L'AFAS à la Fête de la Fraternité avec Ségolène Royal !
Par Freddy Mulongo, vendredi 17 septembre 2010 à 11:01 :: radio :: #1058 :: rss
Paris, le 22 avril 2010 au Carrousel du Louvre, Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, l'inventeur de la première institution de microcrédit, la Grameen Bank, est surnommé le « banquier des pauvres » et Mme Bintu Mulongo, présidente d'AFAS lors de la conférence organisée par Danone Community.
Nous publions ici le texte de Mme Bintu Mulongo adressé à Désirs d'avenir, l'équipe de Ségolène Royal:
FEMMES EN FRATERNITE : Une réponse à la crise sociale !
La Fraternité commence par le sourire à l’étranger qui passe. Pascal Obispo, dans sa chanson, ’’savoir aimer’’, l’illustre parfaitement. Sourire, c’est déjà être en capacité d’aimer son prochain quel qu’il soit. C’est le premier mode d’expression.
Car la Fraternité est tout simplement le besoin d’exprimer un amour profond, un lien de partage, une aptitude à être empathique, un souci de solidarité dans l’unité, qui se vit par le don de soi envers son prochain à qui on donne rendez–vous en permanence, en tendant sa volonté vers l’excellence du « savoir donner et recevoir ». Comment en faire un principe de solidarité inter communautaire ? L’Actions des Femmes Africaines Solidaires pour le développement (L’A.F.A.S) que j’ai cofondée il y a dix ans, est partie de cette croyance profonde en cette vertu et valeur humaniste, partagée au départ par une communauté de femmes Africaines, qui raisonnent beaucoup en mères, c'est-à-dire réunies ensemble en une « matrice des consciences » qui mène à l’action.
Ceci étant, nous revendiquons la diversité et refusons d’être stigmatisées en fonction de nos origines.
Nos actions s’étendent à tous les jeunes, les familles, à l’être humain en général quand il est en détresse ou en difficultés, et se passe de limites géographiques entre ici et là-bas ; là-bas reflétant nos actions de développement en Afrique, mais dont les expériences sont simultanément partagées avec l’Occident et les autres pays émergents, qui partent de la volonté des humbles de s’en sortir.
Ici en France également, et de plus en plus, il y a urgence à agir.
Nous essayons donc de décliner au quotidien, par des rencontres riches et en partages, la mutualisation de nos compétences, dans le but d’améliorer prioritairement les conditions de vie des plus vulnérables, les femmes, les jeunes et les enfants.
Nous souhaitons avec nos modestes moyens, arriver à une harmonisation conséquente et internationale de nos actions.
Nous encourageons le travail en équipe qui favorise l’unité et la cohésion sociale. Nous partons toujours de la volonté populaire, de manière participative, pour hisser nos programmes vers les institutions, les collectivités locales et les autres associations partenaires. L’A.F.A.S va à la découverte d’autres horizons, convaincue que la Fraternité peut donner un nouveau sens à la vie en général, mais à la société universelle surtout.
Maman Mazia, Maman Claire Wanabiele et Maman Charlotte Kaniki, trésorière d'Afas
M. Pablo et Mme Claire Bouthillon de Désirs d'avenir.
C’est en « mettant la main à la pâte », par des actions même modestes, des programmes auto gérés par les « oubliés » du progrès économique, que l’on apporte, par la participation active et collective, une réponse adaptée à la crise sociale que nous traversons.
La solidarité comme l’Amour qui la sous-tend, « déplace des montagnes ».
Rien ne s’achète, tout se mérite. La société capitaliste a oublié le sens ou même l’essence du mot « Fraternité », qu’elle exhibe pourtant en France aux frontons de ses institutions républicaines, car sa notion de progrès et de développement passe par l’argent, le gain et le profit.
Il lui est même devenu ridicule de se laisser imprégner par l’idée que « rien ne s’achète, tout se mérite ». La notion d’amour fraternel, qui est pourtant le ciment des relations humaines et peut seule provoquer l’élan solidaire vers les transformations de notre société, doit obligatoirement être ridiculisée, caricaturée comme une manifestation de faiblesse, dans une nécessité en survie du tout concurrentiel et du profit à court-terme.
A quoi sert la Fraternité dans l’âpreté de l’instant suscitée par la mondialisation ?
Le citoyen doit se vivre et s’épanouir exclusivement dans la consommation. Or que cette fraternité peut surprendre aux détours du chemin en de multiples occasions.
Elle est la force des humbles, oubliés de la République parce que non productifs ou peu consommateurs, qui n’ont plus que leur solidarité pour s’en sortir.
Quand on est à la recherche de l’Amour par définition, qui en définitive est la quête de notre existence ici-bas, on sait l’attendre et le découvrir caché derrière une amitié.
Individuellement, le « retour sur cet investissement » pourtant au départ totalement désintéressé, est fabuleux.
Il procure une paix profonde qui n’est pas que matérielle mais aussi philosophique, spirituelle ou métaphysique, dans la transcendance qui se fait vers le tout universel et qui projette nos civilisations en avant.
