Réveil-FM a épluché la loi abracadantesque et bidon sur les médias congolais de Modeste Mutinga !
Par Freddy Mulongo, mardi 27 juillet 2010 à 15:58 :: radio :: #985 :: rss
Joséphiste-vuvuzeleur, Modeste Mutinga aura marqué l'histoire par ses incohérences et contradictions.
Modeste Mutinga est, l'homme qui a privé 60 millions de Congolais d'un débat légitime entre Joseph kabila et Jean Pierre Bemba deux candidats en lice au premier tour à l'élection présidentielle Louis Michel de 2006. Contre espèces sonnantes et trébuchantes, l'ex-président de la Haute Autorité des Médias (HAM), a muselé la presse congolaise avec des arguments souvent farfelus, résultat il a été parachuté comme rapporteur au Sénat pour le parti de Joseph kabila et qui au passage s'est octroyé une chaine de télévision et une station radio tout en continuant à présider l'étouffoir des libertés la HAM. On aurait pensé que pour s'amender Modeste Mutinga proposerait une loi républicaine, démocratique pour le Congo d'aujourd'hui et demain. C'est mal connaitre l'individu ! Certes depuis de lustre, ce n'est un secret pour personne, le propriétaire du "le Potentiel" signe des articles écrits par d'autres pour lui mais delà de ça proposer une loi de 63 articles contenus dans sept titres avec autant de lacunes, sans aucune perspective... Cela laisse pantois et dubitatif.
Loin de nous l'idée de refaire la loi à la place de Mutinga, qui est payé pour ça. Réveil-FM qui a épluché la fameuse loi avec ses lacunes donne simplement les perspectives. Nous avons regroupé les grandes questions qui touchent les médias congolais en 4 familles, aux juristes congolais en toute impartialité de faire leur travail avec un collège d'experts. On ne fait jamais une loi contre les autres mais pour un vivre ensemble en s'enrichissant de la diversité, d'autres points de vue et en tenant compte de l'évolution de la société dans laquelle on vit ainsi que du monde ambiant et environnant.
1. Le pluralisme et la pluralité d'opinions.
2. La question du monopole de la RTNC et Télé Consult.
3. La politique et les médias.
4. La publicité
1. Le pluralisme des médias et la pluralité d'opinions
Mettez 10 Israéliens, Français ou Allemands... sur un sujet, il est probable que vous avez 11, 12 ou 15 réactions différentes. La République Démocratique du Congo a plus de 60 millions d'habitants, pourquoi voudriez-vous que tous les Congolais pensent la même chose. Il faut permettre à chaque Congolais, aux groupes et mouvements, aux partis politiques de s'exprimer librement sans être formatés. Le pluralisme des médias, la pluralité d'opinions et la diversité de pensées sont le gage d'une démocratie apaisée. L'heure de la pensée unique est plus que révolue. Modeste Mutinga, qui a pris la mauvaise habitude dans ses discours de fustiger le nombre de chaines de télévisions 43 et plus de 220 radios, a un comportement d'hypocrite. "C'est trop !" Par rapport à qui ? Le même Mutinga oublie de dire à l'opinion qu'il s'est acquis "Radio 7" et "Télé 7" par fraude et tricherie. Profitant de sa position du président de la HAM, il s'est octroyé ce que les autres congolais n'avaient pas droit. Son attitude hypocrite, fourbe et roublarde équivaut à un Monsieur qui est entré dans une maison et voudrait fermer la porte après lui pour que les autres n'y entrent pas.
La République Démocratique du Congo doit préserver les médias qui existent déjà, les autres pays africains envie ce foisonnement médiatique. Il ne faut surtout pas fermer la porte derrière soi mais l'ouvrir davantage pour le bien de tous les congolais. Il faut un vrai travaille d'accompagnement mais surtout répondre à deux questions essentielles:
A. Quel est le plan média pour la RDC en 2020 ? 2030 ou 2050 ?
L'information est un droit pour tous les citoyens. Les Congolais de Nioki, Malemba-Nkulu, kabeya Kamuanga, Kavuaya ou Mpese ont-ils aussi droit a être informés ou non ? La Radio télévision Congolaise ne couvre que 60% du territoire nationale. La radio Okapi n'est pas congolaise, elle est onusienne. Il nous faut encourager les médias de proximité dans notre vaste pays tout en ne mettant pas en péril la RTNC qui a la vocation d'être nationale. Le Congo a besoin d'un plan média clair, impartial et non partisan. Lorsqu'on répond à cette première question on est déjà avancé, sans un plan média on va continuer à tourner en rond. N'oublions pas que la majorité de nos compatriotes vivent en milieux ruraux plutôt qu'en villes.
