Le décès de Bibi Ngota est un autre crime du régime Paul Biya !
Par Freddy Mulongo, dimanche 9 mai 2010 à 23:31 :: radio :: #884 :: rss
Le président Pau Biya, au pouvoir depuis 1982, a ordonné l’ouverture d’une enquête. Mais avant même qu’elle ne soit bouclée, le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, a déclaré, ajoutant à l’indignation générale, que le journaliste avait succombé à des « infections opportunistes » liées au virus du sida. Deux jours après, l’épouse du défunt a affirmé qu’il n’était pas séropositif.
En toile de fond de cette polémique nauséabonde, il y a évidemment l’affaire, extrêmement trouble, elle aussi, qui a conduit Bibi Ngota et ses collègues en prison. Accusés de faux et usage de faux, les trois journalistes, travaillant pour de petites publications quasi inconnues, auraient tenté de mettre en cause le secrétaire général de la présidence dans une affaire de détournement de fonds publics.
Laurent Esso est désormais sous le feu des critiques, certains l’accusant d’avoir abusé de sa position de pouvoir pour jeter les journalistes en prison, d’autres demandant une enquête pour savoir s’il y a eu effectivement détournement de fonds. Pendant ce temps, ses adversaires au sein du régime, en proie à de dures batailles de clans, se frottent les mains.
Si elle laisse à voir un Cameroun bien mal en point, régi par l’opacité, la corruption, la manipulation et l’incompétence, la mort de Bibi Ngota a aussi réveillé les syndicats nationaux de journalistes. Ces derniers n’avaient pas réagi lors de l’incarcération de leurs trois confrères, mais ont appelé, lundi, à une manifestation devant les bureaux du premier ministre, à Yaoundé. Elle n’a réuni que deux cent à trois cent personnes, dispersées par la police à coups de matraque.
Bibi Ngota a été inhumé le samedi 08 mai 2010 à Mengallé. Anecdotes signalées, c’est que le corps du défunt n’a pu entrer dans le cercueil préparé par sa famille. Il a fallu dépouiller la sépulture de tous ses atours pour que finalement Bibi Ngota y rentre alors même que l’alternative de l’achat d’un autre cercueil était fortement envisagée.
De nombreuses personnes présentes à la cérémonie ont attribué à ce dernier incident, une dose de superstition. Elles voyaient toutes émues en ces heurts, « le courroux du cadavre qui est remonté à cause de tout ce qui s’est dit autour de sa mort ».
Les tenants de cette thèse disent s’appuyer sur la tradition Beti, l’ethnie du défunt. Une émotion quelque peu jugulée par la pluie qui s’est abattue sur Yaoundé. La famille du disparu a assimilé l’averse à une bénédiction divine en signe de ce que le journaliste est lavé de tous les soupçons de filouterie qui pèsent sur lui.


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