Nice, le 25e sommet Afrique-France risque d'être éclipsé par l'assaut meurtrier de l'armée israélienne au large de Gaza !
Par Freddy Mulongo, lundi 31 mai 2010 à 17:35 :: radio :: #919 :: rss

Le président Nicolas Sarkozy, en compagnie de Christian Estrosi, accueille le président sud-africain Jacob Zuma lors du Sommet Afrique-France de Nice.
24 heures chrono, mais point de Jack Bauer. Et pas davantage de Jacques Chirac. Lequel délivra voilà trois ans son testament continental à quelques lieues d'ici, lors de l'édition précédente, accueillie à Cannes. Ce Sommet 2010 sera donc le premier du genre pour Nicolas Sarkozy.
Moderniser, rénover, normaliser... La terminologie en vigueur à l'Elysée puise comme il se doit dans le lexique de la modernité et du pragmatisme. Dans la Baie des Anges, il sera beaucoup question du business: 200 chefs d'entreprises africains et 80 patrons hexagonaux ont fait le voyage. En marge du cérémonial, ils seront invités à phosphorer dans l'un des cinq ateliers présidés chacun par un ministre du gouvernement Fillon.
Présenté comme une innovation majeure, l'ouverture aux "sociétés civiles" paraît à demi réussie: seront représentées maintes sociétés, mais guère de civils du tissu associatif. Quant aux chefs d'Etat et de gouvernement, ils plancheront sur "la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale", "la paix et la sécurité" ou les enjeux climatiques. Nul doute que l'assaut meurtrier mené au large de Gaza par l'armée israélienne sur une flottille pro-palestinienne - une quinzaine de tués - éclipsera le rendez-vous azuréen. Le hiatus aurait été plus spectaculaire encore si le Sommet s'était tenu comme prévu initialement à Charm-el-Cheikh, station balnéaire du Sinaï égyptien...
En outre, et en vertu d'une tradition tenace, le casting de cette grand-messe aura alimenté l'essentiel des exégèses. Au jeu du "viendra-viendra pas", on peut souligner les absences de l'Ivoirien Laurent Gbagbo, du Congolais Joseph Kabila, de l'Ougandais Yoweri Museveni, du souverain marocain Mohammed VI, mais aussi celle de John Atta-Mills (Ghana). Mais on peut préférer insister sur la présence du Rwandais Paul Kagamé, lequel a longtemps tenu ce type de raout pour un anachronisme colonial.


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