Berlin, Sarkozy-Merkel : une entente de rigueur
Par Freddy Mulongo, mardi 15 juin 2010 à 17:39 :: radio :: #935 :: rss

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Photo-Archive
Une semaine après un premier rendez-vous manqué, le couple francoallemand a ainsi voulu accorder ses violons avant le Conseil européen d’après-demain, crucial pour la stabilité de la monnaie unique.
Malgré les rumeurs, France et Allemagne travaillent «main dans la main».
Le couple franco-allemand bat de l’aile, mais il est encore temps de sauver les meubles. L’annulation de dernière minute, lundi dernier, d’un rendez-vous entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avait mis en évidence les tensions entre Paris et Berlin. La réunion a finalement eu lieu lundi 14 juin 2010, offrant une belle occasion de rattraper le coup.
Oubliées, les différences sur les réponses à apporter à la crise grecque, les deux chefs d’Etat se sont concentrés lundi à Berlin sur ce qui les unit. “Plus que jamais, l'Allemagne et la France sont décidées à parler d'une même voix”, a assuré Nicolas Sarkozy, en amorce d’une conférence de presse. Le président français semble toutefois avoir fait plus de compromis que la chancelière allemande. Ils ont ainsi défendu la création d'un “gouvernement économique des 27” pays membres de l'Union européenne.
Mais sans créer de nouvelles institutions, comme le souhaitait Berlin, alors que la France défendait jusqu’alors l'instauration d'un secrétariat permanent, afin de coordonner les politiques budgétaires.
Un pragmatisme tout germanique a également dominé leur désir de lutter contre les déficits des membres de l’UE. Le président français a ainsi rejoint Angela Merkel en proposant une suspension des droits de vote pour les pays de l'UE laxistes en matière budgétaire. Reste à voir si cette union de circonstance tiendra jusqu’au sommet du G20, les 26 et 27 juin, à Toronto.
Désaccords
Car en coulisses, les tensions entre les deux dirigeants alimentaient ces derniers temps les commentaires sur les «froideurs et malentendus» entre eux, selon le quotidien allemand Die Welt.
Il y eut, par exemple, les tergiversations allemandes pour porter secours à la Grèce, ou les rumeurs de pressions exercées par la France pour mettre en place un plan de secours européen.
Mais, au-delà, ce sont bien deux visions de l’économie européenne qui s’opposent : le culte de la rigueur budgétaire pour l’Allemagne, la tradition d’interventionnisme de l’Etat pour la France.
Pragmatisme Renforcer le pacte de stabilité européen, suspendre les droits de vote pour les pays de l’Union laxistes en matière budgétaire, taxer les transactions financières ou bancaires : autant de positions communes qu’ont en tout cas annoncées hier Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
En matière de gouvernance économique de la zone euro, Paris évoquait jusque-là la création d’un secrétariat des seize pays membres, alors que Berlin préférait continuer à agir au niveau de l’ensemble des vingt-sept Etats de l’UE.
Hier, les deux ont finalement appelé à un «gouvernement économique fort» dans l’Europe des Vingt-Sept, tout en prévoyant des réunions «pragmatiques».
En Allemagne. Suppression de certaines allocations, de 15 000 emplois dans la fonction publique, taxe sur les billets d’avion… Berlin veut économiser plus de 80 milliards d’euros jusqu’en 2014.
En France. L’Etat veut économiser 45 milliards d’euros d’ici à 2013, en réduisant les dépenses publiques (gel des dépenses de l’Etat pour trois ans, etc.) et en récupérant 5 milliards d’euros sur les niches fiscales. Il compte par ailleurs réaliser environ 50 milliards d’euros de recettes diverses. entre les seize membres de la zone euro, sans créer de nouvelles institutions. Une affaire de compromis.


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