Les Mamans mobilisées...
Mais aussi à l'écoute !!!
La Fraternité, crée l’Unité et le Rassemblement, en se dépouillant des artifices de l’hypocrisie. Elle crée des climats de confiance, des liens sociaux sereins.
Dans nos réunions mensuelles nous rappelons régulièrement ces valeurs, que nous avons l’obligation de transmettre aux générations futures.
Le programme GELEC – LOISIR. Parmi nos programmes d’actions dans les quartiers dans lesquels nous nous investissons, nous avons imaginé renforcer la cohésion familiale mise à mal par les difficultés de tous les jours, en invitant des familles, sans considération des origines, dans des camps des familles.
Lors de cette troisième édition annuelle, nous avons, pendant les deux sessions des mois de Juillet et d’Août, personnellement accompagné plus de 80 familles. Nous sommes arrivés à expérimenter cette réalité du « savoir aimer » et du « vivre ensemble ».
A l’arrivée, le premier jour, toute les familles semblaient angoissées et ne savaient pas s’y prendre pour entrer en relation les unes et les autres. Le deuxième jour, l’adaptation a commencé à se faire tout doucement. Les quatrièmes et cinquièmes jours, les amitiés s’étant déjà formées, on a eu du mal à séparer les groupes qui se sont formés.
Pour dépasser la douleur de la séparation, spontanément les enfants ont décidé de s’inviter par la suite les uns chez les autres… Cet impact social positif génère déjà des inscriptions pour la quatrième édition de l’année prochaine, qu’il s’agit de ne pas manquer.
Bryan G lors de la répétition !
De l’Amour Eros à l’Amour Agapé. C’est cela la Fraternité. Il est encore possible dans nos sociétés de plus en plus déshumanisées et cyniques, de vivre et d’expérimenter des relations d’amour vraies, sans tricheries.
Avec Elle, l’amour du prochain est possible. L’Amour Eros Laisse la place à l’Amour Agapé. Je me nourris de ces instants riches en relations humaines. De ces moments où cet état d’amour où je me trouve, incite à une sorte de brassage du moi et de ma culture, qui devient une passerelle d’ouverture au métissage interculturel et intergénérationnel, riche en partages de savoirs et d’expériences.
Alors l’esprit s’ouvre sans horizons, se libère de ses préjugés et surtout de ses peurs, moteurs de racisme, de frilosité sécuritaire, de conservatismes de tous bords, d’égoïsme érigé en principe de survie qui amène à la sublimation de l’individualisme. Or nos différences deviennent des richesses que l’on garde pour la vie comme un trésor, mais surtout aident structurellement au développement de nos sociétés.
L’A.F.A.S en 2010, n’a pas cessé de vivre cette réalité. C’est l’année des plus belles rencontres que nous avons eues dans la Fraternité. Nous y avons non seulement amélioré la qualité dans l’écoute des besoins des autres femmes « leader(e)s » et partenaires - cette faculté à écouter étant le deuxième acte de fraternité après le sourire - mais aussi éprouvé la pertinence de notre engagement, tant au niveau national qu’international. Cela nous a aidées à aller de l’avant, à progresser dans la Co-construction. La Fraternité, par la solidarité, relève son prochain.
Quand on ne cherche pas à tirer profit dans sa relation à l’autre, que le désintéressement motive nos actions, nos coordinations, nos contributions, dans un principe de solidarité vécu en communion harmonieuse, il se produit pour tous, un épanouissement au développement tant physique, mental, qu’économique et social.
C’est pourquoi je ne peux donc terminer ce partage de mes réflexions et de mes propos, sans recommander à tous nos jeunes des associations fédérées de la C E A F , D’AFAS , DU CES – GELLEC , ESPACE WAJLER , SAVEURS D’AILLEURS , CŒURS SOLIDAIRES, LE FORIME , DROITS ET TALENT DES FEMMES , LE GRDR , LA PACOF , UN JEUNE – UN METIER , LES FEMMES ET LES JEUNES DANS NOS BANLIEUES ; à Herblay , Chelles , Nanterre , Corbeil-Essonnes , Arcueil , Bagneux et autres …, de s’ouvrir à cette belle initiative de rapprochement voulue récemment par Désirs d’Avenir 92 et d’y participer activement.
Nous sommes invités à partager la réussite de la troisième édition de la Fête de la Fraternité.
Il se trouve que l’Afrique y est représentée, dans un partage métis de cette Fraternité.
Nous sommes appelés, avec ardeur, à nous mobiliser et à nous impliquer en respect de nos différences.
C’est une expérience unique et réelle qui passera par la dégustation de nos plats et la jouissance des moments de partages animés par des spectacles. Ensemble, levons-nous et bâtissons.
Agissons pour la Paix et le Développement Durable.
Pour l’A.F.A.S, « TOUT HOMME EST MON FRERE ».
secretariatafas@yahoo.fr, AFAS - http:// www.afas. edoo.fr


Commentaires
1. Le jeudi 23 septembre 2010 à 09:59, par venus
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