Château familial d'Arfeuille à Felletin
Par Freddy Mulongo, mercredi 11 août 2010 à 17:59 :: radio :: #1008 :: rss

Le château d'Arfeuille à Felletin dans la creuse, sa cour d'honneur n'a pas évoluée depuis son origine.
Le château est depuis son origine la propriété de la même famille Mourin, la transmission s'étant toujours effectuée par le fils ainé - seulement 5 cas identiques en France -transmis depuis 1480 au sein de la famille d'Arfeuille, par le fils aîné, le château est valorisé par des parcs et des jardins en plein renouveau.
Il existait dès le XIIè siècle un château fort et c'est sur son emplacement que fut érigée vers 1480 une partie du château actuel par Antoine d'Arfeuille qui en reçut l'autorisation du prince Charles de Bourbon.

Géraldine Fuchs d'Arfeuille au début de la visite du château

Très détendue après la visite guidée, Géraldine Fuchs d'Arfeuille sourit !
Au XIIème siècle, c'était un château fort. Les bâtiments actuels trouvent leur origine vers la fin du XVème siècle, excepté pour une aile et le parc créés 3 siècles plus tard. Le donjon a perdu son chemin de ronde et ses mâchicoulis, il comporte 7 pièces.

Les meubles dates de l'époque

Un grand salon a été aménagé avec des boiseries et quatre tapisseries de la fin du XVII° siècle portant l’inscription « manufacture royale de Felletin »

Une veste de l'époque exposé au premier niveau

Des photos du château de l'époque dont certaines ont servies pour les cartes postales de Felletin

Jusque fin août 2010, le château d'Arfeuille, ouvre ses portes à une exposition de porcelaines contemporaines conçues à Limoges.
La famille d'Arfeuille s'emploie à entretenir et à rénover cette demeure valorisée par une grande cour d'honneur aménagée au XVIIIe siècle. Elle est complétée par un ancien potager devenu jardin de fleurs mais aussi par un parc créé en 1770. Cette "garenne" a été mise à mal par la tempête de décembre 1999. Les sapins pectinés ont été anéantis, quelques hêtres ont été épargnés, de même qu'une rangée de tilleuls bicentenaires.

Le potager s'étale sur près d'un hectare mais décoré avec de la porcelaine.

Même les oiseaux y trouvent un nid...en porcelaine !

Belle vue du jardin d'Arfeuille.
Histoire d’une famille, histoire felletinoise
On ne peut raconter l’histoire de Felletin sans évoquer celle de la famille d’Arfeuille. En effet, cette famille s’enracine depuis des siècles sur les terres felletinoises et les documents qui retracent l’histoire de la Marche mentionnent que la terre d’Arfeuille appartient à la famille Mourins depuis des temps immémoriaux. Depuis, fait très rare (il n’existe que cinq cas en France) Le château d’Arfeuille s’est toujours transmis depuis l’origine jusqu’à ce jour, par le fils ainé. D’après L’histoire de la Marche de Joullietton, on retrouve des traces de la famille d’Arfeuille en Creuse dès le XI° siècle et dès le XII° siècle d’après Tardieu dans son Grand dictionnaire de la Haute Marche.
En 1304, à la bataille de Mons en Puelle, un Morin d’Arfeuille sauva la vie du roi Philippe Le Bel. Dans la galerie des batailles du château de Versailles, un immense tableau appelé Mons-en-Puelle 1304 illustre la scène la plus dramatique de la journée du 18 août, celle où Philippe le Bel, environné par les ennemis flamands, se bat avec l’énergie du désespoir, entouré de familiers qui le défendent dans de furieux corps à corps.
On raconte que le roi fit venir à lui son sauveur, arracha l’une des fleurs de lys de son pourpoint puis la lui tendit en disant que désormais, il pourrait la faire figurer dans ses armes. C’était là un fait extraordinaire car seuls, le roi et les membres de la famille royale avaient le droit de porter le lys de France. Leur courage monte jusqu’aux cieux (VIRTUS ASTRA PETIT).
Au XIV° siècle quatre cardinaux d’Arfeuille vivaient à Avignon sous la papauté et leurs portraits sont encore présents dans le château. Jusqu’à la Révolution Française, La famille comptait de nombreux officiers des armées du roi ainsi que des hommes d’église. (voir Le Dictionnaire de la Noblesse de Aubert de La Chesnaye-Desbois paru en 1770 et donnant une généalogie de la famille).
A la Révolution Française, Yves d’Arfeuille émigra le 26 novembre 1791 avec son fils Victorin âgé de 16 ans et fit la campagne de 1792 sous les ordres des frères du Roi Louis XVI, dans la coalition des gentilshommes d’Auvergne et il rejoignit ensuite l’armée de Condé le 1er mars 1793.
En 1793, sur l’ordre du Comité de Surveillance de Felletin, Mayeule d’Arfeuille et sa fille Adélaïde furent emprisonnées au rez-de-chaussée de la tour ronde, dans une pièce dont la fenêtre est toujours garnie de barreaux, et leurs biens furent confisqués. Elles furent ensuite emprisonnées dans le couvent de Blessac.
Yves d’Arfeuille ne revint à Arfeuille qu’en 1809, après écrivit-il « 18 ans d’exil, de peine et de souffrances » et un tableau le montre sur son cheval revenant d’exil et traversant les bois avec le château d’Arfeuille au loin.
« Peu satisfait de tant d’avantages, vous osez encore, Messieurs, vous attribuer le droit exclusif de nous ennuyer en vers et en proses ! Assez longtemps, vous avez joui de ce privilège et vous en avez usé sans modération. Trouvez bon que nous prenions un peu notre revanche. Puisque vous êtes si surs de votre supériorité, pourquoi redouter la concurrence ? Laissez nous essayer une lutte ou vous êtes persuadés de vaincre. Je ne le nie pas, il est plusieurs sciences et plusieurs genres d’ouvrages dans lesquels les femmes ne vous ont point encore égalés : mais je suis très convaincue que c’est la faute de leur éducation, et non celle de leur génie ; et peut être vous le prouveront-elles par la suite… »


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