Autodafé du Coran: lourde incertitude sur le projet du pasteur de Floride
Par Freddy Mulongo, vendredi 10 septembre 2010 à 13:37 :: radio :: #1051 :: rss

Floride, le pasteur Terry Jones, à Gainesville le 9 septembre 2010

Une lourde incertitude planait sur le projet d'un pasteur extrémiste américain de brûler le Coran lors de la commémoration du 11-Septembre, projet qui a provoqué de nouvelles manifestations vendredi en Afghanistan et au Pakistan à la fin du ramadan.
Jeudi, le pasteur Terry Jones, chef du groupe chrétien intégriste "Dove World Outreach Center" ("Centre colombe pour aider le monde") de Gainesville (Floride), avait déclaré avoir fait marche arrière en échange de la promesse que le projet de construction d'une mosquée près de Ground Zero à New York serait déplacé.
Mais, quelques heures plus tard, il a menacé de mettre sa menace à exécution lorsque les responsables du projet de mosquée ont démenti tout accord avec lui. "Nous pourrions être obligés de revoir notre position", a alors déclaré le pasteur.
Vendredi, jour de grande prière et fin du mois de jeûne du ramadan, des milliers de manifestants afghans en colère ont défilé en jetant des pierres devant une petite base de l'Otan dans une ville du nord-est. "C'est une foule importante", a dit un responsable local de la police, en parlant de ce rassemblement, le troisième en Afghanistan et le plus important depuis l'annonce par Terry Jones de son projet de brûler le Coran.
Au Pakistan, à Multan (centre), quelque 600 personnes, dont des religieux, ont manifesté brûlant des drapeaux américains, selon un journaliste de l'AFP.
Signe de l'importance que l'administration Obama accorde à l'affaire: le secrétaire à la Défense Robert Gates a appelé jeudi après-midi le pasteur pour le convaincre d'annuler ses plans.
Terry Jones avait affirmé avoir obtenu l'assurance par un imam d'Orlando agissant en tant qu'intermédiaire, Mohammed Musri, que l'imam Faisal Abdul Rauf, à l'origine du projet de mosquée près du lieu des attentats du 11 septembre 2001 à Manhattan, était prêt à un accord et qu'il le rencontrerait samedi à New York pour en discuter.
Mais les responsables du projet de mosquée ont aussitôt nié cette version et l'imam Rauf a rejeté tout "marchandage" avec le pasteur.
"Nous mettons les choses entre parenthèses pour l'instant, car nous sommes vraiment déçus et choqués, car si (la position de l'imam Rauf) est vraie, il (Musri) nous a clairement menti", a déclaré le pasteur.
"Nous avons annulé (l'autodafé) en nous appuyant sur sa parole. Et maintenant, je crois comprendre qu'il affirme partout qu'il n'a jamais dit cela", a affirmé Terry Jones en parlant de Musri.
"Les Américains ne veulent pas voir de mosquée à cet endroit-là", avait dit le pasteur lors de cette journée à rebondissements où est également intervenu le milliardaire américain Donald Trump, proche des républicains, qui a proposé de racheter le site du centre islamique de Manhattan, en payant 25% de plus que le prix initial, pour désamorcer une situation "explosive".
Le projet initial du groupuscule de Terry Jones était de brûler 200 exemplaires du Coran samedi, vers 18H00 (22H00 GMT), à Gainesville (Floride). Cette initiative était censée glorifier le souvenir des victimes des attentats du 11-Septembre.
Elle survenait à un moment particulièrement sensible: les musulmans célèbrent autour du 10 septembre la fin du ramadan et les autorités aux Etats-Unis craignaient déjà, avant cette polémique, une montée du sentiment anti-musulman.
Ce projet a suscité des mises en garde partout dans le monde. Il s'agit d'"un geste destructeur", a averti le président Barack Obama, soulignant qu'il constituait "une aubaine pour le recrutement d'Al-Qaïda".
Interpol a lancé une alerte à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des "attaques violentes visant des innocents" si le projet de brûler le Coran était mis à exécution.
Les présidents afghan Hamid Karzaï et indonésien Susilo Bambang Yudhoyono ont profité vendredi de la fin du ramadan pour exprimer leur indignation.

Le pasteur Jones à l'origine du projet d'autodafé du Coran prévu le 11 septembre.
Entre réactions et manifestations, le projet du pasteur Terry Jones provoque un tollé...
Des milliers de manifestants afghans ont défilé ce vendredi en jetant des pierres devant une petite base de l'Otan dans une ville du nord-est de l'Afghanistan. «Nous avons su qu'aux Etats-Unis, un pasteur a décidé d'insulter le Coran. Maintenant, bien que nous ayons entendu que finalement ils n'allaient pas le faire, nous leur disons qu'ils ne devraient même pas y penser», a déclaré par ailleurs le président Hamid Karzaï. La paix dans le monde menacée
Benjamin Netanyahu s'est également élevé contre le projet de Terry Jones. Le Premier ministre israélien a appelé «à ce que de telles actions irresponsables ne soient pas prises» soulignant que «brûler des livres religieux n'est pas bien et mine la tolérance religieuse et la paix», selon un communiqué de son bureau.
Le président de l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, a quant à lui mis en garde contre de tels agissements qui, s’ils avaient lieu pourraient menacer la paix dans le monde. «Je continue à exhorter le gouvernement et le peuple des Etats-Unis à empêcher qu'un tel acte incompréhensible, irrationnel et immoral ne soit mené à bien», a déclaré Susilo Bambang Yudhoyono dans une adresse télévisée pour célébrer la fin du ramadan.
En raison de débordements systématiques sur des sujets du même types, nous nous voyons contraints de fermer cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire