Crash de l'avion présidentiel polonais, qu’est-il prévu en France dans un tel cas ?
Par Freddy Mulongo, lundi 12 avril 2010 à 17:01 :: radio :: #826 :: rss

Rapatrié, le corps du président polonais défunt Lech Kaczynski, sur le tarmac de l’aéroport militaire de Varsovie.
LECH KACZYNSKI MORT LORS CRASH AVION EN RUSSIE FRANCE3 BLOGP
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Un problème technique ou une attaque terroriste ne pouvant être exclus, des mesures existent également en France afin d’éviter que l’Etat ne se retrouve sans personne à sa tête.
La première règle, non écrite, interdit au Président de prendre le même avion que son Premier ministre.
Si Nicolas Sarkozy et François Fillon ne peuvent pas voyager ensemble, le président de la République ne doit pas non plus partager un vol avec Gérard Larcher. Le président du Sénat, selon la Constitution, est en effet chargé d’assurer l’intérim au sommet de l’Etat en cas de défaillance du Président.
Le cas s’est déjà présenté en France en 1974, lorsqu’Alain Poher a exercé la fonction après le décès de Georges Pompidou.
En revanche, rien n’interdit à Nicolas Sarkozy, à l’instar de Lech Kaczynski samedi 10 avril 2010 , d’emmener avec lui d’importantes délégations lorsqu’il voyage à bord de son appareil.
Il n’est ainsi pas rare que plusieurs ministres et chefs d’entreprises l’accompagnent lors de ses visites officielles.
Le drame survenu en Russie aura en tout cas fait réfléchir certains dirigeants.
Quelques heures seulement après le crash, la Bolivie a annoncé l’acquisition pour 29 millions d’euros d’un Dassault Falcon pour les déplacements du président Evo Morales.
Il remplacera l’appareil actuel, en service depuis trente-cinq ans, et qui a montré récemment plusieurs signes de fatigue.
Comment expliquer que tant de personnalités et de responsables polonais soient morts au cours du même accident d'avion ? Contrairement à de nombreux pays, la Pologne n'a jamais fixé de règles de précaution sur les voyages groupés d'officiels.
Par précaution, et pour éviter précisément que les institutions se retrouvent décapitées par un accident ou un attentat, la plupart des grands pays occidentaux ont adopté des règles qui interdisent par exemple au président de voyager avec son Premier ministre ou vice-président ou de regrouper plus d'un certain nombre d'officiers d'état-major.
Certaines grandes entreprises multinationales ont également des règles identiques. Mais la Pologne, qui a perdu samedi dans un accident d'avion à la fois son président Lech Kaczynski et de nombreux hauts responsables politiques et militaires, n'a jamais fixé de règles semblables pour les déplacements groupés de ses dirigeants.
C'est ainsi que les chefs des quatre grands états-majors de l'armée polonaise (terre, air, mer, forces spéciales), plusieurs vice-ministres, le gouverneur de la banque centrale, ont péri dans l'accident du Tu-154 qui emmenait le président samedi à Katyn, en Russie.
Et le porte-parole du Bureau de protection du gouvernement polonais a dû reconnaître l'absence de règles spécifiques pour de tels voyages : "A chaque fois, la décision ultime sur la composition d'une délégation officielle est prise par le président ou par le Premier ministre", a-t-il ajouté.
Pas plus de règles de précaution pour l'armée
Pourtant en septembre 2008, un déplacement en commun à Bruxelles du président Kaczynski et du Premier ministre polonais Donald Tusk avait déjà suscité un débat sur la sécurité des déplacements des personnalités publiques, mais sans conclusion législative. Même les règlements militaires polonais ne prévoient pas de telles précautions. "A chaque fois, la décision est prise par le chef de l'état-major", a ainsi indiqué dimanche le porte-parole du ministère polonais de la Défense.
Or, les principaux chefs de l'armée polonaise ont, eux aussi, péri avec le président Lech Kaczynski. Parmi les 96 victimes de cet accident figurent le général Franciszek Gagor, chef d'état-major de la Pologne, pays membre de l'Otan, ainsi que les généraux Bronislaw Kwiatkowski, chef des forces opérationnelles, Tadeusz Buk, chef de l'armée de terre, Andrzej Blasik, chef des forces aériennes et Wojciech Potasinki, chef des forces spéciales, ainsi que le vice-amiral Andrzej Karweta, commandant en chef de la marine de guerre.
L'armée semble n'avoir pas tiré de conclusions fermes de l'accident d'un avion militaire EADS Casa C-295M qui s'était écrasé le 23 janvier 2008 et dans lequel avaient péri vingt militaires, dont de hauts responsables de l'armée de l'Air polonaise.
