Bukavu: Grande fête pour un triste record celui d'innombrables viols des femmes !
Par Freddy Mulongo, lundi 18 octobre 2010 à 21:17 :: radio :: #1097 :: rss

Bukavu, dimanche 17 octobre 2010, les femmes congolaises marchent contre le viol comme arme de guerre.
Vêtues de pagnes colorés, chantant et dansant, plusieurs milliers de femmes congolaises ont défilé joyeusement dimanche 17 octobre 2010 à Bukavu, dans l'est de la RD Congo, contre les violences sexuelles commises dans cette région où des groupes armés sont encore actifs.
Dans le long cortège, les marcheuses tenaient des banderoles ou pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Non au viol comme arme de guerre", "Non au terrorisme sexuel", "Au secours nous périssons", "La paix durable nous manque", "Pouvoir aux femmes et aux filles", ou encore "Stop aux mariages précoces". Les noms des groupes de participantes ressemblaient à un inventaire à la Prévert : associations de femmes porteuses, de vendeuses de viande, d'agricultrices, femmes musulmanes ou pygmées, syndicats, partis politiques, groupement religieux, femmes rastas, "Lionnes" du Lions club, régies financières locales, clubs de soutien à des élues locales ou nationales.
"Cela fait des années qu'on se bat, et là on a l'impression que la communauté internationale s'intéresse vraiment à nos problèmes", s'est réjouie le docteur Nene Rukunghu, médecin à l'hôpital de Panzi à Bukavu, où sont soignées les femmes victimes de viols.
Ces violences sont principalement le fait de groupes armés encore actifs dans l'est du pays, mais aussi de soldats de l'armée nationale qui les combattent. Selon l'ONU, au moins 15.000 viols ont été commis en 2009 dans l'est de la RDC.
"Il faut lutter contre l'impunité, que les auteurs des viols soient punis, quels qu'ils soient, pour que la femme retrouve sa dignité. Malgré ce qu'elles subissent, les femmes congolaises sont fortes et capables de se relever", a ajouté le docteur Rukunghu. Une des femmes victimes de viol collectif, devant sa maison à Luvungi, le 4 septembre 2010 La marche clôturait quatre jours de forums et discussions organisés par la MMF sur les thèmes de la paix et la démilitarisation, les violences envers les femmes ou encore le travail et l'autonomie économique des femmes.
Quelque 1.700 déléguées, dont 200 venues de 43 pays, participaient à cet événement. "Venir ici c'était important car la violence envers les femmes est utilisée de façon systématique comme une arme de guerre", a déclaré à l'AFP Miriam Nobre, l'une des responsables de la MMF, dont c'était la 3e édition après New-York en 2000, et une "marche relais" de Sao Paulo (Brésil) à Ouagadougou en 2005.
Samedi 16 octobre 2010, une cérémonie a été organisée à Mwenga, une localité à 135 km au sud-ouest de Bukavu, où 13 femmes et 2 hommes ont été enterrés vivants dans une fosse commune le 17 octobre 1999, par des rebelles congolais qui n'ont jamais été poursuivis en justice.
Interrogée sur la question de la récupération politique de la marche, avec la présence de Mme Olive Lembe Kabila à la cérémonie d'ouverture mercredi et au défilé dimanche, Mme Nobre a affirmé "résister" à cela mais que le choix était "de ne pas venir, ou venir dans ces conditions".
Alors que le défilé battait son plein, une veille femme, courbée sous le poids d'un sac de charbon de bois posé sur son dos, marchait seule sur le trottoir d'un pas pressé, totalement indifférente à la manifestation qui se déroulait sous ses yeux.


Commentaires
1. Le mardi 19 octobre 2010 à 07:08, par kele katue
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