Calixte Beyala pour la Francophonie des peuples !
Par Freddy Mulongo, mercredi 28 juillet 2010 à 01:51 :: radio :: #990 :: rss

Calixte Beyala
Fort de son expérience, Abdou Diouf (74 ans) espère rempiler pour un 3e mandat à la tête de cette organisation qu’il dirige depuis le 20 octobre 2002. « Beaucoup de voix se sont élevées pour demander que je sois candidat à ma propre succession. J’ai été très sensible à ces manifestations de confiance », a récemment déclaré l’ancien président sénégalais (1981-2000). Mais selon des sources concordantes, M. Diouf serait en perte de vitesse dans les soutiens à sa candidature. Même son pays le Sénégal, présidé actuellement par son ancien opposant, Abdoulaye Wade, aurait juste donné son accord de principe sur ce point. Une faiblesse que compte exploiter la Franco-camerounaise, Calixthe Beyala (49 ans). La romancière est l’auteur de "Maman a un amant" (Grand prix littéraire de l’Afrique Noire, 1993), "Les Honneurs perdus" (Grand prix de l’Académie Française, 1996) et "La Petite Fille du réverbère" (Grand prix de l’Unicef, 1998). Elle estime que la Franophonie sous Diouf « ronronne ». Par conséquent, son comité de soutien propose que ce dernier « se retire dignement ». Si elle est élue au terme du 13e sommet prévu du 22 au 24 octobre à Montreux en Suisse, Mme Beyala sera la première femme Secrétaire générale de la Francophonie crée en 1970. Composée de 70 Etats et de gouvernements membres, l’Organisation internationale de la francophonie (Ofi) regroupe plus de 870 millions d’habitants et 200 millions de locuteurs de la langue française de par le monde.
Après l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali et le Sénégalais Abdou Diouf, l’écrivaine franco-camerounaise Calixte Beyala pourrait devenir dans quelques mois la future Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
1.Pourquoi voulez-vous postuler à la tête de la Francophonie?
Calixte Beyala: Ecoutez, j’ai toujours voulu être à la tête de la Francophonie parce que, d’abord c’est une organisation qui est passionnante. C’est une organisation pour laquelle il y a énormément de travail à faire au niveau de la fraternité entre les peuples, du développement des pays francophones. On a tellement de choses en partage: partage des valeurs, partage de la langue et partage de l’histoire aussi. Et tout cela n’a jamais été mis en valeur en tant que tel. Et j’y ai envie difficilement de prendre la direction de cette Francophonie, de mettre en avant la culture qu’a la Francophonie quand elle a été créée. C’était la culture qui était le battement de c?ur de la Francophonie. Bien sûr que s’y est ajoutée la politique. Elle est importante, mais il faudrait que les acteurs de la Francophonie reprennent la place. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il se passe et je ne critique pas ceux qui m’ont précédée, mais il se passe cette chose horrible: c’est que les gens formant cette communauté de langue ne se connaissent pas entre eux, car on a fait de la Francophonie un instrument fermé, un instrument où seuls les initiés y ont accès. J’ai envie de faire faire une Francophonie populaire, j’ai envie de faire une Francophonie dans laquelle les Camerounais, les Sénégalais, les Ivoiriens, les Malgaches, les Congolais, les Gabonais, tout le monde s’y retrouve. Les Français également.
2.C’est de cette manière-là que vous comptez conduire la Francophonie ?
Calixte Beyala: C’est de cette manière-là que je compte conduire la Francophonie. J’ai envie de faire une Francophonie populaire et non une Francophonie de salon et non une Francophonie exclusivement politique. J’ai envie de rendre cette Francophonie plus attrayante car aujourd’hui la Francophonie n’est pas attrayante; ce qui fait que effectivement dans le domaine de l’économie, dans le domaine même de la langue nous n’arrivons pas à vendre nos produits. Pour vendre un produit aujourd’hui, il faut que même la langue soit attrayante, que les gens qui constituent ce monde, qui portent cette langue soient des gens attrayants. Attrayant, je veux dire économiquement en parlant de musique.
3.Justement quelle place occupe pour vous la Francophonie à l’heure actuelle?
Calixte BeyalaMais elle occupe la place qu’elle mérite d’occuper, à savoir: c’est vrai que nous n’avons pas mené de véritables batailles pour être pris au sérieux, pour être respectés sur le plan international.
4.Qui va permettre justement de mener cette bataille? Calixte beyala: Moi je veux mener cette bataille. Déjà, qu’à travers mon travail littéraire, je ne vais que défendre la Francophonie, montrer combien la culture francophone et quand je parle de culture francophone, j’y associe aussi bien la culture française que la culture québécoise; que toutes les cultures africaines qui forment une totalité qui devient la culture francophone.
5.Vous estimez que Abdou Diouf n’est plus à même d’avoir ce rôle-là?
Calixte Beyala: Abdou Diouf a été un excellent président. Abdou Diouf a montré de quoi il était capable à la Francophonie. Mais ce que je pense, c’est que je respecte le travail des anciens, mais cela ne veut pas dire que ces anciens ne doivent pas se tourner aussi vers les jeunes, leur tendre la main et voir ce que ces jeunes peuvent apporter aussi de plus. Je peux apporter un plus au travail déjà fourni par le président sénégalais Abdou Diouf qui a fait un travail formidable tout au long de sa vie et donc qui sera peut-être mieux qu’il aille se reposer.


Commentaires
1. Le mercredi 28 juillet 2010 à 02:53, par De Mansele NIMBA MPELE/ RDP
2. Le mercredi 28 juillet 2010 à 07:35, par kabongo bashila dieudonné
3. Le mercredi 28 juillet 2010 à 16:55, par Michaël Makela Yalama
4. Le mercredi 28 juillet 2010 à 19:53, par GERVAIS MBOUMBA
5. Le lundi 2 août 2010 à 08:53, par pierre charles ihitsague
6. Le lundi 2 août 2010 à 08:54, par pierre charles ihitsague
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