Dominique Sakombi Inongo"Buka Lokuta" s'en est allé
Par Freddy Mulongo, jeudi 30 septembre 2010 à 14:32 :: radio :: #1074 :: rss

Kinshasa, le 19 mars 2001, au Palais du peuple, Dominique Sakombi Inongo, ministre de l'information et presse inaugure le Festival "Fréquences Libres" organisé par Réveil-FM et d'autres partenaires. Photo Réveil-FM

Il faut être rusé et opportuniste pour traverser tous les pouvoirs: du mobutisme au M'zéeïsme-Kabilisme pour finir Joséphiste.
Je l'ai rencontré pour la première en 1994, il était venu à Paris pour son "Témoignage" je l'avais donc invité et reçu à Fréquence protestante, 1 rue Denis Poisson, non loin de l'Arche de triomphe pour une émission radio. Il connaissait avec exactitude le jour de sa rupture avec Mobutu-le 8 mars 1989- le jour où il accepta Jésus-Christ comme seigneur et comme sauveur personnel. L’opinion r-dcongolaise atterrée, n’a pas encore oublié ce témoignage coupe-gorge de Dominique Sakombi Inongo, maître-propagandiste mobutiste devant l’Éternel, passé avec armes et bagages à la kabilie, selon lequel feu le maréchal Mobutu «est allé» - doux euphémisme pour dire ce que ça veut dire - avec les femmes de tous ses collaborateurs. «Ah oui, il l’a fait - même avec la mienne!»
"C'est moi, dit-il, qui ai conçu le Mobutisme et l'ai fait inscrire dans la Constitution du pays." Mais il se couvre aussitôt le visage. "Je re-demande pardon au peuple zaïrois (congolais); j'ai été aveugle et égaré; j'ai été dans les ténèbres." . Pendant au moins un quart de siècle, il a été responsable du stratégique ministère de l'Orientation nationale, Sakombi Inongo a aussi fait chanter et danser les 35 millions de Zaïrois d'alors et lorsqu'on le lui rappelle, il réitère ses regrets et glorifie Dieu pour l'avoir tiré de ces tourments. Sakombi alias "Frère Jacob" est sans doute un personnage de tout premier plan des années héroïques du mobutisme. C'est lui avec trois autres, feu Bisengimana Rwema, feu Madrandele Tanzi, feu Mpinga Kasenda qui ont façonné Mobutu et le Mobutisme.

