Cabinda: Henriques Tiago Nzita, leader historique du FLEC fait une purge dans ses rangs à cause du débauchage du gouvernement angolais !
Par Freddy Mulongo, vendredi 9 juillet 2010 à 11:42 :: radio :: #955 :: rss

Henrique Tiago Nzita, le président historique du Flec
Né le 14 juillet 1927 à Dinge (Centre du Cabinda), il a grandi à Kinshasa en République Démocratique du Congo, où il a effectué ses études primaires et secondaires. Durant douze ans, il a été au maquis et c'est depuis 45 ans qu'Henrique Tiago Nzita mène un combat politique pour l’indépendance du Cabinda et il est en contact permanent avec sa base et ses réseaux.
Fondé en 1963, Le FLEC est, à l’origine composé du MLEC (Mouvement Libération de l’Enclave de Cabinda, dirigé par Luis Ranque Franque), de l’ALLIAMA (Alliance de Mayombé, dirigé par Antonio Sozino),et du CAUNC (Comité d’action de l’Union Nationale Cabindaise, dirigé par Henrique Tiago Nzita). En 1963, ces trois mouvements s’unissent lors d’un Congrès à Pointe-Noire du 2 au 4 août 1963 et le FLEC naît. Le premier bureau a été ouvert à Kinshasa (ex-Zaïre), puis plus tard, en 1973 à Tchiowa, la capitale du Cabinda. Entre temps, en 1970, il est mis en prison à Luanda, au centre de prisonniers politiques. Lors du coup d’ état au Portugal en 1974, il est libéré ( début de la révolution des œillets, renversement des régimes dictatoriaux d’Antonio de Oliveira Salazar et de Marcelo Caetano). A cette période ont eu lieu les accords d’Alvor, dont le but est de regrouper les différents mouvements angolais (MPLA, FNLA et UNITA) mais qui aboutissent à un début de guerre civile en Angola. En 1975, lors de l’indépendance de l’Angola, les coalitions Angolaise (MPLA), Russe et Cubaine envahissent le Cabinda. Les Russes et les Cubains utilisent Pointe-Noire dans la région de Kouilou et Dolisie de Niari (Loubomo) comme base aérienne et militaire pour attaquer le Cabinda et le Portugal abandonne le Cabinda. Il se réfugie au Congo-Kinshasa et commence à y former l’armée cabindaise, avec le soutien de Mobutu Sese Seko Kuku Gbuendo Wazabanga alors président du Zaïre, ainsi que l’aide d’autres amis et puissances étrangères. La misère actuelle du Cabinda clame -t-il provient du Portugal, qui passe des accords militaires avec le gouvernement angolais. Et le gouvernement angolais est appuyé par la communauté internationale, qui profite du pétrole cabindais ! Le peuple cabindais est fatigué, car le Cabinda est le premier Etat noir, occupé par un Etat noir, aussi pauvre que l’Angola !
1. Réveil-FM: Monsieur Henrique Tiago Nzita, on apprend que vos proches collaborateurs viennent d'être débauchés par Edouardo Dos Santos et le gouvernement angolais, quel est votre état d'esprit ?
Henrique Tiago Nzita: Rien ne se cache sous les soleil. Mes collaborateurs ont quittés Kinshasa et Pointe-Noire, ils sont allés à Luanda sans aucune consultation préalable avec d'autres membres du Flec et sans m'avoir informé d'avance, rencontrer Edouardo Dos Santos, le président Angolais arguant que j'étais très malade et qu'il fallait qu'ils viennent de toute urgence en France pour me rendre visite. Contre espèces sonnantes et trébuchantes le gouvernement angolais les a corrompu: les achetant des billets d'avions, les obtenant de visa Schengen et leur donnant beaucoup d'argent pour venir en Europe. Avec l'argent du gouvernement angolais, ils ont cru qu'ils pouvaient acheter la conscience de plus d'un y compris les gens qui me sont proches. Moi je lutte pour la libération du Cabinda contre l'occupation, je lutte avec mes convictions et je n'ai pas besoin d'un enrichissement personnel au détriment de notre peuple qui vit dans la misère alors que notre contrée est très riche. Dis-je donc, au mois de mai 2010, 4 collaborateurs venus de Luanda sont arrivés en France, ignorants que j'étais au courant de leur manigance, ils sont venus me convaincre de rentrer à Luanda discuter avec Edouardo Dos Santos. Il s'agit de : Alexandre Tati Builou, vice -président; Moises Carlos, chef de la sécurité nationale, Veras Luemba Luis, chargé des missions à la présidence et Estanislau Boma, chef d'Etat major. J'étais tellement interloqué par leurs propositions puisqu'eux ne savaient pas que j'étais au courant de leur manigance et leur passage à Luanda. Et que c'est Luanda qui avait tout prix en charge pour leurs séjours en France. Je suis le président historique du Flec, ils ne m'ont même pas mis au courant de leur désir et volonté de venir me voir. Je ne suis pas alité. Avec Luanda, notre proposition est claire: il faut nous mettre autour d'une table pour un vrai dialogue angolo-cabindais. D'ailleurs, nous sommes allés beaucoup plus loin, compte tenu de notre passé commun de créer la Confédération de l'Etat du Cabinda. Nous avons toujours revendiqué l’indépendance totale du Cabinda, sans condition. Que les choses soient claires, nous ne réclamons pas l’autonomie. Depuis quand sommes nous une colonie angolaise? C’est à nous de choisir notre statut ! De 1482 à 1885, le Cabinda se gérait de façon autonome, par le biais de chefs traditionnels. Plus tard, en 1885, les chefs traditionnels cabindais et le gouvernement portugais concluent un accord qui donna au Cabinda le statut de protectorat portugais. Qu’est ce qui empêche que le Cabinda soit un protectorat Portugais ? Mais surtout, quelle est la décision de la communauté européenne vis à vis du Cabinda? Cette dernière n’intervient pas ! L’esclavagisme continue !
