Hervé Bourges , l'Africain
Par Freddy Mulongo, mercredi 31 mars 2010 à 16:01 :: radio :: #788 :: rss
Paris, mardi 2010, Hervé Bourges et Freddy Mulongo salon du livre
Le public convié pour l'inauguration du 30e Salon du livre ne s'y est pas trompé ; il est venu nombreux pour découvrir les ouvrages proposés sur le stand large de près de 140 mètres carrés, sont exposés des ouvrages d'écrivains de tous les pays du Bassin du Congo, de l'Angola au Tchad en passant par le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et Sao-Tomé et Principe. La présence sur le même stand au 30ème Salon du livre de Paris des auteurs et livres du Bassin du Congo est un bel exemple de brassage entre écrivains africains de sensibilités et de générations différentes. Les écrivains ont senti le besoin de se regrouper, de se mettre ensemble, de mutualiser leur participation. Intervenant à l'une de table ronde sur les médias et le journalisme en Afrique. Hervé Bourges a également dédicacé son livre sur Léopold Sédar Senghor, lumière noire. Ami des puissants,dit-on, faiseur de rois, l'ex- patron du Conseil supérieur de l'audiovisuel, est l'un des personnages les plus courtisés de la République.
Ce mitterrandien à la carrière hors normes. Charmeur, byzantin à l'excès, presque trop habile. Dirigeant exceptionnel, talentueux, boulimique, cabotin et retors, Hervé Bourges est personnage clef de l'audiovisuel français. Il connaît chaque parcelle du paysage audiovisuel français: il y butine, depuis plus vingt ans.
Excellant dans le rôle de l'homme providentiel, Bourges a occupé pratiquement tous les postes, depuis janvier 1982: directeur général de Radio France internationale, PDG de TF 1, de la Sofirad-RMC, puis de France Télévision. Avant de se faire parachuter par François Mitterrand sur le CSA, dont il tient solidement les rênes depuis janvier 1995. En 2001 , il préside de l'UPF (Union internationale de la presse francophone) et depuis. 2009, il est président du Comité permanent de la diversité de France Télévisions.
L' ex-patron du CSA français et vieux routier de l'enseignement du journalisme à la fois en Afrique (Yaoundé) qu'en France (Lille), évoque des évolutions du métier que nous, fous du web, pressentons, mais que l'establishment de la presse en République Démocratique du Congo continue d'ignorer alors que le grand chambardement est pour très bientôt. Hervé Bourges pense que : "Les toutes prochaines années vont permettre à la presse internet de se développer considérablement sur le continent africain grâce à l'arrivée d'une nouvelle génération de terminaux - les téléphones portables connectés - qui dispenseront leurs propriétaires d'utiliser un ordinateur pour accéder à l'information sur internet. Les spécialistes du développement des réseaux estiment que les futurs internautes se connecteront à la Toile non pas par des ordinateurs, mais via des téléphones portables de troisième génération. Ces téléphones seront de plus en plus disponibles en Afrique à des prix abordables : il ne fait aucun doute que leur usage va révolutionner l'accès à l'information, mais aussi à l'expression, en commençant par les jeunes générations. Dès lors, l'Afrique fera un pas de géant et gommmera ce qui subsiste de la fracture numérique." Hervé Bourges ajoute : "Il faut faire confiance aux journalistes pour tirer le meilleur parti de ces évolutions rapides."
Le projet d'une chaîne internationale africaine ‘‘doit être concrétisé'' pour donner ‘‘une vitrine de l'audiovisuel africain'', a plaidé l'ancien président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) français, Hervé Bourges. ‘‘L'audiovisuel africain doit désormais profiter des solutions numériques pour trouver un relais de croissance dans les nouvelles technologies : mais les tuyaux n'ont de sens que si les images qu'ils acheminent sont de bonne qualité, enracinées dans les identités africaines et tournées vers la modernité''.
La Haute Autorité des Médias n' a plus d'âme !
Hervé Bourges a suivi de près, l'installation de la Haute Autorité des Médias (HAM) en République Démocratique du Congo. La HAM s'est fourvoyée avec un autoritarisme indescriptible. Il regrette que la France s'est fait avoir, à travers la coopération française, elle a soutenue une instance de régulation qui au lieu de réguler les médias en promouvant la liberté d'expression s'est transformée en prédatrice de cette liberté. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a soutenu la HAM: soutiens logistiques, formations de membres, visites à Paris etc...Le parachutage de Modeste Mutinga au Sénat, son choix pour la ventripotence au détriment de la corporation qu'il était censé défendre ne passe pas chez Herve Bourges. On sent de l'émotion dans sa voix lorsqu'il en parle. Réguler ne veut pas nécessairement castrer la liberté d'expression. Or c'est ce qui se vit en République Démocratique du Congo. Ayant assumé la présidence de la Haute Autorité des Médias, Modeste Mutinga devrait être contraint au devoir de réserve de quelques années. Or il a fait campagne tout en demeurant président de la HAM, il a démissionné la veille de son entrée au Sénat pour le compte du parti au pouvoir. Et les décisions farfelues qui continuent à émaner de cette instance de régulation surtout avec la suspension de "Le Lingala Facile" prouve à dessein que les prédateurs ont encore les mains muselleuses au Congo Kinshasa
Lucien Tshipumpu wa Tshipumpu
Au cours de notre entretien, Hervé Bourges s'est souvenu de son ami Lucien Tshimpumpu wa Tshimpumpu, qui à Paris habitait non loin du siège de l'UPF. Personnellement je garde de lui investissement dans le comité préparatoire des assises de la refondation de l'Union Nationale de la Presse Congolaise qui a eu lieu au Centre Nganda à Kintambo. Il voyait à peine mais venait tout le temps aux réunions. Lucien Tshimpumpu était malade depuis plusieurs mois et les soins exigeaient beaucoup d’argent et son transfert dans des cliniques spécialisées. Faute des moyens, il n’avait pu quitté le pays. Il avait été transféré de la Clinique Ngaliema pour les Cliniques universitaires où il a rendu l’âme le jeudi 25 août vers 20h30. Il aura marqué plusieurs événements sportifs ayant connu la participation congolaise notamment la Coupe du monde 1974 en Allemagne. Lucien Tshimpumpu a également été un des artisans de l’organisation en 1974 à Kinshasa du combat du siècle opposant les deux poids lourds américains Mohamed Ali et George Foreman.
"Et oui, la balle monte..elle monte, elle monte elle descend au pied de Tshinabu Brinch qui temporise. Il trompe son vis-à-vis et la lance au milieu du terrain. Elle est interceptée Par Pierre Kalala qui tire en direction des buts...et c’est l’égalisation. Le Zaïre vient d’être qualifié pour les quarts des finales. Tshimpumpu Wa Tsimpumpu vous a parlé depuis le stade Lomé, au Togo."


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