Succès militaire ?

Un défilé impeccable de nos soldats et de nos policiers qui attendent toujours que l’amélioration de la qualité de leur vie au quotidien par une rémunération conséquente et régulière soit effective pour leur permettre d’assurer sereinement la défense et la protection de l’intégrité du territoire, pour les militaires, ou, la sécurité et la protection des personnes et des biens pour les policiers! Pour l’UCDP, au- delà de cette parade vernissée, une reforme structurelle de notre système de défense s’impose avec acuité en vue :

1. D’élaborer, en amont, une politique de la défense par une reconstruction intelligente de notre potentiel de guerre en tenant compte des facteurs qualitatifs telles les grandes distances ou les menaces relatives à la promiscuité frontalière avec 9 pays pouvant, chacun et à tout moment, constituer une menace : Cela suppose une restructuration en profondeur de tout le système de la défense devant être conçu exclusivement par les congolais eux-mêmes pour éviter, au niveau global, une architecture de la défense sous-traitée ou imposée par l’extérieur étant donné qu’aucun pays au monde ne peut servir de modèle à la RD Congo qui a cette singularité d’avoir autour 9 pays limitrophes;

2. En aval, faire de l’engagement volontaire et individuel une exigence pour tout citoyen qui choisit de servir la RD Congo dans le métier de la défense pour en finir avec ce modèle pervers de brassage qui nous était imposé pour fragiliser notre système de défense ! Faire de la logistique le socle de la reconstruction d’une nouvelle armée efficace est la meilleure voie pour une défense et une sécurisation maîtrisée de la RD Congo ! L’achat des équipements de guerre doit être soumis à un contrôle drastique pour éviter l’achat de la camelote voire, l’achat des armes de guerre, par exemple, doit être conditionné par l’acquisition des licences de fabrication des munitions pour être à l’abri d’une rupture délibérée de stocks par le fournisseur !

Succès Financier ?

On annonce, dans le cadre du Point d’Achèvement de l’initiative PPTE, la réduction de la dette par le FMI et la Banque Mondiale de 12,3 milliards de dollars ! Cadeau empoisonné ? Cette dette non causée est la partie visible imposée servant de prétexte pour le maintien forcé de la RD Congo dans une situation de dépendance aux institutions de Bretton Wood, qui, elles-mêmes, pourtant tout le monde sait, ne sont que des outils de rétorsion au service des pays "prêteurs" en vue de mener des actions punitives en cas de manquement sur l’acquittement des "intérêts"(Ya nyongo esilaka te !) ! Cette annulation n’est que justice qu’il faut applaudir parce qu’il s’agit, sur le fond, d’une pseudo-dette ! Pourquoi une pseudo-dette ?

’’La banque mondiale ou le FMI... restent des outils, par excellence, du néocolonialisme !’’

Les congolais n’ont pas à se voiler la face pour comprendre que les institutions internationales de financement comme la banque mondiale ou le FMI sont sous contrôle des pays soient- disant riches ou prêteurs qui, paradoxalement, sont, eux-mêmes, endettés jusqu’au cou, grâce aux procédures de désignation de leurs dirigeants.

Effectivement, 50 ans après l’indépendance, il est plus que temps que les congolais comprennent que, pour l’Afrique, en particulier, ces institutions restent des outils, par excellence, du néocolonialisme! Comment opèrent-elles ? En effet, dans le système économique international, l’enjeu ayant été l’introduction d’un intermédiaire institutionnel et bureaucratique comme la banque mondiale ou le FMI, en vue d’imposer aux pays en voie de développement des projets souvent inappropriésqui, à la fois, les structurent et les contrôlent, les prêteurs n’avaient plus besoin de placer leur confiance dans des hommes, faillibles par nature étant donné que, dans le processus de colonisation directe, les prêteurs devaient faire confiance aux colons qui ne s’étaient pas toujours montrés à la hauteur, entraînant des déceptions politiques et financières.