Dominque Sakombi Inongo, le Joseph Goebbels de Mobutu !
Après une formation de trois mois des 32 jeunes étudiants de l'IFASIC, INA et UNIKIN et un test en interne, Réveil-FM, la première radio associative et communautaire de Kinshasa, est inauguré officiellement, le 20 novembre 1999, en présence des autorités congolaises et corps diplomatique accrédité au Congo.
Nommé par M'zée Laurent-Désiré Kabila, ministre de l'information en remplacement de Didier Mumengi, Dominique Sakombi convoque tous les responsables des médias à l'Institut de l'Audiovisuel congolais (ICA) le 12 septembre 2000. Au cours de cette rencontre j'ai le malheur de l'appeler "Frère Dominique" et de lui signifier qu'en tant que ministre de l'information, il n'avait pas le droit de fermer les médias car il fallait un organe de régulation indépendante. S'il le faisait il serait juge et partie, cela ne serait pas démocratique! Dominique Sakombi Inongo après m'avoir ouvertement menacé, il donna 48 heures à chaque média pour se se conformer. Il leva suivi par son policier de garde corps, il s'en alla. Pendant deux jours j'ai eu droit à mon image en gros plan à la RTNC me tenant par la joue (position que j'avais pris involontairement sans savoir que j'étais filmé), pendant qu'on lisait la fatwa de Sakombi Inongo aux médias. Le 14 septembre 2000 où 6 stations de radios et 4 chaînes de télévisions étaient fermées à Kinshasa pour des motifs soit disant administratifs mais farfelues. Sakombi Inongo venait de rééditer le coup de 1971 car en 1971, le Goebbels de Mobutu avait signé des arrêtés interdisant la parution de plus de cent journaux au Zaïre à l'époque !
Tordant le cou à la loi n° 96/002 du 22 juin 1996 qui régit la liberté de presse en République démocratique du Congo, "Dmsak" s'en foutait !
Pour exemple : la Radio Elykia a été fermée par manque dans son dossier de l'attestation de bonne vie et mœurs du cardinal Etshou. Un Cardinal doit-il brandir une attestation de bonne vie et mœurs pour prouver qu'il est cardinal ? Devant les caméras de la RTNC, Sakombi Inongo argua que Réveil FM était une Radio sans dossier. Déclaration fausse , car dans notre dossier l'attestation du paiement au PTT de notre récépissé de 5000 $ n'était pas pris en compte. Le ministre exigeait notre licence d'exploitation alors que le PTT avait perçu l'argent sans nous le délivrer. Sans doute que nos informations de proximité gênaient beaucoup Sakombi qui n'avait pas une main mise. Réveil FM mit 48 jours de radio silence. Menteur hors pair, Dominque Sakombi Inongo ira dire à M'Zée Laurent Désiré Kabila que nous étions une radio rebelle soutenue par Jonas Savimbi, le galo négro de l'Angola pour mieux nous couler. Durant les 48 jours de radio silence, tout le jour je montais au 18è étage de la tour de la voix du peuple pour réclamer l'ouverture de Réveil-FM.
Dominique sakombi Inongo ira trop loin le 22 septembre 2000 en " Congolisant " les chaînes de télévisions privées RTKM d'Aubain Ngongo Luwowo et Canal Kin de Jean Pierre Mbemba. Première raison invoquée à l'époque par Dominique Sakombi Inongo était la présence de leurs propriétaires dans les rangs de la rébellion. Plus tard on saura qu'en ce qui concerne Aubain Ngongo Luwowo, ils avaient une idylle féminine commune et c'est Aubain qui avait remporté la partie. Dans un autoritarisme caractériel, le 30 octobre 2000, les deux chaînes privées -confisquées- seront débaptisées : Radio Télé Kin Malebo ( RTKM) deviendra Radio télé nationale Congolaise (RTNC) 4 et Canal Kin deviendra, RTNC 3. Il nommera même les mandataires dans ces chaînes de télévisions privées-"congolisées", Dominique Sakombi ira jusqu'à dicter les grilles de programmes de ces nouveaux médias accès vers le culte de la personnalité.

Kinshasa, 19 mars 2001, Bernard Sexe, l'attaché culturel de l'ambassade de France dialoguant avec Dominique Sakombi Inongo, ministre de l'information qui salue Georges Lorry (RFI). En retrait le défunt Tshiteya Mbiye qui fut Directeur de l'EPRA-Echanges et Productions Radiophoniques.

Kinshasa, 19 mars 2001, Freddy Mulongo lisant son discours sur l'importance du pluralisme radiophonique en République démocratique du Congo

