Théophile Bemba Fundu, pathétique et tragi-comique !
Par Freddy Mulongo, lundi 30 août 2010 à 01:11 :: radio :: #1042 :: rss

Kinshasa 2004, Théophile Bemba Fundu dans son bureau au Ministère de l'intérieur et décentralisation. Photo Archive, Réveil-FM
Tout individu a droit de louer sa maison à qui il veut. C'est un droit fondamental et une liberté inaliénable. Mais lorsqu'on a été Ministre de l'intérieur d'un pays, il y a de choses que l'on ne se permet plus. En effet, Théophile Bemba Fundu di Luyindu loue sa villa sise sur l'avenue Uvira au n°3 dans la Commune de la Gombe à Monsieur Amandin Rugira, ambassadeur du Rwanda en République démocratique du Congo. La résidence officielle de l'ambassadeur du Rwanda appartient à Théophile Bemba Fundu. Cette résidence se trouve à proximité du Grand Hotel de Kinshasa. Elle aurait appartenu sous la deuxième république mobutienne à la Banque Commerciale du Zaïre (BCZ).
Le comble est que, d'après les fins limiers de Réveil-FM, tous les soirs, le Député de l'AMP, parti-Etat, Théophile Bemba Fundu se rend chez son locataire sans doute pour y jouer aux cartes ? Peut-être aux dames ?
Parle-t-il avec son locataire du rapport de Nations Unies sur le génocide commis par des Rwandais en République démocratique du Congo ?
Le parcours sinueux de Bemba Fundu di Luyindu est intéressant pour plus d'un Congolais. Dans les années 90 contre le régime Mobutu, il fut l'un des ténors de l’opposition radicale incarnée par la plate forme USORAL - Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliée.
En 1997, quelques jours après la chute du Maréchal Mobutu et la prestation de serment de M'zée Laurent-Désiré Kabila en qualité de chef de l’Etat, Théophile Mbemba Fundu est contacté et approché par Déogras Bugera de l'AFDL, qui finira par le faire nommer "Gouverneur" de la ville de Kinshasa, poste que convoiter Rochereau Tabu Ley, qui réclamait à cor et à cri ce poste.
On se souviendra de ce que le 16 janvier 2001, jour de l’assassinat de M'zée Laurent-Désiré Kabila au Palais de Marbre à Kinshasa, Louis Michel "Big Loulou", l'ex-commissaire européen était le premier à l'annoncer sur les ondes des médias étrangers, comme si on peut se réjoui de l'assassinat d'un chef d'Etat, qu'on ne l'aime ou pas. Après l'annonce mensonger de Dominique Sakombi buka lokuta sur M'zée Laurent-Désiré kabila, Théophile Mbemba Fundu, gouverneur de la ville de Kinshasa, avait invité, par le biais de la très officielle RTNC, ses administrés Kinois au calme en soutenant que le chef de l’Etat n’était que blessé: "Mokonzi ya Mboke" et qu’il avait été transféré à Harare au Zimbabwe pour y suivre des soins appropriés.
Le 12 mars 2001, Théophile Mbemba Fundu devient le premier directeur de cabinet de Joseph Kabila qui venait lui-même de succéder à M'zée Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier de la même année.
Lors de l'instauration du gouvernement 1+4=0 ( un régime monstrueux dit de 1+4 égal zéro disent les Congolais: un Président de la République assisté de 4 Vice-présidents), issu du dialogue intercongolais de Sun-City,en Afrique du Sud, Théophile Bemba Fundu devient le ministre de l'intérieur, décentralisation et sécurité.
Dès son entrée en fonction, c'est M'zée Pierre Yambuya Kibesi qui sera dans sa ligne de mire. Il faut dire Pierre Yambuya avait réussi à faire ce que beaucoup lui envie jusqu'aujourd'hui. Il a conçu puis mis en place la Direction Générale d'immigration (DGM).
Il a fait construire un bâtiment administratif pour la DGM sur le boulevard du 30 juin et il a équipé ses agents en ne recourant à aucune aide extérieure. D'ailleurs le jour de l'inauguration du bâtiment, Théophile Bemba Fundu, ministre de l'intérieur n'a trouvé mieux que de se défiler. Malgré ses coups bas, ses intrigues et autres peaux de bananes Bemba Fundu n'arrivera jamais à ses fins face à Pierre Yambuya Kibesi, un vieux briscard.