Désormais, ils font agir des anonymes, employés dans ces institutions, substituables à volonté. En tout état de cause, pour ces pays ’’ prêteurs’’, il y avait avantage à recourir à cette procédure pour qu’en cas de manquement à leurs obligations (retard de paiement des intérêts notamment), les pays dits pauvres subissent les mesures de rétorsion des institutions de financements comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, substituées en apparence aux pays prêteurs, qui, ainsi masqués, restent, maîtres du jeu sans subir l’opprobre que ce traitement injuste à l’égard des pays dits pauvres, finit tôt ou tard par susciter !

’’Ce ne seront pas les pays dits riches qui sortiront les pays dits pauvres de la pauvreté…’’

Si le Canada a marqué son dépit à accepter l’annulation de la pseudo-dette pour la RD Congo, nous considérons que c’est par mauvaise foi et égocentrisme exacerbé ! L’attitude du Canada est révélatrice du règne des systèmes pervers qui fondent le pilotage du système économique international : Les pauvres doivent être contingentés dans un système de pauvreté maintenue quoiqu’ils fassent ! La RD Congo est-elle un pays pauvre ? Non ! Non ! Parce que la RD Congo dispose des potentialités évidentes pour être un pays vraiment riche ! La RD Congo était-elle ou est-elle un ‘’ pays très endetté’’ avec plus ou moins 14 milliards de dette supposée ? Ridicule au regard des milliers de milliards de dette avérée des pays dits riches et prêteurs! Par ailleurs, étant donné que, du fait d’être non causée et sans objet, cette dette doit être considérée comme totalement nulle ! Elle n’existe pas! Elle doit être effacée intégralement !

D’ailleurs, les avoirs ou dividendes, devant bénéficier au patrimoine du peuple congolais, détenus depuis la colonisation par l’ancien colonisateur ont toujours fait l’objet d’un black-out délibérément maintenu! Pour l’UCDP, la reconstruction de la RD Congo a plutôt besoin d’un grand emprunt évalué à un minimum d’au moins 200 milliards de dollars us ! Ca, c’est du sérieux ! A-t-on déjà vu une personne riche vouloir qu’un pauvre devienne riche comme elle ? Jamais ? De même, à la lumière de cette dernière remarque, il ne faut pas se leurrer car ce ne seront pas les pays dits riches qui sortiront les pays dits pauvres de la pauvreté, parce que leur volonté furtive au travers des effets d’annonce sur des "aides insignifiantes" octroyées sous des conditions humiliantes se limite à maintenir dans la pauvreté ceux qui sont pauvres ! Et toc ! Devenir un pays riche, ça s’arrache !

Succès Politique?

Pour les uns, ce succès est un verre à moitié plein, et pour les autres, un verre à moitié vide ! Mais personne n’a osé dire "succès total" (l’ombre de l’assassinat de Floribert Chebeya planant sur la célébration du cinquantenaire) ou "échec total" de peur d’être taxée de mauvaise foi ou de plonger dans le ridicule au regard de la toilette conjoncturelle avérée faite partiellement à la ville-capitale Kinshasa et aux autres ! Certains attendaient fermement, ne fut-ce qu’un semblant de trouble ou quelque hypothétique mauvaise nouvelle, pour se régaler! Mais rien à l’horizon ! Peut-on dire que ce succès politique formel procède de la conjonction de plusieurs facteurs organisationnels dont la volonté politique ? Sans aucun doute, étant donné que les moyens conséquents ont été libérés et qu’on a assisté visiblement aux prémices d’un travail de réhabilitation des infrastructures. En revanche, la question est : après la fête, cette volonté politique survivra-t-elle après l’euphorie du succès de la célébration de ce 30 juin 2010 ? L’avenir nous le dira ! De toute manière, le temps politique étant éphémère, il n’est donc pas évident qu’en une législature, on se fasse vivre l’illusion de reconstruire la RD Congo par une baguette magique d’autant plus que cette reconstruction, qui est une affaire de tous les congolais, ne doit pas se limiter seulement aux facteurs quantitatifs mais elle doit être imprégnée du qualitatif pour être crédible et pour s’inscrire dans la durabilité !

