussi providentiel soit-il.
L'inefficacité de la majorité actuellement au pouvoir n'est pas due à la Constitution. A sa manière, Olivier Kamitatu le reconnait, l'attribuant à des "blocages" qui seraient inhérents à toute coalition gouvernementale. Or, chacun peut vérifier que si aucun parti politique ne dispose, à lui seul, de la majorité à l'Assemblée nationale, c'est avant tout la conséquence de la règle de la proportionnelle dont le même Olivier Kamitatu avait fait don à la nation, par le biais de la loi électorale votée alors qu'il occupait ses fonctions antérieures à l'Assemblée nationale.
Mais l'immobilisme actuel a une autre raison: en 2006 la majorité a remporté la présidentielle sans avoir élaboré un projet politique. Sa seule ambition était le partage des postes ministériels, sur lequel chacun des membres de la majorité était d'accord dès le lendemain du scrutin.
Récemment encore des Congolais ont porté des armes les uns contre les autres pour qu'à jamais la dictature, quelle qu'en soit la forme disparaisse du champ politique de notre pays. Olivier Kamitatu serait bien inspiré de ne pas l'oublier, lui qui était au front à l'époque. Je gage que le chef de l'Etat, lui au moins, a la mémoire intacte pour ne pas considérer le zèle d'un ministre (Olivier kamitatu est ministre du Plan) au motif que celui-ci tient absolument à lui être agréable.


Commentaires
1. Le mardi 30 mars 2010 à 14:36, par bana kin
2. Le mardi 30 mars 2010 à 19:25, par mbok'ekufi
3. Le mercredi 31 mars 2010 à 14:56, par Octa
4. Le mercredi 31 mars 2010 à 20:27, par oser
5. Le jeudi 1 avril 2010 à 16:14, par Kam Kam
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