Les Etats-Unis que j'ai eu l'opportunité de visiter a un total de 13.499 radios (FM et AM). La France qui a connu la libération des ondes en 1981 sous François Mitterrand a cinq catégories de radios privées définies par le Conseil supérieur de l'audiovisuel :
catégorie A : entrent dans cette catégorie les radios associatives de proximité ou communautaires; radios qui sont éligibles au Fonds de soutien à l'expression radiophonique ;
catégorie B : il s'agit de radios locales ou régionales commerciales qui ne sont pas affiliées à un réseau national ;
catégorie C : font partie de cette catégorie les stations locales ou régionales qui sont affiliées ou abonnées à un réseau national ;
catégorie D : il s'agit de radios diffusant le programme d'un réseau thématique national sans décrochage régional ;
catégorie E : trois radios entrent dans cette catégorie. Il s'agit des trois radios généralistes nationales (Europe 1, RTL et RMC Info) qui étaient appelées radios périphériques avant 1982 puisqu'elles émettaient alors en grandes ondes depuis l'étranger (Europe 1 depuis Felsberg en Sarre, RTL depuis Junglister au Grand-Duché de Luxembourg. RMC proche de Roumoules (Alpes-de-Haute-Provence), bien que de droit monégasque, possède son émetteur en territoire français) ;
les radios du service public (Radio France) n'entrent pas dans ces catégories. Rien que les radios associatives en France, elles sont plus de 600. Les médias se battent pour continuer à remplir leur mission malgré la crise ambiante, l'Etat français ne ferme pas ses médias.
Le devoir d’éducation des citoyens au travers des médias libres, pluralistes et responsables appartient à l’Etat. Les médias y contribuent. L'Etat doit donc accomplir son devoir en soutenant les médias. Le vrai problème en République Démocratique du Congo est que bon nombre de médias congolais appartiennent aux hommes politiques. Ils sont aujourd'hui contrôlés directement ou indirectement par les acteurs politiques toutes tendances confondues. Ils sont propriétaires de ces médias dont ils contrôlent à la fois la ligne éditoriale et même le traitement des informations. Rares sont les médias congolais qui se livrent aux enquêtes de fond, aux analyses politiques, économiques et sociales éclairées et éclairantes. Beaucoup de médias ont opté pour le « magister dixit », c’est-à-dire le principe de la soumission au discours débité par le maître, surtout s’il finance le média.
Et Modeste Mutinga n'a pas eu ni l'honnêteté de le relever encore moins le courage de proposer un article la dessus. Dans aucun pays démocratique au monde un président de la République, des députés et Sénateurs, des gouverneurs de provinces, des ministres ont leurs médias comme au Congo.
Une occasion en or qu'a loupé sciemment le sénateur-joséphiste dans son projet. Il suffisait qu'il propose un article de loi s'inspirant de l'Art. 22 de loi du 22 juin 1996 qui régit la liberté de presse au Congo:" La création audiovisuelle est libre en République Démocratique du Congo.Ni le président de la République ni les autres acteurs politiques (Députés, Sénateurs, Ministres, gouverneurs, bourgmestre, chef de collectivité...) ne doivent avoir leurs propres médias.
B. Quel est le plan de fréquences du Congo ?
Cette question est subsidiaire à la première. Les fréquences sont attribuées à chaque pays par l'Union Internationale des Télécommunications (UIT). Il y a un devoir de transparence de l'Etat congolais dans l'attribution de ces fréquences ses citoyens. Quel est le nombre de fréquences que le Congo a reçu de l'UIT ? Comment l'Etat congolais le dispatche pour ses services et citoyens ? A l'heure de Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTC) et de la télévision numérique terrestre (TNT). Les opportunité sont larges. On ne peut continuer à réfléchir comme sous l'aire de l'analogique, c'est là le péché de notre fameux Sénateur Mutinga. Habitué à la fourberie et à dribbler les autres, le tshisediste devenu joséphiste pour raison du ventre est réfractaire à l'évolution numérique, il en tient pas compte pire il est muet.
2. Le monopole de la RTNC et Télé Consult
La Radio Télévision congolaise (RTNC) est un média qui se veut public or il est étatique. Si la voix du Zaïre était la voix du Maréchal Mobutu, la RTNC est la voix des joséphistes. Pour y remédier deux décisions importantes s'imposent si pas plus que Modeste Mutinga a ignoré dans sa loi bidon:
A. Il faut que la nomination à la tête de la RTNC ne soit plus politique mais par méritocratie.
B. Il faut adjoindre à la personne nommée: un comité de sages (qui doit accompagner le PDG de la RTNC ainsi que son équipe) et un Comité d'éthique et surveillance (qui veillera à ce que la RTNC quitte l'autoroute de la voix de son maitre pour retrouver la voie nationale où tous les Congolais doivent s'y exprimer). Il faut équiper la RNTC pour couvrir le territoire national. Il faudra croiser tous les moyens de diffusion: FM, ondes courtes, satellites et internet. Il faut que la RTNC puisse continuer à exister en évitant d'étouffer les médias de proximité dont les missions sont complémentaires à celles d'un média public.
