Retraites: mobilisation contre le projet de réforme !
Par Freddy Mulongo, mercredi 8 septembre 2010 à 13:42 :: radio :: #1049 :: rss
Paris, 7 septembre 2010. François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, Bernard Thibault, le leader de la CGT, et d'autres responsables syndicaux attendent désormais les réponses de Nicolas Sarkozy. Photo AFP
Dans l'après-midi, l'Assemblée nationale a entamé l'examen du projet de loi.
Ce mercredi 8 septembre 2010 s'annonce, lui aussi, capital : dans l'après-midi, l'intersyndicale va se réunir pour donner suite ou non au mouvement susceptible de se durcir. Auparavant, le gouvernement devra faire des propositions d'aménagements du projet et peut-être ouvrir des négociations.
Eric Woerth, le ministre du Travail en charge de cette réforme, a annoncé que Nicolas Sarkozy fera une déclaration dans la matinée au conseil des ministres.
La CGT ne rejette pas l'hypothèse d'une grève générale
«Il n'y a pas photo avec le 24 juin» dernier, a déclaré Bernard Thibault, le leader de la CGT, au micro de RTL. Cette manifestation d'avant les vacances avait alors rassemblé entre 800 000 et 1,9 million de protestataires. Ce mardi, la centrale syndicale a comptabilisé 2,735 millions de personnes. La mobilisation dans la rue sur les retraites mardi «va forcément faire réfléchir» le gouvernement, a-t-il déclaré sur TF. Millimètre après millimètre, les choses sont en train de bouger». Le syndicat s'enorgueillit aussi que de la présence de nombreux travailleurs du secteur privé dans le défilé. Bernard Thibault n'a pas voulu dialoguer en direct avec Eric Woerth, craignant que le débat glisse sur l'avenir de l'actuel ministre du Travail.
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly réclame au nom de l'organisation syndicale, l'abandon du texte, comme Solidaires. Ne souhaitant pas d'opérations ponctuelles, il préfèrerait une grève générale, si possible dans l'unité syndicale, a-t-il indiqué sur RTL. Un moyen d'action que ne rejette pas la CGT : «Rien n'est écrit d'avance», a indiqué Bernard Thibault, sur TF1, même si il est «réservé» sur ce mode d'action.
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT qui a, elle, recensé 2,5 millions de manifestants dans toute la France, a prévenu qu'«il faut que le gouvernement parle vite», mardi «soir» ou mercredi «matin», sinon il «organise la radicalité» et «on n'a pas d'autre solution que de continuer» la mobilisation contre la réforme des retraites.
Samedi 18 septembre, une manifestation nationale pourrait être organisée à Paris.
Eric Woerth : des «avancées sur la pénibilité»
Que va proposer le chef de l'Etat ce mercredi ? Mardi matin, le Premier ministre n'excluait pas «quelques ouvertures». Interviewé au journal de 20 heures de TF1, le ministre du Travail, Eric Woerth, a réaffirmé que cette réforme était «un devoir d'Etat» pour «continuer à pouvoir payer les retraites des Français». Il a toutefois laissé entendre, comme attendu, des avancés sur la pénibilité du travail serait prise en compte de même que les cas des polypensionnés. «Les fondamentaux» (comme l'âge légal de la retraite à 62 ans) ne seront pas mis en cause, a-t-il réaffirmé. Lui-même, et son collègue en charge de la Fonction publique, Georges Tron, ainsi que le Premier ministre, François Fillon, seront reçus par le chef de l'Etat à l'Elysée avant la réunion hebdomadaire de l'exécutif.
Face aux questions posées par Laurence Ferrari dans le cadre des affaires Bettencourt, Eric Woerth a refusé de répondre. Il a affirmé haut et fort qu'il «ne démissionnera pas».
L'interview de Bernard Thibault sur TF1
L'interview d'Eric Woerth sur TF1
S'exprimant devant les ministres réunis en conseil à l'Elysée, ce matin, Nicolas Sarkozy maintient le cap de la fermeté en matière de réforme des retraites. Bien qu'il se soit dit «attentif» aux préoccupations exprimées mardi dans la rue par des millions de Français, le président de la République l'a assuré : il n'est «pas question» de revenir sur l'âge légal de départ à 62 ans, coeur de sa réforme des systèmes de retraite.
«C'est une réforme essentielle. Il est donc normal qu'elle suscite des inquiétudes et des mobilisations importantes, comme cela a été le cas hier. Les organisations syndicales sont dans leur rôle lorsqu'elles appellent à des manifestations ou à des grèves. Je suis attentif aux préoccupations qui sont ainsi exprimées», a déclaré le chef de l'Etat, selon le communiqué de l'Elysée transmis à la presse.
Pour autant, l'âge de la retraite «sera progressivement augmenté, de quatre mois par an, pour atteindre 62 ans en 2018, tandis que l'âge d'annulation de la décote sera relevé au même rythme d'ici 2023» (repoussant l'âge effectif de départ de 65 à 67 ans), réaffirme ce texte.
Pénibilité : le taux d'incapacité abaissé à 10%
Nicolas Sarkozy a proposé d'abaisser à 10% le taux d'incapacité permettant aux salariés effectuant un travail pénible de continuer à partir à la retraite à 60 ans, contre 20% dans le texte actuel, et souhaité des accords de branche pour aménager leur fin de carrière, un voeu allant dans le sens d'un amendement adopté dans la nuit en commission des Affaires sociales. Un fonds public expérimental sera mis en place pour le financement et un bilan sera dressé en 2014.
Geste en direction des fonctionnaires, qui se sont massivement mobilisés depuis le mois de mars, et notamment des femmes, qui ont trouvé des soutiens véhéments jusqu'au sein de la majorité, l'Elysée veut maintenir pendant cinq ans le dispositif permettant aux fonctionnaires ayant eu trois enfants et 15 ans de service de faire valoir leurs droits à la retraite avant l'âge légal. «Mais personne ne doit voir ses projets de vie bouleversés», a estimé Nicolas Sarkozy.
La discussion générale sur le projet, à l'Assemblée nationale, s'ouvre cet après-midi, à partir de 15 heures.


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