7ème péché : une armée tribale et inféodée au détriment d’une armée nationale et républicaine

Depuis les Accords politiques de Sun City de 2002 entre les mouvements politiques et politico-militaires congolais, la reconstruction d’une armée nationale, républicaine et patriotique a été constamment à l’ordre du jour. On aurait pensé que les échecs récurrents des forces armées loyalistes face aux mouvements rebelles depuis 1996 conduisent les nouvelles autorités à s’activer prioritairement pour reconstruire une vraie armée. La lecture de la carte militaire congolaise, des chaînes de commandement et des modes d’administration et de nomination au sein de l’armée démontrent cruellement qu’on est très loin de l’organisation d’une armée professionnelle, équipée, combattive et en mesure d’assurer ses nobles missions de la défense nationale. Les commandants des régions et des grandes unités militaires obéissent directement au chef de l’Etat et non à l’état-major, lui-même réduit à un rôle symbolique.

Une importante fraction de l’armée est constituée d’anciens rebelles convertis en soldats sans avoir été soumis à une formation militaire classique. Habitués à l’obéissance à un chef et non à un idéal, ces derniers n’ont pas été éduqués à l’éthique, au devoir et aux obligations d’un militaire vis-à-vis de la nation, des autorités et surtout des populations civiles. L’équipement et les dotations de l’armée et les déploiements des troupes sur terrain sont souvent décidés de manière opaque et arbitraire en se fondant sur des critères inadéquats.

Malgré la coopération militaire avec la Belgique, la France, l’Israël et les Etats-Unis qui a facilité la formation des bataillons militaires ou policiers intégrés, l’absence de toute volonté politique au sommet à mettre tous les moyens nécessaires pour la reconstruction d’une vraie armée expose le pays à un risque de déstabilisation permanent. Le mixage des anciennes forces devant constituer l’ossature des futures vraies Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) n’est pas achevée. Le gouvernement se défausse sans cesse sur les forces du Mission des Nations unies (Monuc) lorsque l’armée n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des populations civiles. Pourtant, la protection des populations civiles et de leurs biens relève de la souveraineté nationale.

Tous les péchés ci-haut énumérés ont relégué les préoccupations sociales de la population au dernier rang des soucis des dirigeants congolais. En dépit de quelques chantiers ouverts, toutes les couches sociales (enseignants, fonctionnaires publics, magistrats, étudiants, médecins,…) sont frappées de plein fouet par des crises multiformes et les grognes montent à travers le pays. Les autorités congolaises sont tentées par d’autres péchés capitaux : tripatouillage de la Constitution (prolongement de mandat présidentiel, suppression de nombre des mandats présidentiels,…), privatisation sauvage des entreprises publiques, report des élections locales,…