B. Pourquoi un monopole à Télé Consult ?
Télé Consult, cette société italienne implantée à Kinshasa est-elle devenu un appendice de l'Etat congolais ? Pourquoi Télé Consult doit-il donner son aval sur tous les matériels radios et télévisions qui doivent entrer au Congo ? Qui sont les actionnaires de cette entreprise ? Donner le monopole à Télé Consult n'est-ce pas une atteinte flagrante à la liberté et à la démocratie ? On n'est libre que lorsqu'on a la possibilité de faire son choix en toute conscience et de manière indépendante, est-ce que c'est le cas aujourd'hui au Congo ? Le lundi 14 juin 2010, Lambert Mende Omalanga, Ministre de la communication et presse a reçu, un lot de matériel audiovisuel constitué de vingt caméras professionnelles de marque Sony, de la firme italienne Télé Consult pour la RTNC.
Signalons au passage que Télé Consult pour la télévision numérique terrestre, a déjà implanté 12 émetteurs dans 20 villes du Congo avec 72 chaînes en raison de 10 chaînes par émetteur. Perplexe toujours parce que, d’après le ministre de la Communication et Médias, le législateur n’a pas encore mis en place un cadre juridique devant régir la TNT en République Démocratique du Congo. Ce que l'opinion congolaise ignore, c’est cette loi (dont le texte a préalablement été rédigé par des experts en télécommunication) qui doit :
1. Définir les critères techni ques des infrastructures DVB-T congolaises,
2. Etablir les critères de sélection des opérateurs tech niques (opérateurs exécutants, équipementiers, opérateurs de gestion et d’exploitation des multiplexes),
3. Orienter les diffuseurs de programmes, les opérateurs de réseaux, les fabricants d’appareils et les consommateurs,
4. Préciser les critères de sélection des opérateurs TV et le nombre maximal des chaînes, par le biais d’une ordonnance présidentielle.
Bizarre non! Pas un article dans la loi de Modeste Mutinga parle de Télé Consult. Il y a de quoi se poser la question si les mentors de Modeste Mutinga ,qui ont écrits pour lui son projet de loi ne vivent pas au Congo !
Modes
Questions : sur base de quel texte juridique Télé Consult exécute-t-elle les travaux d’implantation des infrastructures DVB-T congolaises ? L’accord que cette entreprise a signé avec le ministère des PTT en 2003 a-t-il « force de loi » ? Comment expliquer que, en sa qualité de « Conseiller technique du gouvernement congolais », Télé Consult puisse être à la fois » opérateur exécutant et opérateur gestionnaire « du réseau TNT congolais ? Sous d’autres cieux, cela ne s’apparenterait-il pas à une sorte de « prise d’intérêt » ? Pas un article de loi anti-monopole dans le projet de loi de Mutinga à croire que ses mentors qui ont écrits pour lui ce projet de loi ne vivent pas au Congo !
C. La typologie médiatique de Modeste Mutinga est fausse. Habitué à la presse écrite, l'homme n'a rien compris ou ne se documente pas assez. Un média est caractérisé en tout lieu par son statut et non pas par sa ligne éditoriale. Les médias appartenant aux Eglises sont confessionnels par leur contenu. Mais c'est leurs statuts qui les définissent: média privé commercial ? ou associative et communautaire (tiers secteurs) ? Créer une typologie inexistante pour indexer les médias qui dans leur contenu sont confessionnels est une forme de discrimination dont le museleur patenté n'a sans doute pas mesurer toutes les conséquences. Ce n'est pas parce que les médias appartenant aux Eglises diffusent les films nigérians sur karachika qu'il faut nécessairement les marginaliser en les cryptant ! Pauvre Sénateur Mutinga l'âge est avancé mais les idées sont demeurées de l'époque de Mobutu ! L'autocrate et despote de la HAM se croit tout permis !