Lors du double meurtre de Mombele à Kinshasa le 2 novembre 2005, qui a coûté la vie au confrère journaliste de Référence Plus, Franck Ngycke Kangundu et Hélène Mpaka sa compagne de vie, les politiques originaires de la province du Bandundu, du Kwilu-Kwango, tout comme l’infortuné journaliste, seront stigmatisés par la population. En tête, Théophile Mbemba Fundu en sa qualité de ministre de l’Intérieur, Décentralisation et de la Police ; Mme Marie-Ange Lukiana Mufwancol, 1ère adjointe au Secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel; Jean Kimbunda Mudikela, gouverneur de Kinshasa...
Dès le lendemain du double meurtre de l’avenue de Ngaliema, les Gouvernementaux se pressent de présenter des «tueurs». La veille, le ministre de l’Intérieur Théophile Mbemba a offert comme à son accoutumée une prime de 5.000 dollars à qui amènerait mort(s) ou vif(s) le(s) coupable(s) ou donnerait un renseignement pouvant conduire à la capture de la bande.
Leurre et paroles en l'air.
La police passe aussitôt aux aveux. «Les jeunes arrêtés n’ont rien à voir avec l’assassinat du journaliste et de sa femme», déclare un porte-parole. Ils sont immédiatement remis en liberté. Le «chasseur de prime» qui a «vendu la mèche» est mis aux arrêts pour escroquerie et tentative d’escroquerie. Echec de Théo et ses sbires.
Pour calmer les esprits, le gouvernement congolais va débourser 6.000 dollars , en plus d’une gigantesque chapelle ardente dressée à la Place YMCA en pleine cité africaine de Matongé pour rendre les derniers hommages à Franck et son épouse. Les commanditaires et les assassins n'ont jamais répondus de leur crime.
La province de Bandundu, c’est aussi celle de Mbemba Fundu, devenu, entretemps, Ministre de l’Intérieur. Pour les élections de 2006, Théophile Bemba se considérait comme un pion majeur pour sa province.
Des indiscrétions dans les milieux des originaires de la province de Bandundu rapportent que c’est Mbemba Fundu qui aurait joué de son poids politique pour offrir un espace de premier plan dans le parti présidentiel (PPRD) à Marie-Ange Lukiana Mufwancol et Jean Kimbunda, gouverneur de la ville de Kinshasa, originaire de la même province de Bandundu. Pourtant, les relations entre le Ministre de l’Intérieur et le gouverneur de la ville de Kinshasa vont vite se détériorer. Répondant à une interpellation, fin octobre - début novembre 2005, au Parlement sur l’insécurité grandissante dans la ville de Kinshasa, Théophile Mbemba Fundu, le ministre de l'intérieur n’aurait pas hésité de charger Jean kimbunda, le gouverneur de la ville : « si cela ne dépendait que de moi, il y a longtemps que les choses auraient changé à la tête de la ville ». Kimbunda a, effectivement, perdu son poste de gouverneur quelques jours après-Jean Kimbunda Mudikela aura été le gouverneur de la ville province de Kinshasa du 16 mai 2004 au 15 novembre 2005. Sa politique « Kin ville propre » l’a rendu impopulaire auprès des Kinois. Son opération de salubrité publique « Coup de poing » aura tout de même permis à Kinshasa de se débarrasser de kiosques ou garages montés sans respect des règles urbanistiques, ainsi que d’une grande quantité d'immondices. Il avait aussi entrepris de mieux équiper la police provinciale afin d’améliorer la sécurité ; il n’y arriva pas par manque de soutien des autres pouvoirs publics- alors que Mbemba Fundu, donné pour partant, a été reconduit au Ministère de l’Intérieur.
Kinshasa le 14 mai 2006, dans une cabale bien orchestrée, l'Archibishop Fernando Kuthino est arrêté par la police à la suite d’un prêche et après un triomphe au stadeTata Raphaël ex-stade du 20-Mai. Il avait regagné la capitale congolaise le samedi 7 mai après un exil forcé datant de 2003. Intervenant, dans la soirée, sur les antennes de la télévision publique, RTNC, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Kimbembe Mazunga, avait justifié l'arrestation du pasteur par plusieurs faits mis à sa charge. C'est à la suite d'une perquisition effectuée à son domicile, avait déclaré le gouverneur - apparu à la télévision en T-shirt, le regard vide, le visage hâve - que Kutino a été arrêté. Selon Kimbembe Manzunga, des effets militaires, des fusils d'assaut avaient été découverts à son domicile. Dans certains milieux, on rapporte que le gouverneur se serait fait remonter les bretelles comme un collégien pour avoir autorisé le culte «séditieux». Il risquerait même de payer de son poste. En tout cas, la mine affichée à la télévision prouverait à suffisance que le gouverneur avait passé un mauvais après-midi. Les mêmes sources indiquent que le maire de la ville avait été contraint de faire cette déclaration pour justifier la bavure policière.
