Harvey Gillman, poète de Dieu !
Par Freddy Mulongo, dimanche 18 juillet 2010 à 20:03 :: radio :: #980 :: rss
Strasbourg, Harvey Gillman et Freddy Mulongo. Photo Deborah Williams
Auteur de plusieurs ouvrages sur le Quakerisme en anglais, la France et la culture française ont joué un rôle très important dans sa vie. Nous publions une partie de son texte sur le discernement, avec l'aide bienveillant de Denis Tomlin.
"C'est en étudiant Les Lettres sur les Anglais de Voltaire qu'il a commencé à connaître les Quakers, et en lisant la littérature française et italienne, et plus tard allemande et espagnole qu'il a découvert dit-il une espèce de communion de saints, une fédération universelle d'explorateurs. Voyageur dans la foi, explorateur, le "Discernement" a toujours présenté un défi pour sa propre foi: "J'essaie de comprendre ce que c'est d'être un être humain, sur cette terre à cette époque de l'histoire humaine.
Quand j'étais jeune, j'étais influencé par les existentialistes francais; et quelques-unes de leurs vieilles questions me hantent toujours. Comment vivons-nous une vie de bonne foi ? Comment vivons-nous authentiquement dans des communautés de diversités, ou quelquefois il y a peu de choses sur lesquelles les gens peuvent s'accorder ? Comment continuons-nous à vivre dans la société où nous sommes citoyens? Sur cette planète tant menacée qui est notre matrie ? Comment, devant et face à la mort, pouvons-nous dire que nous vivons réellement ? Aussi " vivre réellement, qu'est-ce que cela veut dire vraiment ? Quand Jésus parlait de vivre une vie d'abondance, qu'est-ce que cela voulait dire, et qu'est-ce que nous voulons dire quand nous nous servons de ses mots ?
Le "discernement" n'est pas une abstraction, mais quelque chose qui decoule d'un engagement profond avec le chemin spirituel, lequel aussi est un chemin humain."
"Moi, je tends a concevoir le divin comme "l'au-dela qui est dedans" - comme La Présence entre nous. Je ne considère pas Dieu comme une personne, quoique puisque je suis une personne mes pensées soient teintées du personnel. Je ne cherche pas de théologie complètement rationnelle. Je cherche à découvrir par ce processus comment je puis vivre en être humain, tourné vers la lumière, mais aussi ayant peur d'elle.
Je trouve le métaphorique plus proche de la vérité que le littéral. Mais je sais que je ne découvrirai jamais la vérité absolue, parce que la vérité absolue est au-delà de l'entendement limité des êtres humains."
"Quand j'aborde le concept de la volonté divine, je n'essaie pas de rendre lisible un plan écrit au commencement du temps. Quand je lis la Bible, je n'essaie pas de déchiffrer un texte magique, ni une révélation définitive. Je ne pense même pas qu'il y ait un chemin fixe qu'il faut tous suivre - bien qu'il y ait sans doute des chemins qu'il vaudrait mieux ne pas prendre. Je ne cherche pas de produit; je suis impliqué dans un processus.
Les signes caractéristiques de l'influence sur la vie humaine de la rencontre avec l'Esprit: la créativité, l'amour, la simplicité, la générosité, le pouvoir de voir au-delà de l'évident, du superficiel, dans âme des choses, un certain manque de peur, et de joie..."
"Nous lisons dans l'Epître aux Galates que nous reconnaîtrons ceux qui sont guidés par l'Esprit par leurs fruits: l'amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.
Donc discerner la volonté de Dieu veut dire pour moi essayer de vivre une vie selon ces caractéristiques, prendre des décisions en harmonie avec, et se demander si les résultats se conforment aux qualités exprimées par la liste des fruits rédigée par Paul.
Malgré tous ces idéaux, je sais que nous nous trouvons toujours dans un monde d'ambiguïté et de risque, et nous ne savons pas toujours quelle sera l'action la plus acceptable et nous faisons des érreurs de jugement, aussi devons-nous vivre avec les conséquences.
Comme Amis de la tradition silencieuse, nous ne sommes pas habitués a parler du péché, et avec raison, mais nous avons besoin de l'humilité, parce que notre histoire et notre expérience personnelle nous diront que nous ne sommes pas toujours en paix les uns avec les autres - ni avec nous-mêmes."
Discernement et discrimination
"Le mot discrimination, surtout en anglais, a souvent quelque chose de négatif, à cause de l'usage dans la locution discrimination raciale. Mais dans les choses de l'Esprit l'action discriminatoire est nécessaire. C'est la premier partie du processus. En prenant une décision, il faut d'abord déterminer quelles sont les matières en jeu, quels sont les principes, quelles sont les priorités. Il faut jeter un coup d'œil critique sur sa propre confusion; il faut tenter de comprendre clairement la question a laquelle nous cherchons une réponse. Dans la discrimination, nous faisons l'analyse, nous séparons les éléments pour mieux les juger.
Paradoxalement, les deux mots, discrimination et discernement proviennent de la même origine, mais si dans le premier, nous séparons les choses, dans le deuxième, nous transcendons les différences pour trouver l'essentiel. Ce qui est important dans le discernement spirituel n'est pas ce qui est le plus efficace, ni le dénominateur commun, ni un consensus. Il s'agit plutot de percevoir la justesse de l'action a la lumiere d'un entendement de la vie spirituelle.
Et la vie spirituelle signifie pour moi l'approfondissement de la conscience des liens entre le soi et l'autre; le soi et le voisin, l'environnement, le cosmos, tout dans l'étreinte de cette énergie creative que nous pouvons appeler Esprit - la respiration-même des choses. Et croyez-moi, ceci est hasardeux et peut bien mener a des actions subversives. La discrimination est notre tâche humaine; le discernement est la grâce divine qui nous aide à vivre dans l'abondance d'une vie plus profonde. Patricia Loring parle du cadeau de grâce, quelque chose d'immerité, une intuition qui semble venir de quelque part d'autre, mais qui est reconnu par le groupe comme une direction de l'Esprit percue apres une attente profonde, patiente, et ouverte."
"Je me rappelle des vacances de Pâques à Paris quand j'étais étudiant de Français. J'avais peu d'argent et vivais de chocolat et des oranges. J'ai passé un aprés-midi au Bois de Boulogne ou j'ai fait la connaissance d'un clochard, que nous appelons en anglais un gentilhomme de la rue. Voulant essayer de parler français, j'ai eu une conversation merveilleuse avec lui; nous avons partagé le chocolat et il m'a parlé de ses experiences a Paris pendant la guerre.
Ce partage de chocolat et d'histoires a été ma premièere communion. C'est un sacrement de partage ou le spirituel était visible sous la forme du matériel. Il est devenu un de mes saints. Il m'a ensiegné quelque chose de la nature du divin. Il m'a aidé a écouter. A voir. A voir au-dela des apparences. Le monde est plein d'anges."
Une année plus tard, de retour à l’université d’Oxford, j’ai fait la connaissance d’un ange très inattendu. J’étais dans un pub, parlant très haut et très prétentieusement avec d’autres jeunes personnes presque aussi prétentieuses que moi et sans doute nous agacions les gens à l’entour qui essayaient de boire en paix. Après un certain temps un jeune homme s’est approché de moi et il a dit : Ce ne sont que des conneries! Il s’est arrêté, et puis il continué : Tu vaux mieux que tout ça ! Et il est part. Il s’est déployé les ailes et il s’est envolé. Je ne l’ai jamais revu - je ne le reconnaîtrais pas même si je le revoyais. Mais je n’ai jamais oublié ses mots de ministère. J’avais été reproché par un prophète.


Commentaires
1. Le dimanche 18 juillet 2010 à 23:07, par gabby
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