Afrique-France: mini-sommet Grands Lacs réduit à une réunion ministérielle
Par Freddy Mulongo, lundi 31 mai 2010 à 21:45 :: radio :: #923 :: rss

Le président rwandais Paul Kagamé (droite) avec le président Nicolas Sarkozy, le 25 février 2010 à Kigali.
Un mini-sommet entre pays des Grands Lacs africains, qui devait se tenir mardi matin à l'occasion du Sommet Afrique-France à Nice, sera réduit à une réunion ministérielle, faute de participants, a-t-on appris vendredi auprès de l'Elysée.
Parmi les chefs d'Etat des pays des Grands Lacs République démocratique du Congo (RDC), Rwanda, Ouganda et Burundi , seul le Rwandais Paul Kagame a confirmé sa présence à Nice.
L’absence des chefs d’État des Grands Lacs, à l’exception du Rwandais Paul Kagame, enterre le projet de « mini-sommet » entre présidents de cette région, porté depuis plusieurs mois par Paris.
Le président burundais Pierre Nkurunziza est retenu dans son pays par une série d'élections et l'Ougandais Yoweri Museveni est à partir de lundi l'hôte d'une conférence destinée à réviser le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale.
"Ce qui est problématique, a-t-on indiqué à la présidence française, c'est l'absence de Joseph Kabila (président de la RDC)", qui "a fait savoir qu'il ne venait pas" assez tardivement.
"Il est difficile d'envisager une réunion au niveau des chefs d'Etat en présence d'un seul d'entre eux. La réunion se tiendra quand même, au niveau ministériel", a-t-on précisé.
Les raisons de l'absence de Joseph Kabila qui brille par l´absenteisme dans des sommets internationaux, qui sort très peu de la RDC et qui est souvent a sa ferme de Kingakati, les raisons de sa brillantisime absence assourdissante n'ont pas été précisées.
L'absence de Joseph Kabila met la France en difficulté pour ce sommet. Paris aurait souhaité pouvoir réunir autour d’une même table les dirigeants des pays des Grands Lacs (Burundi, Ouganda, RDC et Rwanda) et renforcer ainsi son influence dans la région... une occasion ratée pour Nicolas Sarkozy.
Cette réunion a pour objectif de favoriser des projets transfrontaliers, comme la construction de barrages, de centrales hydro-électriques ou l'exploitation commune de gaz dans le lac Kivu.
Plusieurs ONG, dont Oxfam, Cosi ou le Secours catholique, ont estimé vendredi 28 mai 2010 que l'approche économique prônée par Paris "ne suffirait pas pour construire la paix dans la région" des Grands Lacs.
Rappelant que les conflits dans la région sont liés au pillage des ressources naturelles, elles appellent Paris à pousser les Etats concernés à "sanctionner leurs ressortissants et opérateurs économiques" impliqués dans les trafics et plaident pour une meilleure traçabilité des minerais à travers des "mécanismes de certification".
Au total, 38 chefs d'Etat et de gouvernement assistent au sommet Afrique-France des 31 mai et 1er juin, qui est notamment axé sur les questions économiques avec des rencontres entre entreprises françaises et africaines.
La rencontre, qui se veut celle de la "rénovation" du lien franco-africain, est co-présidée par le président français Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, qui accueillera le prochain sommet en 2013.


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