Affaire Kieffer: L’avocat de Simone Gbagbo présent à Paris à la conférence de presse organisée par Reporters sans Frontières
Par Freddy Mulongo, vendredi 16 avril 2010 à 01:36 :: radio :: #834 :: rss
Paris, jeudi 15 avril 2010, dans les locaux de Reporters Sans Frontières (RSF), Canelle Kieffer, la fille du journaliste disparu, Bernard Kieffer, Maître Alexis Gublin, avocat à la Cour, Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF et modérateur et Eric Kieffer,lors de la conférence de presse.
Des panneaux d'affichage de ce type sont visibles dans les rues d'Abidjan dans le cadre de la campagne lancée jeudi 15 avril 2010 à l'occasion du 6e anniversaire de la disparition de Guy-André Kieffer.
Arrivé la veille à Paris, Me Ange Rodrigue Dadje, avocat de Simone Gbagbo, épouse du Président ivoirien Laurent Gbagbo, accusée dans le dossier d’instruction, était présent dans la salle de la conférence de presse organisée par l’association de défense des journalistes Reporter Sans Frontière (RSF), pour « démentir les fausses rumeurs qui circulent sur l’instruction du dossier ».
On se serait cru un moment dans un prétoire. En effet, Me Dadje qui a donc compris la stratégie communicationnelle n'est pas venu tout seul, mais avec son caméraman attitré. Qui filmait tout ! Après avoir damer le pion aux journalistes qui étaient venus nombreux pour s'informer, Me Ange Rodrigue Dadje qui était le premier à prendre la parole, l'a confisquée et s'est donné au jeu de "ping-pong" avec les intervenants, agaçant parfois les confères présents dans la salle. Malgré le chahut, l'homme sans se dégonfler est demeuré droit comme une une aiguille appliquant à fond sa tactique !
Nous sommes à Reporters Sans Frontières où la liberté d'expression est défendue voire sacrée, comprenant qu'il ne pouvait pas être mis dehors, Me Ange Rodrgue Dadje a continué son manège jusqu'à la fin de la conférence de presse. Heureusement quelques confrères téméraires ont pu quand même poser leurs questions.
D'après les journalistes d'AFI (Agence Africaine d'informations) présents à la conférence de presse, Me Ange Rodrigue DADJE a déclaré que « la Côte d’Ivoire contrairement à ce qui se dit par la partie civile ne fait de cette affaire, une affaire d’état. Je suis venu vous aider à ce que la vérité soit connue dans ce dossier. C’est pour cela que je me mets à votre disposition [ndlr des parties civiles à savoir la famille de Guy-André Kieffer et RSF) pour faire toue la lumière sur le dossier. »
Me Dadje a affirmé que « le juge français Patrcik Ramaël a bénéficié de dix autorisations exceptionnelles » de la part du ministère de la justice pour pouvoir mener son enquête en Côte d’Ivoire comme il le souhaite. mais la réciprocité n'a jamais été vraie, à l'égard des juges ivoiriens en séjour à Paris.
L’avocat a expliqué que le droit ivoirien n’autorise pas à un magistrat étranger de mener des enquêtes en Côte avec des officiers de la police judiciaire étrangers. « Cela a été accordé exceptionnel au juge Ramaël » a-t-il déclaré.
« La libérations de Jean-tony Oulaï lève tout blocage dans l’instruction" déclare l'avocat de la famille du journaliste disparu depuis 6 ans en Côte d'Ivoire. L’avocat de la famille de Guy-André Kieffer disparu à Abidjan le 16 avril 2004, Me Alexis Gublin a déclaré au cours de la conférence de presse que la libération prévue de Jean-Tony Oulaï, présumé avoir participé à l’enlèvement du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, lève tout blocage dans l’instruction qui dure depuis maintenant six ans.