L'avion transportant le corps du président polonais Lech Kaczynski, mort dans un accident d'avion samedi en Russie, a atterri dimanche 11 avril 2010 peu après 15h00 locales (13H00 GMT) à l'aéroport militaire de Varsovie.
La famille du président défunt, notamment sa fille et son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski, ainsi que les plus hautes autorités polonaises et le président du parlement européen Jerzy Buzek étaient présents à l'aéroport où une cérémonie officielle devait se dérouler.
Ensuite, un cortège, avec la dépouille du président, devait se diriger vers le palais présidentiel, dans le centre historique de Varsovie. Une foule compacte se massait dimanche après-midi le long du trajet.
Le corps de l'épouse du président n'a pas été identifié
Par ailleurs, la présidence a annoncé que le corps de l'épouse du chef de l'Etat polonais Lech Kaczynski, morte avec lui dans l'accident de son avion samedi en Russie, n'a pas été identifié et n'a pu être rapatrié à Varsovie avec celui de son époux.
"Il n'a pas été possible d'identifier le corps de Maria Kaczynska, sinon elle aurait été rapatriée avec son époux", a déclaré le porte-parole de la présidence, Tomasz Brzezinski.
La catastrophe aérienne survenue samedi à Smolensk, dans l'ouest de la Russie, a coûté la vie à 96 personnes, dont de nombreux hauts responsables politiques et militaires polonais.
Autour du palais Koniecpolski, au cœur de Varsovie, la scène semble se reproduire à l’infini.
Depuis samedi, des milliers de Polonais, certains en larmes, sont venus allumer une bougie pour rendre hommage à Lech Kaczynski, leur Président disparu.
«L’atmosphère ressemble à celle qu’il y avait il y a cinq ans, lorsque le pape Jean-Paul II est mort», confie une jeune femme.
«Il était notre Président indépendamment de nos opinions», ajoute une autre, résumant ainsi le sentiment des Polonais face à l’ampleur du drame qui a coûté la vie à 97 personnes.
Très croyants, les Polonais se sont également rendus en masse dans les églises pour prier. Alors qu’une semaine de deuil national avait été décrétée, deux minutes de silence ont également été observées à midi.
Et les messages de soutien sont venus du monde entier. Le corps du Président rapatrié Après avoir été identifié par son frère jumeau, l’ex-Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, le corps de Lech Kaczynski a été rapatrié hier à Varsovie.
Après une cérémonie officielle organisée à l’aéroport, la dépouille du Président défunt a été transportée vers le palais présidentiel, situé dans le centre historique de la capitale. Des milliers de personnes étaient rassemblées sur le chemin du cortège funéraire.
Le cercueil a ensuite été exposé au public. Mais peu à peu l’émotion devrait céder la place aux questions sur les causes du crash aérien, survenu en Russie.
Car les zones d’ombre restent nombreuses. L’enquête a débuté.
Retrouvées dans les heures qui ont suivi le crash, les boîtes noires de l’appareil, un Tupolev-154, pourraient fournir de précieux renseignements aux enquêteurs russes et polonais.
Elles étaient analysées hier dans un laboratoire du Comité intergouvernemental d’aviation, à Moscou. Les enquêteurs russes ont exclu tout problème technique, ce qui semble accréditer l’hypothèse d’une erreur humaine.
Les pilotes polonais auraient ainsi ignoré les consignes des aiguilleurs du ciel.
En raison d’un épais brouillard, ces derniers auraient proposé à l’équipage de modifier son plan de vol pour atterrir à Minsk ou à Moscou.
Mais les pilotes auraient préféré tenter d’atterrir à quatre reprises près de Smolensk, la destination prévue, avant que l’avion ne touche des arbres, puis ne s’écrase à quelques centaines de mètres de la piste d’atterrissage.
Des élections dans deux mois Comme le veut la Constitution polonaise, c’est le président de la Diète, l’Assemblée nationale, Bronislaw Komorowski, qui assure désormais l’intérim à la tête de l’Etat, avant l’organisation d’élections anticipées.
Il dispose d’un délai de quatorze jours pour en fixer la date, «en choisissant un jour férié dans les soixante jours à compter de la date de l’annonce du scrutin».
Au départ, l’élection présidentielle était prévue en octobre prochain, Lech Kaczynski ayant pris ses fonctions en 2005.
Déboussolé, l’Etat polonais doit entamer un long travail de reconstruction.
18 juin 1949 : naissance à Varsovie, en Pologne. q1962 : devient célèbre en jouant avec son frère jumeau Jaroslaw dans un film polonais, Histoire de deux enfants qui volèrent la Lune.
Août 1980 : conseiller au comité de grève du syndicat Solidarnosc.
Juin 1989 : entre au Sénat.
Juin 2000 : intègre le gouvernement en tant que ministre de la Justice.
2002 : maire de Varsovie.
23 octobre 2005 : élu président de la République


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