10e Conférence des Villes à l'hôtel de ville de Paris
Par Freddy Mulongo, jeudi 23 septembre 2010 à 15:24 :: radio :: #1065 :: rss
Les maires de grandes villes de france à l'hôtel de ville de Paris.
Attentifs, les maires se concentrent sur les débats !
Les maires de grandes villes ont profité de la 10e Conférence des villes pour demander au gouvernement la tenue d'un Grenelle de la sécurité. Ils demandent également un lien plus étroit avec la politique de la ville.
Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, a été obligée de reconnaître l'ampleur de la tâche. "Il n'est pas possible qu'un petit secrétariat d'Etat à la Politique de la ville puisse régler ce problème", s'est-elle résignée, plaidant pour que lors du prochain remaniement son secrétariat d'Etat soit directement rattaché au Premier ministre. Rappelant que "les deux chantiers incontournables à venir sont la réforme de la géographie prioritaire et la réforme de la péréquation", elle est restée assez vague. Tout juste a-t-elle répondu à Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, ancien ministre d'Etat sous François Mitterrand, qui demandait de ramener le nombre de quartiers actuellement éligibles de 751 à une centaine. "Il faut réduire la géographie prioritaire mais 100 ce n'est pas assez", a-t-elle dit.
Après un été très agité, les maires de grandes villes ont fait leur rentrée, en demandant la tenue d'un Grenelle de la sécurité. Et de placer la sécurité et la politique de la ville au premier rang de leurs préoccupations du moment, devant l'habitat, la mobilité ou la jeunesse. "La sécurité, on lit que c’est l’affaire des maires, alors qu’elle engage aussi l’Etat. Il ne faut pas séparer la politique de la ville du logement de celle de la sécurité.
Il faut aborder les questions dans leur globalité", a ainsi insisté Michel Destot, député-maire de Grenoble et président de l'Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), lui qui cet été avait demandé la tenue de ce Grenelle de la sécurité après les violents incidents survenus dans la cité de la Villeneuve, en plein coeur de Grenoble. Et les maires semblent décidés à faire tomber un certains nombres de tabous.
Pour Manuel Valls, maire d'Evry, "l'apartheid est lié à une non-maîtrise de l'immigration". Il s'est dit "très intéressé" par le livre polémique du sociologue Hugues Lagrange (Le Déni des cultures) qui étudie le lien entre immigration et délinquance.
"Le débat est ouvert, on ne peut pas nier une réalité que vivent les Français, a-t-il déclaré. On est à un moment-clé qui appelle à un consensus."
Alors que nombre d'élus socialistes réclament un retour de la police de proximité, le criminologue Alain Bauer a expliqué que celle-ci était morte de "la précipitation à l'approche des élections et de la confusion". "En somme, Nicolas Sarkozy en a été le médecin légiste, pas l'assassin, mais il ne l'a pas remplacée", a précisé l'expert. Selon lui, "la seule police de proximité qui fonctionne, c'est celle de Paris". Une allusion à la police d'agglomération qui vient d'être mise en place, et dont l'expérience pourrait faire tache d'huile dans d'autres agglomérations, comme le permet désormais la Loppsi 2.
Des élus ont appelé à ne plus regarder les banlieues comme des quartiers à part, mais comme la préfiguration d'un monde en transformation. "Les ruptures que l'on vit sont les ruptures que vit la société française. Il y aura de plus en plus de ségrégation si on refuse de voir qu'on assiste à un monde qui s'écroule", a ainsi mis en garde Stéphane Gatignon, maire de Sevran, qui n'a pas hésité à se prononcer en faveur de la libéralisation du cannabis qui représente "quatre millions de consommateurs" en France.
Selon lui, le mal qui ronge les banlieues est l'économie souterraine qui "déstructure les quartiers et renforce la ghettoïsation".
Précisons qu'une brochette de personnalités s'étaient succédés au podium parmi pour défendre leur point de vue, parmi les panélistes on peut citer: Dominique Voynet, sénatrice-Maire de Montreuil, ancien ministre; Jean-Paul Alduy, Sénateur, président de la communauté d'Agglomération de Perpignan Méditerranée, Michel Delebarre, maire de Dunkerque, président de la Communauté urbaine de Dunkerque grand littoral, ancien ministre d'Etat; Valérie Fourneyron, députée-maire de Rouen; Thierry Repentin, Sénateur, président de l'Union Sociale pour l'habitat (USH); Marc Philippe Dubresse, ministre de la jeunesse et des solidarités actives; Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville....
Roger Bongos-Afrique Rédaction à l'hôtel de ville de Paris. Photo Freddy Mulongo
Freddy Mulongo au coin presse de l'hôtel de ville de Paris. Photo Roger Bongos
Au coeur du vivre-ensemble réside le projet fondateur de mixité sociale, fruit d'un large consensus politique. Premiers interlocuteurs des citoyens, les maires de grandes villes agissent au quotidien. leur principal défi consiste à "faire cité", à garantir la cohésion sociale et urbaine, alors que l'on observe l'affirmation croissante de l'individu face au collectif.Acteurs de terrain, les élus agissent à partir des gens autant que des lieux pour assurer la cohésion sociale et urbaine de territoires qui sont souvent considérés pour leurs difficultés, et non comme des lieux de richesses et de créativités. Et ceci tant au plan culturel qu'au plan des expérimentations sociales qui peuvent y être mises en place. Acteurs aux côtés de l'Etat pour conduire les politiques en faveur du logement, de l'éducation, de l'emploi...ils sont les garants du vivre et de l'agir ensemble.
L’Association des Maires de Grandes Villes de France: AMGVF
Depuis 1974, les maires et présidents des plus grandes villes et de plus grands groupements intercommunaux de France (plus de 100 000 habitants) sont regroupés au sein de l’Association des Maires de Grandes Villes de France (95 membres).
Michel Destot, Député-Maire de Grenoble, est devenu le 8ème président de l’Association le 13 septembre 2007. Il a succédé à Jean-Marie BOCKEL, Maire de Mulhouse, démissionnaire de la présidence de l’Association en raison de sa nomination en qualité de Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangères et européennes, en charge de la Coopération et à la Francophonie.
L’AMGVF est dotée d’un bureau de 25 membres et organisée en 14 commissions thématiques.
L’AMGVF a pour but de défendre les intérêts des grandes villes et de leurs habitants. Elle participe ainsi aux débats parlementaires concernant les collectivités, et fait connaître régulièrement ses propositions.
Enfin, elle publie régulièrement des études sur les sujets intéressants les Maires de Grandes Villes et leurs collaborateurs.


Commentaires
1. Le jeudi 23 septembre 2010 à 16:46, par kandi
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