Me Gublin a affirmé que « l’instruction qui connaissait des difficultés peut maintenant se poursuivre sans aucune restriction ni aucune limité de délai » précisant que « avec la détention de Jean-Tony Oulaï, seul détenu par la justice française, le dossier devrait être abandonné cet été pour des raisons liées à l’instruction judiciaire.
« L’instruction va pouvoir être menée maintenant jusqu’au bout » a t-il ajouté affirmant que : « il n’y a pas d’enquête qui n’aboutisse pas, il n’y a que des enquêtes qu’on arrête. »
Six ans jour pour jour après l'enlèvement du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en Côte-d'Ivoire, le 16 avril 2004, le principal suspect incarcéré en France sera remis en liberté vendredi, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires. La cour d'appel de Paris a confirmé mardi la remise en liberté de Jean-Tony Oulaï, mis en examen en janvier 2006 dans cette affaire. Brièvement placé en détention provisoire, il avait de nouveau été incarcéré en octobre 2007 pour n'avoir pas respecté les obligations de son contrôle judiciaire.
Son avocat, Me Patrick Maisonneuve, s'est félicité de cette décision. "Mon client a toujours affirmé qu'il était étranger à la disparition de Guy-André Kieffer", a-t-il déclaré jeudi à l'Associated Press. La famille de Guy-André Kieffer a rappelant qu'elle souhaitait connaître la vérité sur cette affaire et "remonter jusqu'au commanditaires", selon les mots de Bernard Kieffer, l'un des frères du journaliste disparu. "La remise en liberté de Jean-Tony Oulaï est un nouveau départ pour la procédure. Il n'y a plus aucun délai butoir lié à cette détention provisoire (NDLR: pour terminer l'enquête)", a précisé l'avocat de Bernard Kieffer, Me Alexis Gublin. "La justice française va pouvoir enquêter aussi longtemps et aussi loin qu'elle le souhaite", a souligné l'avocat avant d'estimer que les enquêteurs français n'avaient jamais été aussi proches de la vérité.
"Toute l'affaire tourne autour du palais présidentiel (NDLR: ivoirien). Vraisemblablement, Guy-André a séjourné deux jours dans une cellule du palais", a affirmé son frère Bernard. Un homme qui se présente comme un ancien major de l'armée ivoirienne, entendu en août dernier par le juge d'instruction français, affirme que le journaliste a été tué par erreur. Selon lui, il a été enlevé par un commando qui voulait seulement l'effrayer.
Me Dadje a répliqué que dans l'armée ivoirienne, il n'y a pas de grade de major, ce dernier serait un Burkinabé résidant en Côte d'Ivoire.
Jean-François Julliard s’est dit "inquiet de voir cette affaire s’enliser". Il a souligné que "davantage de volonté politique, tant du côté ivoirien que du côté français, pourrait permettre de dépasser les blocages." Après avoir salué les efforts des juges d’instruction français, Bernard Kieffer a regretté qu’aucune contre-partie ne soit réclamée par les autorités françaises en échange de l’amélioration des relations franco-ivoiriennes. "Pourquoi les autorités ont elle accepté, fin 2009, de restructurer la dette publique de la Côte d’Ivoire vis-à-vis de la France et de réduire de 90 % le service de la dette due à la France jusqu’en 2012 sans négocier en même temps la moindre contrepartie judiciaire dans l’affaire Kieffer", s’est-il interrogé. "Nous écrivons au président Sarkozy. Il ne nous répond pas", a-t-il poursuivi.
Une version contestée fermement par la famille de Guy-André Kieffer présente à la conférence de presse. Guy-André Kieffer a été vu pour la dernière fois le 16 avril 2004 dans un centre commercial d'Abidjan. Il a travaillé pour le quotidien économique français "La Tribune", de 1984 au début de l'année 2002. Installé à Abidjan depuis cette date, Guy-André Kieffer travaillait comme journaliste indépendant et collaborait à "La lettre du Continent" ainsi qu'à plusieurs journaux ivoiriens.


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