Kinshasa, 19 mars 2001, Dominique Sakombi Inongo nota les points soulevés

Kinshasa,19 mars 2001, avec fougue et virulence, Dominique Sakombi Inongo parla de lui !
Deux mois après l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, nous organisons Le Festival " Fréquences Libres" ou le pluralisme radiophonique du 19 au 22 mars 2001, à Kinshasa. Dominique Sakombi Inongo en tant ministre de l'inauguration vint à l'inauguration. Je fis un discours sur le pluralisme radiophonique qui l'a secoué et désorienté au point qu'il délaissa son discours écrit pour me répondre durant 45 minutes à mes interrogations. Il rappela tout ce qu'il avait fait pour le pays: mobutisme, Renatlsat-qui ne fonctionnement plus depuis trois décennies, patati patata...A trois reprise dans sa brillante démonstration pour son faire valoir, il m'appela "Président Mulongo" et il déclara ouvert notre festival. je l'accompagna à la sortie et il s'en alla !
Après le dialogue Intercongolais de Sun-City en Afrique du Sud, les fourbes et roublards: Modeste Mutinga, Dominique Sakombi Inongo, Esdras Kambale, Primo Mukabilwa... prirent d'assaut l'institution de régulation des médias, la Haute Autorité des Médias (HAM) qui sera transformé en étouffoir des libertés. Des sanctions farfelues, des décisions alambiquées émailleront de la HAM. Ils inventèrent "La congolité" pour mieux museler les journalistes, les médias et l'opposition. Corrompus jusqu'à la moelle épinière, contre espèces sonnantes et trébuchantes: Modeste Mutinga et ses acolytes dont Dominique Sakombi Ingo "Buka Lokuta" privèrent 60 millions de Congolais d'un débat démocratique entre Jean Pierre Bemba et Joseph Kabila. A Réveil-FM, nous nous astreignons de tomber dans les panneaux:Dominique Sakombi Inongo a été un tortionnaire de ses propres compatriotes, nous refusons de pleurnicher sur son sort.
Qu'es-ce qui lui a empêché de dire la vérité aux Congolais que M'zée Laurent Désiré Kabila était assassiné ? Alors que plusieurs sources d’information y compris les chancelleries occidentales confirmaient la mort de Kabila, le fameux " pasteur ministre ", persistant dans le mensonge, insistait que "l’immortel" Mzée Kabila était vivant. Mais le mensonge n’a rien d’éternel et, ceci a prouvé que quelque soit la longueur de la journée, le jour finit toujours par apparaître.
Mais on ne saisira jamais la personnalité troublante de Dominique Sakombi Inongo, si l’on ne visite pas "Les magiciens du repentir" (les confessions du frère Dominique) ; un ouvrage de Pius Ngandu Nkashama (L’Harmattan 1995, 176 pages). Dans lequel on tombe sur des aveux surprenants. Mais plus troublants encore, sont ceux-ci, qu’il a faits dans un autre ouvrage, "La société zaïroise dans le miroir de son discours religieux " : "Pendant vingt ans, j’ai fréquenté les magiciens des Indes et d’Israël, des marabouts du Sénégal et de Guinée, des sorciers du Bas-Zaire et de l’Equateur. J’étais devenu l’incarnation de Satan. J’étais porte-parole du gouvernement. Tous les communiqués, je les "travaillais" sataniquement, avant que le peuple ne les écoute, afin qu’il soit envoûté."
Les expériences personnelles de l’homme qui avoue avoir communié avec Satan relèvent plutôt d’un univers étonnant : "Au moment de rentrer, la valise s’ouvrit toute seule. Je vis la grosse tête d’un boa de huit mètres. Le boa me regarda. Il avait des yeux de femme. A sa queue était attachée une enveloppe comme celle que m’envoyait Elise, la secrétaire de la maison de la magie.
Dans l’enveloppe, il y avait une lettre : c’est moi Elise. Les yeux que tu vois sont les miens. Tu dois rester ici pendant trois jours. Tu ne mangeras pas ; tu resteras nu ; et je ferai de toi tout ce que je voudrai. Le boa s’enroula autour de moi. Il me souleva jusqu’au lit. Il se mit à jouer avec moi. Il commença à me lécher tout le corps. Il prit ma langue dans la sienne et l’enroula. Je ne peux vous décrire comment ce boa s’est joué de moi. Le troisième jour, le boa n’avait plus les yeux d’Elise. Je fis venir mon garde du corps pour le tuer. Dans la tête du boa, je trouvai une bague qui devint ma protection". Il y en a d’autres, de plus terrifiantes encore, comme l’histoire de cette mallette acquise par Sakombi en 1983, et qui pouvait multiplier les richesses à l’infini, mais avec pour condition, le sacrifice de deux enfants chaque année… On sort de l’univers "sakombien" bouleversé, tout en ayant la conviction que l’univers des pouvoirs absolus en Afrique est bien plus complexe qu’on ne peut le croire de prime abord.



Commentaires
1. Le jeudi 30 septembre 2010 à 15:33, par JACK LOMBA
2. Le jeudi 30 septembre 2010 à 20:13, par kele katue
3. Le jeudi 30 septembre 2010 à 21:25, par TABALAYI MPINDIEWU
4. Le jeudi 30 septembre 2010 à 23:54, par Malonga
5. Le vendredi 1 octobre 2010 à 02:54, par sims malanda le bourgeois
6. Le vendredi 1 octobre 2010 à 13:15, par Sokoto
7. Le vendredi 1 octobre 2010 à 18:19, par Nkutwa Zowa
8. Le vendredi 1 octobre 2010 à 23:42, par Ate ndele mokili eko baluka
9. Le samedi 2 octobre 2010 à 15:27, par Flowetu
10. Le samedi 2 octobre 2010 à 15:30, par Flowetu
11. Le samedi 2 octobre 2010 à 23:27, par samaritain
12. Le dimanche 3 octobre 2010 à 20:48, par Sr Tina,La voie de Dieu
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