Madagascar : TGV vers le bout du tunnel !
Par Freddy Mulongo, vendredi 14 mai 2010 à 10:21 :: radio :: #894 :: rss
Andry Rajoelina , président de la HAT
Si fait que, ces derniers temps, le clash a failli être atteint avec la menace de l’armée (qui a d’ailleurs été pour beaucoup dans l’accession au pouvoir de l’actuel homme fort du pays). Ce n’est donc pas étonnant qu’au dernier remaniement, qui a eu lieu le vendredi 7 mai 2010, sur les trente membres du gouvernement, dix-huit étaient en treillis. Alors, face à cette nouvelle configuration, l’on comprenait bien l’inquiétude des observateurs politiques sur l’avenir de la Grande Ile.
L’horizon de ce pays était d’autant plus chargé de nuages menaçants que les pourparlers entamés à Pretoria et qui ont pris fin vendredi 30 avril 2010 à minuit ont lamentablement échoué. L’homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, le président évincé Marc Ravalomanana, et les deux anciens chefs d’Etat, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, se sont quittés sans parvenir à un accord de sortie de crise. Une nouvelle rencontre intermalgache était d’ailleurs prévue 15 jours après à Pretoria.
Et patatras, le président de la Haute Autorité de transition, ancien animateur de boîte de nuit qu’il est, s’est mis à entonner un nouvel air, laissant pantois plus d’un, à commencer par les autres protagonistes : dans une allocution mercredi soir à la télévision nationale, il a proposé un calendrier de transition à l’issue duquel des élections seront organisées. Foi d’Andry Rajoelina, la présidentielle malgache aura lieu le 26 novembre prochain. Mieux, il promet de ne pas s’y présenter, encore moins les anciens dirigeants, qui ont mené le pays à la banqueroute (c’est sa formule).
Avouons que c’est tout de même une chanson que l’on attendait depuis longtemps. Elle est la bien- venue, puisque conçue par celui qui s’accrochait vaille que vaille à un fauteuil qu’il estime avoir acquis par la volonté populaire. C’est une des rares bonnes résolutions que vient de prendre le tombeur de Marc Ravalomanana. C’est bien, cette sagesse subite, qui survient chez lui dès ses 36 ans.
« Ce n’est pas moi … ni vous », semble avoir décidé Andry Rajoelina, faisant par cette sortie un clin d’œil sévère à ses rivaux de tous les jours que sont Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et, dans une moindre mesure, un certain Albert Zafy, président malgache de 1993 à 1996. Si la décision est respectée, il y a de fortes chances qu’émergent de nouvelles têtes. Bien sûr, l’on ne peut absoudre ces potentiels nouveaux acteurs politiques de tous les pêchés présents ou futurs, mais ne dit-on pas que du changement provient l’espoir ?


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