Togo: l’officier français Romuald Létondot, rappelé par Paris et sanctionné
Par Freddy Mulongo, dimanche 15 août 2010 à 21:02 :: radio :: #1025 :: rss
Un officier français menace un journaliste togolais
envoyé par Nouvelobs. - L'info video en direct.
La vidéo a fait le tour du monde et des observateurs ont dénoncé un comportement frisant la barbarie ainsi qu’une attitude qui rappelle à certains égards, un comportement de colon. La France n’a pas tardé à réagir ainsi que l’a annoncé le porte-parole adjoint du ministère des affaires étrangères, Christine Fages. « Une sanction disciplinaire de dix jours d’arrêt a été notifiée hier au lieutenant-colonel Romuald Letondot, pour atteinte au renom de l’Armée française ».
Le coopérant a été en plus rappelé à Paris, rappel confirmé par le même porte-parole. Le coopérant militaire et conseiller du chef d’état-major de l’armée de terre au Togo est « en outre rappelé immédiatement à Paris »
Interrogé, le journaliste choqué a décidé de porter plainte : « Ce que je sais c’est que je vais porter plainte contre lui devant les tribunaux ». Il ajoutera d’ailleurs : « Je suis très furieux contre cet officier parce que son attitude m’a beaucoup surpris. Ce n’est pas ce qu’il a dit à l’ambassade que je retrouve dans l’interview », a-t-il expliqué, dénonçant son « hypocrisie ».
L’officier pour sa part, a expliqué avoir « réagi comme quelqu’un d’agressé », et qu’il s’était fait prendre en photo par Didier Ledoux après que son véhicule eut été caillassé par des manifestants.
Journalistes et défenseurs des droits de l’Homme au Togo ont tous condamné l’attitude de l’officier. Le directeur de publication de Liberté, l’un des principaux journaux togolais, a déploré le « comportement agressif et colonial » de l’officier qui a « dépassé les limites ».
L’Association Nouveaux Droits de l’Homme International (NDH-Togo) a quant à elle condamné « cet acte barbare indigne d’un officier français fut-il conseiller du chef d’état-major de l’armée de terre ».
Journalistes et défenseurs des droits de l’Homme au Togo ont à l’unanimité condamné son attitude, lors de cet incident dont la portée semblait aussi avoir une dimension symbolique dans le pays ouest-africain placé sous mandat français en 1922.
Pour rappel, une confrontation a eu lieu mardi à Lomé au Togo, confrontation au cours de laquelle un officier français, coopérant a exigé d’un reporter togolais qu’il efface une photo de lui, qu’il a prise. Une attitude de l’officier dès lors décrié de par le ton, le tutoiement et des menaces d’une époque qui rappelle la période coloniale.
« Tu sais qui je suis ? Je suis le conseiller du chef d’état-major de l’armée de terre. Tu veux que j’appelle le RCGP [Régiment des commandos de la garde présidentielle, ndlr] pour foutre un peu d’ordre là-dedans ? Alors, je demande d’enlever les photos. Est-ce que c’est compliqué ? », avait alors déclaré l’officier français. Epaulé en plus par des gendarmes togolais casqués, matraque à la main, obéissants et prêts à en découdre avec le journaliste, le ton se faisait plus menaçant : « Tu veux qu’on te donne un coup sur l’appareil ou quoi ? », lui dit l’officier français.


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