A ce propos, après la fête, la vraie réalité est revenue au galop avec la tragédie de Sange au Sud Kivu, conséquence de l’extrême pauvreté et de la misère! Politiquement, le président Joseph Kabila a tenté de colmater la brèche en se rendant rapidement sur le lieu de la tragédie ! Est-ce suffisant pour rassurer les congolais tant que, qualitativement, rien n’est réalisé structurellement pour prévenir et éviter la reproduction de ce type de drame? L’actuel pouvoir semble opter pour la surdité face aux drames sociaux qui constituent la réalité de notre pays !

En effet, ne nous voilons pas la face, à une année des élections générales, la priorité politique n’est pas à l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens mais à la mise en place des manœuvres politiciennes électoralistes, à la quête des astuces et des stratégies pour se faire réélire à tout prix pour ceux qui sont au pouvoir et se faire élire pour ceux qui n’en sont pas! Toutes les activités politiques sont tournées vers ces prochaines élections alors que le peuple attend toujours la réalisation des diverses promesses électorales émises lors des dernières élections !

Le cinquantenaire pour les congolais de l’étranger

A l’étranger, le mercredi 30 juin 2010 a été une journée banale du fait de son caractère ouvrable qui a limité toute velléité de mobilisation des congolais vivant à l’étranger ! Par contre, durant les mois et les jours précédant cette date mémorable, les associations, les intellectuels congolais, les radios…. ont créé des occasions de rencontres intéressantes et constructives! Souvent, les débats ont tourné autour du bilan des 50 années d’indépendance dont 32 années sous un système dictatorial pendant lesquelles un seul homme avait régné en maître absolu et qui porte aujourd’hui la responsabilité de l’autodestruction structurelle de la RD Congo !

En effet, cette autodestruction avait pris ses racines dès la veille du 30 juin 1960 par le fait que ’’l’indépendance’’ n’avait pas été saisie dans sa véritable signification par l’ensemble des congolais et telle que Patrice Emery Lumumba l’avait définie ! Certes, le contexte de la guerre froide était pour beaucoup dans les montages pervers tels l’assassinat politique des leaders nationalistes et l’installation au pouvoir des suppôts du néocolonialisme et de l’impérialisme pour protéger non les intérêts du peuple congolais mais ceux des prédateurs internationaux sous couvert de la guerre idéologique dite froide qui n’était absolument pas la notre !

En Belgique, l’ambassadeur Mova Sakani a invité les congolais de Belgique à célébrer le cinquantenaire par une fête quelques jours avant la date! Les congolais et les belges invités ont probablement dansé ensemble indépendance chacha et se sont régalés de quelques discours conformistes qui évitent tout mot qui fâche !

En France, l’ambassadeur Mira Ndjoku ayant placé cette journée comme celle de la reconstruction ou plutôt d’un nouveau départ, l’ambassade était fermée ! Il n’y a pas eu de fête! Effectivement, nous avons noté que l’aménagement de la partie arrière de l’ambassade est fini! Par contre, la célébration du 30 juin, n’a pas allégé le calvaire des congolais qui sont de plus en plus nombreux à poireauter pour obtenir leurs documents! Par ailleurs, ce jour-là, on a aussi noté que, dans les environs de l’ambassade de la RDC à Paris, ont eu lieu des échanges relativement violents entre la police française et les jeunes congolais qui ont manifesté pour marquer leur dépit et réclamer une mesure d’amnistie, à l’occasion du cinquantenaire, en faveur des prisonniers politiques notamment l’archbishop Kutino Fernando qui, selon eux, n’a tué personne alors que les véritables criminels sont libres !

En Allemagne : L’ambassadrice Clémentine Shakembo Kamanga s’est pliée en quatre pour offrir un cocktail à un cocktail de personnalités allemandes et d’ailleurs, qu’elle a réussi à faire déplacer en dépit de la crise politique marquée par la démission du président de la république fédérale d’Allemagne, Horst Kِhler qui a considéré que sa démission est une action nécessaire pour maintenir les intérêts de l’Allemagne.

La liste est longue, mais ce qui importe, c’est savoir par quoi et comment allons-nous sortir du sous-développement après cinquante années de gâchis diplomatique, militaire, économico-financier, politique ?