J’ai écrit plusieurs fois au président angolais Eduardo Dos Santos, sans réponse de sa part et je l’ai même rencontré à Paris, il y a quelques années. Je n’ai pas de contact avec l’armée, en revanche, j’ai eu des contacts réguliers avec l’UNITA pendant mes douze années de maquis, notamment à l’époque Jonas Savimbi, chef de l’UNITA qui avait participé à former certains militaires des FLEC. En 1996, une grande réunion s’est tenue, à Libreville pour le choix du chef du FLEC lors de laquelle, mon mandat à la tête du FLEC a de nouveau été renouvelé .Il y a pourtant de nombreux jeunes de talent, avec qui je collabore régulièrement. Le jour où le FLEC le décidera, je céderai ma place, car mon âge est avancé.
Par ailleurs, il faudrait organiser une rencontre ou une réunion intercabindaise regroupant les différents membres des mouvements d’origine Cabindaise (MPLA-FNLA-UNITA-FLEC) et les intellectuels cabindais. Cette table ronde se tiendrait dans un pays prédéterminé depuis lequel nous poursuivrions la lutte. Un référendum organisé sur place, au Cabinda, permettrait également à la population de se prononcer.
Actuellement la population souffre, la souveraineté doit revenir au Cabinda. Eduardo Dos Santos, le président angolais n’a jamais tenu ses promesses envers le Cabinda, il permet délibérément les exactions sur la population cabindaise.
2. Réveil-FM: A votre avis y a -t-il un ou des pièges dans ce rapprochement entre vos collaborateurs et le gouvernement de Luanda ?
Henriques Tiago Nzita: D'abord les 4 collaborateurs traites qui se sont rapprochés du gouvernement angolais espérant des postes de Dos Santos qu'ils sachent qu'ils viennent de vendre leur liberté pour les lentilles. Car le gouvernement angolais voudrait profiter de leur présence à Luanda pour instrumentaliser les organismes internationaux que Cabinda est bien angolaise, il n'ya pas de problème d'occupation et d'exploitation illégale des richesses du Cabinda et par ricochet de mener la vie dure à tous nos compatriotes en exil qui ont fui les exactions que l'armée angolaise commet sur notre sol. On ne peut réduire la situation d'exil forcé de Cabindais à un exil économique, cela serait une aberration. Alors que je suis dans l'attente d'un rapport circonstancié de la part de mes ex-4 collaborateurs tel que convenu lors de notre rencontre en France. Une fois à Luanda, les renégats collabos-traites n'ont rien trouvé de mieux d'écrire un communiqué m'excluant du Flec alors que c'est moi qui les aient placés là où ils sont aujourd'hui. En attendant une rencontre de tous les responsables du Flec à travers le monde, en tant que président historique du Flec je viens de les révoquer de leurs fonctions pour hautes trahisons.
Je ne voudrais pas revenir ici sur tous les pièges que le gouvernement angolais tend aux Cabindais dans notre marche vers la libération. Le cas de la CAN en est un exemple, l'Angola a tendu un piège aux cabindais pour mieux les diaboliser aux yeux du monde. Mais la terre entière doit savoir que les Cabindais ne sont pas violent et n'usent ni n'abusent de la violence pour faire entendre leurs causes légitimes. Les cabindais condamnent tous les actes de guerre sur l’étendue du territoire cabindais. Le désarmement des fractions militaires est souhaitable, une force d’interposition Onusienne est souhaité à l’image de ce qui s’est fait au Kosovo. Aussi, je vous conseille de lire la déclaration des Nation unis du 14 sept 2004 qui dit: " Au-delà de la reconnaissance des droits culturels des peuples autochtones, la Déclaration affirme plus particulièrement leur droit à l’autodétermination. Le texte déclare que les peuples autochtones ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes" c'est ce que nous réclamons au pouvoir d'occupation angolais.
La résolution 1542 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée le 15 décembre 1960 relative à la décolonisation a retenu l’Angola et le du Cabinda, comme entité distincts. En 1964, après une réunion au Caire, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a publié une liste de pays à décoloniser mentionnant distinctement l’Angola (cas n° 35) et le Cabinda (cas n° 39) et, les dates prévus: Cabinda 01- 08-1975, Angola: 11-11-1975. Relisez les textes si vous pouvez…




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