Kuthino Fernando, psalmiste de «Sauvons le Congo», avait appelé les R-dCongolais à un éveil de conscience et la classe politique à dialoguer, à «laver les linges sales en famille» avant d'aller aux élections. Puis, il avait offert sa médiation pour amener les uns et les autres à se parler, en promettant de se rendre à l'UDPS. Depuis qu'il a été cueilli par une cohorte d'hommes armés en tenue de la police nationale, l'archibishop croupit toujours en prison à Makala.
Fin mai 2006, alors que le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Théophile Mbemba Fundu faisait état dans la capitale Kinshasa de «l’arrestation de 32 mercenaires étrangers», et une semaine plus tard, sans autre forme de procès alors qu’ils méritaient, s’ils étaient reconnus coupables, d’être poursuivis comme l’avait d’ailleurs fermement recommandé le président sud-africain Thabo Mbeki: "S’il est prouvé que ce sont des mercenaires, qu’ils soient sud-africains - c’est-à-dire mes comppatriotes ou pas -, le gouvernement congolais doit les châtier, selon les lois du pays", avait demandé Thabo Mbeki. Ajoutant: «Que ce soit très clair : aucun coup d’état, aucun aventurisme ne réussira en R-dCongo, là où la Communauté internationale y est bien présente».
Pourtant, pince-sans-rire, Théophile Mbemba précisait que l’objectif de ces mercenaires, «porteurs de passeports américains, sud-africains et nigérians et dont certains provenaient probablement d’Irak où ils avaient servi était de renverser les institutions en place et de perturber le processus électoral». C’était un faux. Un énième. Si le ridicule pouvait tuer… «Leur mission devait s’arrêter le 30 juin 2006», affirmait encore le ministre. Pourtant, impliquée, la société de gardiennage Omega Security Solutions, antenne d’une société sud-africaine, avait tout démenti.
Après la victoire de Joseph kabila sur Jean Pierre Bemba, le calme n' était revenu qu'après trois jours d'affrontements entre les forces de Kabila et de Bemba. La Monuc a dû occuper les principales artères de Gombe, dont le boulevard du 30 juin. Des patrouilles mixtes Monuc- Eufor- Police nationale congolaise. Les affrontements de ces trois jours auraient fait au total 23 morts et 43 blessés selon le Ministre de l'Intérieur Théophile Mbemba Fundu, essentiellement à Gombe, et notamment dans les environs du boulevard du 30 juin. Et pourtant certains témoins de cet affrontement estiment le nombre réel de morts remontait à plus de 500 !
Au bout d’une transition qui s’est achevée péniblement le 30 juin 2006 avec l’organisation d’élections présidentielles et législatives, Théophile Mbemba Fundu di Luyindu, qui est élu Député de l'AMP, parti-Etat, cède le ministère de l'Intérieur au général Denis Kalume Numbi.


Commentaires
1. Le lundi 30 août 2010 à 09:07, par LUALUA FREDERIC
2. Le lundi 30 août 2010 à 18:43, par Jean Mpiana
3. Le mardi 31 août 2010 à 00:08, par Miso Nga
4. Le mardi 31 août 2010 à 10:12, par Placide
5. Le mardi 31 août 2010 à 20:35, par wasaluswa mack'vava jean fêlix
6. Le mercredi 1 septembre 2010 à 16:58, par Reporters Sans frontières (RSF)/Afrique
7. Le mercredi 1 septembre 2010 à 17:05, par Djamba Yohé, l'Encrier de l'Amérique du Nord
8. Le mercredi 1 septembre 2010 à 18:06, par Freddy Mulongo, Réveil-FM
9. Le vendredi 3 septembre 2010 à 11:03, par JO LIKEMBA
10. Le vendredi 3 septembre 2010 à 11:43, par Lucien M. Naki
11. Le samedi 4 septembre 2010 à 21:28, par Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga
12. Le jeudi 16 septembre 2010 à 11:10, par Lambert Opula, Hinterland
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