3. La politique et les médias !
Tout est politique. lorsque le matin je me décide d'aller acheter mon pain chez le boulanger du coin en lieu et place d'une grande surface, je fais de la politique dans mon choix. Pourquoi les médias associatifs, communautaires, confessionnels n'ont pas le droit de parler de politique ? Sur quelle planète réside Mutinga ? La politique congolaise est-elle réservée aux médias coupagistes, vuvuzeleurs ? La politique congolaise concerne et touche chaque citoyen dans son vécu. Les prédateurs, arrivistes, parvenus, tricheurs , roublards et fourbes n'ont pas plus de droits que les autres Congolais. Tout le monde au Congo doit parler politique ce n'est un domaine réservé à quelques personnes.
L'archibishop Fernando Kutino, l'initiateur de "Sauvons le Congo", propriétaire Radio Télé Messager de Vie (RTMV)qui croupit à la prison de Makala depuis 4 ans, l'est-il pour de raisons privées ou politiques ?
On peut ou ne pas aimer Fernando Kutino, son arrestation et incarcération ne sont-elles pas arbitraires et inopportunes ? Un sénateur qui délire, ne peut que produire des inepties. Le Congo n'est la proprété de personne d'autre que de tous les Congolais. Modeste Mutinga confond souvent le Congo avec son journal le Potentiel qui ne tire même pas à 2 mille exemplaires et qui ne couvre que Kinshasa, capitale à plus de 8 millions d'habitants.
4. La publicité
On ne construit pas un pays avec les ivrognes dépenaillés. C'est depuis 2002, lors des Assises de l'Arco, à Mbuji-Mayi dans le kasaï-Oriental, que les radios associatives et communautaires avaient pris la ferme résolution de ne pas faire de la publicité de boissons alcooliques sur leurs antennes. Modeste Mutinga qui a été président de la Haute Autorité des médias de 2002-2006 n' a jamais réussi à réguler le problème de la publicité des boissons alcooliques dans les médias congolais. L' ex-président de la HAM a été incapable d'interdire la publicité des boissons alcooliques sur les chaines de télévisions. Il s'est même fourvoyé en défendant la Bralima contre la Bracongo, en lisant son projet on se rend compte il revient au bon sentiment sauf que...L'article 24 par exemple stipule : " les programmes et films télévisés susceptibles de nuire à l'épanouissement physique et mental de l'enfant doivent faire l'objet de la signalétique suivante : -déconseillé aux mineurs de moins de dix ans et dont la diffusion ne peut avoir lieu avant ou après des programmes pour enfants ; - déconseillé aux mineurs de moins de douze ans et dont la diffusion ne peut avoir lieu entre 6 et 20 heures ; - déconseillé aux mineurs de moins de seize ans et dont la diffusion ne peut avoir lieu avant 22 heures. Il s'agit des programmes ou films à caractère érotique ou de grande violence ; -déconseillé aux mineurs de moins de 18 ans. Il s'agit des programmes ou films pornographiques ou de très grandes violences. Ils sont interdits de diffusion non cryptée ". Quant à la publicité, la loi interdit la diffusion de celle en faveur des boissons alcoolisées entre 6 et 22 heures. Elle ne peut également intervenir pendant les émissions pour enfant, ni immédiatement avant ou après celles-ci. Le texte interdit aussi la publicité des jouets initiant des armes à feu susceptibles d'induire dans le chef de l'enfant un comportement violent, raciste ou xénophobe. Est aussi prohibée par la loi, la publicité en faveur des boissons alcoolisées associant la consommation de l'alccol à une amélioration des performances physiques, ni leur attribuer les propriétés thérapeutiques portant des effets stimulants... Pourquoi avoir attendu 8 ans ? Et pourquoi n'avoir pas eu le courage de supprimer la publicité de boissons alcooliques dans tous les médias ? La Bralima et Bracongo, les deux seules sociétés brassicoles du Congo ont-elles fait pression sur notre fameux sénateur joséphiste ? Pour les élections 2011, il faut abreuver les Congolais de la Skol et la Primus !
Pas d'avancé sur la dépénalisation de délit de presse, pas d'articles sur le confusionnisme actuel où les journalistes sont des directeurs de cabinet de Ministres ou leurs attachés de presse etc...Pas d'innovations, un projet de loi pré-électoraliste avec pour ambition de museler les anti-joséphistes, groupe dont ne fait pas partie Modeste Mutinga. Bref, le Sénateur parachuté de Kananga défend son bifteck mais pas le Congo. N'est pas expert en communication qui veut, c'est tout un art. L'auto-proclamation ne fonctionne jamais. Son projet de loi n'apporte pas d'avancée dans l'histoire de la communication audiovisuelle du Congo.


Commentaires
1. Le mardi 27 juillet 2010 à 16:40, par Albert KISUKIDI
2. Le mardi 27 juillet 2010 à 17:24, par Jo
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